« Une société qui ne protège pas ses anges gardiens est vraiment malade », dénonce le commandant de la Brigade des Sapeurs-Pompiers de Paris

Poignardés lors d’une intervention Villeneuve-Saint-Georges [Val-de-Marne], le 4 septembre, deux militaires de la Brigade des Sapeurs Pompiers de Paris [BSPP] ont été les victimes de la folie d’un homme qu’ils étaient venus secourir. Malheureusement, le sapeur de 1ère classe Geoffroy Henry, 27 ans, ne survécut pas à ses blessures.

D’où la colère exprimée par le général Jean-Claude Gallet, le commandant de la BSPP, qui, dans un courriel interne qui a « fuité » dans la presse, relaie « la profonde tristesse, colère, indignation » des militaires qui sont sous ses ordres.

Et cette colère est d’autant plus justifiée que, d’année en année, la violence contre les sapeurs-pompiers, qu’ils soient civils ou militaires, tend à se banaliser. Selon l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP), 2.280 soldats du feu ont été agressés en 2016, soit 17% de plus que par rapport à l’année précédente. et 414 véhicules ont été endommagés lors d’agressions, pour un préjudice total estimé de 283.442 euros.

Dans un premier temps, le général Gallet dénonce « la faible communication entre les acteurs de l’urgence qui fonctionnent avec des schémas éculés qui n’ont plus lieu d’être », avant de réclamer des mesures pour qu’un tel drame ne se reproduise pas.

« Une société qui ne protège pas ses anges-gardiens est vraiment malade », a ensuite déploré le commandant de la BSPP, avant d’évoquer l’enchaînement des faits ayant entraîné la mort du sapeur de 1ère classe Henry. Ainsi, explique-t-il, les pompiers de Paris avaient été sollicités par le Samu pour prendre en charge un homme « agité, aux antécédents psychiatriques (schizophrène, bipolaire) et en rupture de traitement » mais sans « notion de dangerosité immédiate ».

Aussi, poursuit-il, le drame qui s’est joué à Villeneuve-Saint-Georges est la conséquence d’une « demande de [leurs] moyens qui n’est pas fondamentalement justifiée et [d’]une sous-évaluation du caractère dangereux » de l’agresseur. Et d’ajouter : « Le sapeur-pompier de Paris […] n’est pas là pour être le punching-ball d’une violence irrationnelle, voire d’une haine. »

En clair, le général Gallet estime que le « coeur du métier » de la BSPP est la lutte contre les incendies et les urgences graves… Et non l’intervention pour des cas pouvant relever d’autres services.

Enfin, le général Gallet veut « faire le tour des instances judiciaires pour mettre en place une véritable politique de tolérance zéro afin d’enrayer la hausse sans fin des violences gratuites qui visent les secours. »

Pour rappel, la Brigade des sapeurs pompiers de Paris, forte d’environ 8.500 personnels, est une unité de l’armée de Terre placée pour emploi sous l’autorité du préfet de police de Paris

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