L’Allemagne cherche à revendre un drone HALE « Euro Hawk » au Canada

L’affaire fit grand bruit en Allemagne, il y a cinq ans. En 2007, Berlin attribua un premier contrat de 508 millions d’euros à Airbus Defence & Space [Cassidian à l’époque] et à l’américain Northrop Grumman pour développer l' »Euro Hawk », une version allemande du drone HALE [Haute Altitude Longue Endurance] RQ-4 Global Hawk, dotées de différents capteurs pour le renseignement et la guerre électronique [Integrated SIGINT-System / ISIS]. Au total, cinq appareils devaient être commandés.

Seulement, après la réception d’un premier drone HALE pour des essais menés depuis la base aérienne de Machning [Bavière], en 2011, le programme tourna court : l’industriel américain refusa de fournir la documentation nécessaire pour permettre à cet appareil d’obtenir une certification l’autorisant à voler dans l’espace aérien européen. Et le projet fut purement et simplement abandonné, ce qui, au regard des sommes déjà investies, suscita un scandale outre-Rhin. Il vaut mieux « une fin horrible qu’une horreur sans fin », avait commenté Thomas de Maizière, alors ministre de la Défense.

Visiblement, Berlin n’en a pas tenu rigueur à Northrop Grumman puisque le ministère allemand de la Défense s’intéresse au MQ-4C Triton, un drone HALE initialement développé pour les besoins de la marine américaine. Et intégrer la suite « ISIS » à ces appareils coûterait 255 millions d’euros selon un parlementaire allemand.

Quoi qu’il en soit, la Bundeswehr ne sait que faire de l’Euro Hawk qu’elle reçut en 2011. Le mettre dans un musée? Le revendre? Il se trouve que le Canada serait intéressé. Seulement, l’appareil ne disposera pas de plusieurs équipements importants, comme le récepteur GPS, les systèmes de chiffrement et de contrôle de vol. « La question est de savoir ce que ferait un acheteur avec un tel appareil ainsi vidé », se demande Thomas Wiegold, un journaliste allemand spécialiste des questions militaires, rapporte l’Associated Press.

« L’intérêt du Canada est donc un coup de chance pour la Bundeswehr. Cependant, l’armée américaine ayant retiré toutes les composants importants, le drone n’a plus de valeur. La vente recouvrera donc tout au plus une petite partie des impôts dépensés », a critiqué le député Andrej Hunko [Die Linke, gauche radicale]

L’éventuel intérêt d’Ottawa pour un tel drone ne manque pas de susciter des réserves… « Le Canada, dépotoir d’engins européens usagés? » interroge ainsi Radio Canada, pour qui cet appareil ne vaut pas plus que son poids de ferraille.

L’achat de quatre sous-marins d’occasion de type « Victoria » par la Marine royale canadienne auprès du Royaume-Uni, en 1998, a laissé des traces au Canada. Depuis que ces navires ont été remis en service sous le pavillon canadien, ils ont accumulés les avaries et autres déboires.

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