Le ministère des Armées s’interroge sur le « bien fondé » des « outils d’aide au départ » des militaires

Pécule, attribution d’une pension afférente au grade supérieur, etc… Les aides incitant les militaires à quitter l’uniforme sont-elles susceptibles d’être remises en question? C’est en effet ce qu’a laissé entendre Jean-Paul Bodin, le Secrétaire général pour l’administration du ministère des Armées, lors de son audition par les députés de la commission de la Défense.

En 2017, le plafond d’emplois du ministère des Armées avait été fixé à ETPT [Équivalent Temps Plein Travaillé]. Or, selon une note d’exécution budgétaire [NEB] de la Cour des comptes, il n’a été couvert qu’à hauteur de 267.263 postes, soit un écart de 6.017. Visiblement, et alors que se effectifs doivent augmenter de 450 personnels en 2019, le problème ne se situe pas particulièrement au niveau du recrutement mais à la capacité des armées à retenir leurs cadres les plus expérimentés ainsi que leurs spécialistes auxquels le secteur privé propose des rémunérations plus élevées.

« Pour ce qui est des militaires, nous constatons sur 2018 des départs de sous-officiers supérieurs et d’officiers plus importants et plus tôt dans l’année que prévus, avec des conséquences sur la consommation du titre 2 [soldes, ndlr], mais aussi sur l’évolution des effectifs sur l’ensemble de l’année, alors que les structures de recrutement tournent à plein depuis le début de l’année », a en effet expliqué M. Bodin. « Nous aurons donc à porter une attention toute particulière à cet aspect tout au long de 2019 », a-t-il ajouté.

Ces départs sont susceptibles d’affecter le bon fonctionnement des armées, à commencer par celui du Service de santé des armées [SSA], qui voit ses médecins être tentés par d’autres horizons. « Nous avons par exemple pris, dès le budget 2018, des dispositions pour conserver nos médecins dans les hôpitaux, en payant notamment les gardes, ce qui n’était pas le cas jusqu’alors », a indiqué le SGA.

« Nous avons envisagé […] des mesures à mettre en place à hauteur de quelque 6 millions d’euros dans le budget 2019 pour les médecins des centres médicaux des armées, qui sont auprès de la médecine des forces, afin de mieux reconnaître leur spécialité, leurs spécificités, et tenter d’enrayer les nombreux départs auxquels nous sommes confrontés à l’heure actuelle. Si cette situation perdurait, nous rencontrerions de très sérieuses difficultés pour répondre aux missions opérationnelles », a continué M. Bodin.

Une autre mesure avancée par ce dernier vise à « mettre en place dans les armées une prime de lien au service, qui viendra se substituer à diverses primes antérieures et sera versée au militaire pour faciliter sa fidélisation et son maintien au service ».

Quoi qu’il en soit, a poursuivi M. Bodin, ces difficultés « pourraient conduire à s’interroger sur le bien-fondé du maintien des outils d’aide au départ. » Et, selon lui, c’est un « sujet qui revient de façon lancinante ». Toutefois, a-t-il précisé, « nous considérons qu’il est nécessaire de conserver certains de ces outils pour faciliter des départs de personnel, des dispositifs de promotion fonctionnelle ou de pension afférente au grade supérieur : 498 leviers ont ainsi été prévus en 2019. »

Par ailleurs, il n’est pas question de toucher à l’actino en matière de reconversion, « compte tenu des mouvements rencontrés en recrutements et sorties de personnels chaque année. » En 2019, il est prévu une dotation de 38,7 millions d’euros (+1,2 million). « L’agence de reconversion créée en 2009 a procédé en 2017 à près de 12 000 reclassements, dont 44 % en contrats à durée indéterminée (CDI). Ce chiffre est plutôt satisfaisant, puisqu’au niveau de Pôle Emploi, les reclassements en CDI sont de l’ordre de 13 % », a précisé M. Bodin.

« Les dépenses de chômage ont été de 135,6 millions d’euros en 2018, en baisse de 6 millions d’euros par rapport à l’année précédente. Nous avons néanmoins prévu, pour 2019, une dépense de 138 millions d’euros, dans la mesure où nous ignorons si la tendance constatée en 2018 va se confirmer », a-t-il ajouté, avant de souligner que « le nombre d’anciens militaires en situation de chômage indemnisé a diminué de 2,6 % sur un an, pour atteindre 12.750. »

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