La réforme des retraites des militaires est un sujet « anxiogène » pour le chef d’état-major de l’armée de Terre

La première phase de concertation sur la réforme des retraites s’est achevée le 10 octobre dernier. L’on sait désormais que les grands principes d’un système par points ont été posés, de même que l’idée d’unifier les 42 caisses de retraite actuellement en place. Le régime par annuité va donc disparaître (pour ceux nés après 1963), ce qui ne va pas sans susciter quelques inquiétudes pour certaines professions soumises à des sujétions particulières, dont les militaires.

Dans un entretien donné au Figaro, le 19 octobre, Jean-Paul Delevoye, haut commissaire à la réforme des retraites, a expliqué que « la totalité des professions du privé et du public sont concernées » et que « chacun sera embarqué dans le régime universel, qu’il soit parlementaire ou qu’il relève d’un régime spéciale ». Et d’ajouter : « Plutôt que de parler de ‘disparition’, je préfére parler de convergence. Ensuite, chaque entreprise, chaque branche est libre de maintenir des avantages comme elle le souhaite, à condition qu’elle l’assume financièrement. »

Enfin, a précisé M. Delevoye, « nous allons simplement regarder quelles dérogations nous pouvons défendre dans des cas bien particuliers, comme pour les militaires ou les policiers. »

Reste que, pour le moment, les militaires, comme le ministère des Armées, naviguent à vue.

« Je reconnais que la perspective d’une réforme en profondeur du système crée nombre d’interrogations chez les militaires. Ils sont pour l’essentiel contractuels et n’effectuent pas la totalité de leur carrière au sein du ministère. Leur régime de retraite comprend diverses spécificités, notamment l’existence d’une pension à jouissance immédiate, qui participent à un modèle de gestion des effectifs : les flux de sortie sont importants, à un âge où les militaires peuvent entreprendre une seconde partie de carrière, à la différence d’un agent destiné à passer sa vie professionnelle dans la fonction publique », a admis Florence Parly, la ministre des Armées, lors de son passage devant la commission sénatoriale des Affaires étrangères et de la Défense pour évoquer le projet de loi de finances 2019.

Cela étant, a-t-elle poursuivi, « les modalités d’application de ladite réforme aux militaires ne sont pas encore connues. Nous en sommes encore aux balbutiements. Dans cette perspective, j’oeuvre à la sensibilisation du haut-commissaire en charge de la réforme des retraites. »

Lors de l’audition, par les députés de la commission de la Défense, des représentants d’associations professionnelles nationales de militaires [APNM], il est apparu que ces dernières ne savent pratiquement rien sur ce qui attend les armées. Et pour le moment, la seule assurance donnée vient du président Macron.

« Dans le cadre de la réforme des retraites, […], je veillerai à ce que les spécificités du métier militaire et cette exigence du modèle [d’armée] soient en prises en compte », avait en effet déclaré le chef de l’État, la veille du 14-Juillet.

Quoi qu’il en soit, le général Jean-Pierre Bosser, le chef d’état-major de l’armée de Terre [CEMAT], préfére éviter le sujet de la réforme des retraites pour le moment.

« Si je parle peu des retraites à ce stade, c’est que je considère qu’en l’état actuel des travaux il serait plus anxiogène qu’autre chose de le faire. L’expérience montre qu’à chaque fois que nous avons abordé le sujet d’une réforme des retraites, certains militaires avaient tendance à partir de façon anticipée », a affirmé le CEMAT lors d’une récente audition à l’Assemblée.

« L’annonce de changements progressifs et de la mise en place de mesures particulières n’empêchent pas les plus agiles, les plus ‘capés’, ceux qui ont le plus de potentiel pour rebondir dans le secteur civil, de quitter nos rangs », a expliqué le général Bosser. Or, a-t-il dit, « étant aujourd’hui confronté à un déficit dans l’encadrement supérieur parmi les sous-officiers anciens qui constituent la colonne vertébrale de nos armées, vous comprendrez que je n’aborde pas ce sujet naturellement. »

Plus tôt, en effet, le général Bosser avait évoqué une « fort déficit sur les hauts de pyramide, chez les officiers et les sous-officiers en particulier », ce qui suppose de disposer du temps « pour gagner la bataille des compétences et consolider l’expérience de l’encadrement de contact. »

« J’ai écouté Jean-Paul Delevoye. Il a bien compris quelles étaient nos préoccupations : la volonté de garder une armée jeune, la possibilité d’avoir une gestion de flux, la reconduite du dispositif de retraites à jouissance immédiate », a ensuite confié le général Bosser. Reste à voir comment tout cela sera mis en musique… d’autant plus qu’il semblerait que ceux ayant effectué leur service militaire à l’époque de la conscription pourraient déjà être les grands perdants de cette réforme des retraites.

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