Qwant sera désormais le moteur de recherche par défaut des ordinateurs du ministère des Armées

En 1990, Adam Emtage, étudiant à l’université McGill (Québec), mit au point Archie, c’est à dire le premier logiciel destiné à chercher des documents via Internet. Trois ans plus tard, Matthew Gray développa le logiciel Wanderer, c’est à dire un « search bot » chargé de parcourir le Web afin d’en indexer son contenu.

Puis, deux logiques s’affrontèrent : celle qui, défendue par Jerry Yang et David Filo, alors étudiants à l’Université de Stanford quand ils fondèrent Yahoo!, consistait à indexer manuellement les sites Internet dans des répertoires, et celle d’Altavista, qui reposait sur un moteur de recherche fonctionnant avec des algorithmes.

À la fin des années 1990, la concurrence entre les différents acteurs de la recherche en ligne fut féroce. Outre Yahoo! et Altavista, le marché était notamment disputé par Excite, Lycos, Infoseek, ASK.com (et d’autres). Puis, Google mit tout le monde d’accord et, depuis, la plupart de ces figures de ce l’on appelait la « Nouvelle économie » à l’époque ont disparu ou dû radicalement changer de modèle pour survivre.

Cependant, tous les outils de recherche en ligne n’étaient pas tous américains. Ainsi, en France, par exemple, l’entreprise Echo développa un moteur de recherche qui fut repris par France Telecom [Orange] pour être intégré au portail Voilà!. Et le concurrent français de Yahoo! fut racheté par LibertySurf avant de passer sous le pavillon de Tiscali.

Quoi qu’il en soit, Google (*) a fini par dominer largement le marché, malgré la tentative de Microsoft de lui contester sa suprématie avec son moteur de recherche Bing. Cela étant, en 2013, un autre acteur, français, est apparu : Qwant.

Créée par Jean-Manuel Rozan, Éric Leandri et Patrick Constant et soutenu financièrement par la Caisse des dépôts et consignations et le Groupe Axel Springer (qui se partagent chacun 20 % de son capital), cette entreprise propose un moteur de recherche qui « qui respecte votre vie privée » dans le sens où, contrairement au géant de Mountain View, il ne collecte pas les données personnelles de ceux qui l’utilisent. De quoi intéresser le ministère des Armées…

Le 1er octobre, à l’occasion d’une rencontre avec le personnel de la Direction interarmées des réseaux d’infrastructure et des systèmes d’information (DIRISI), à Suresnes, la ministre des Armées, Florence Parly, a rappelé « l’importance » que la communauté militaire « construise des partenariats industriels solides et contribue à voir émerger des acteurs numériques français et européens de confiance. »

Dans cette logique, et après avoir annoncé le lancement « d’un groupe de travail pour établir la stratégie cloud du ministère des Armées, dans le sillage des travaux interministériels sur la stratégie cloud de l’État », Mme Parly a « appelé à une plus grande ouverture du ministère au logiciels libres ». D’où son annonce en faveur de Qwant.

« Parce qu’il faut montrer l’exemple. Parce que nous partageons des valeurs communes. Parce qu’il ne partage pas nos données. Parce que c’est un entreprise française : Qwant sera le moteur de recherche par défaut sur tous les ordinateurs du ministère des Armées », a en effet indiqué la ministre.

« Cela fait deux ans et demi – trois ans que l’armée fait des tests, réussis visiblement! Nos soldats méritent de ne pas être traqués. Ce gouvernement a décidé d’y aller et c’est très bien! », a commenté, dans les colonnes du Parisien, Éric Léandri, le Pdg de Qwant qui, selon Médiamétrie, détiendrait désormais 8 % du marché de la recherche en ligne en France. « Pour la Défense, la protection des données, ça a du sens. Alors c’est un premier pas très significatif pour la réflexion globale », a-t-il ajouté.

L’annonce de Mme Parly est survenu alors que la ville d’Issy-les-Moulineaux est devenu la première collectivités territoriales françaises à signer un partenariat avec Qwant. D’autres institutions pourraient suivre prochainement, comme l’Assemblée nationale.

Cela étant, l’allusion de la ministre au sujet des logiciels libres pourrait signifier la fin possible du contrat « open bar » qui lie le ministère des Armées avec Microsoft. Ce dernier a été renouvelé le 1er juin 2017 pour une durée de 4 ans supplémentaires.

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