Pour le général Lecointre, « La France se doit d’assumer son leadership opérationnel en Europe »

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31 contributions

  1. wagdoox dit :

    Dans la meme prise de parole, le CEMA arrive à dire que la France n’a pas les moyens de se défendre seule mais qu’elle doit prendre une bonne partie du continent. Ca n’a ni queue ni tete, c’est juste un discours contre l’indépendance nationale (et pas uniquement celle de la France) que beaucoup de pays n’accepteront pas, c’est donc un échec garanti. Si défense européenne s’il doit y avoir c’est par addition des forces et non fusion. La fusion entrainerait une nouvelle diminution des forces, chaque état attendant de l’autre qui fasse l’effort, on arrive de plus en plus à l’addition des faiblesses et non plus des forces.

    • Orion dit :

      Vous avez déformé les paroles du CEMA…

    • Fred dit :

      @ wagdoox
      Je n’entends pas « fusion » dans son discours. Bien sûr, moi aussi je suis pour une addition des forces, mais il faut les coordonner (certes, il y a l’Otan, mais il est primordial de construire, dans les esprits, et cela prends du temps, une unité de vue solide et quasi instinctive). Il est plus qu’impératif, d’homogénéiser la conception des armements à l’échelle européenne, sinon, pas d’indépendance ; pas du tout inutile d’instaurer une co-gestion du MCO lorsque cela fait sens.

      • wagdoox dit :

        Par fusion j’entends que si armée UE il y a, elle deviendra rapidement petite parce que chaque pays voudra que l’autre paie et immobile car l’autorité politique la dirigeante sera incapable de fonctionner et incapable de choisir entre danger terroriste et menace russe. La standardisation c’est le but premier de l’OTAN. Si les US ont déjà du mal à imposer des standards c’est pas la France qui y arrivera. Le vrai probleme de la MCO c’est les mini flottes et armée d’échantillons.

        • Fred dit :

          @ wagdoox
          Mon expression « homogénéiser la conception des armements » n’est pas très claire, je le reconnais. Il faut entendre : « co-concevoir, co-produire et/ou acheter nos armement en Europe ».

          • wagdoox dit :

            Ce qui n’est pas fait par les US sont fait nationalement.
            Les autres pays ne voudront jamais favoriser des pays voisins qui ont la meme taille. C’est comme ca. Sauf a faire des programmes en commun avec le succès technique et opérationnel qu’on connait.

  2. Etiennebee dit :

    Donc si on résume les deux posts :
    Pour le général Lecointre, « La France se doit d’assumer son leadership opérationnel en Europe » avec une armée éreintée, sous-équipée, sous-dotée et sous-entraînée (aujourd’hui, mais plus en 2025).
    Mouais, ben ça fait peur d’avoir un leadership avec une armée dans cet état quand même …

  3. Clavier dit :

    Heureusement le général n’est pas dupe du peu d’empressement qu’ont nos voisins à reconnaître un leadership français en matière d’engagement opérationnel ….
    L’omelette faite avec des oeufs durs que l’on trouve à la carte de la gargotte de Bruxelles, il n’y a que TripAdvisor qui la recommande…….

  4. Bricoleur dit :

    On apprend ce jour que la situation en Lybie se détériore gravement. Le vide politique de ce pays est un danger reconnu pour l’Europe, beaucoup plus prégnant et immédiat que l’ours russe économiquement malade. Espérons que les 8 états-majors des pays de l’Initiative européenne d’intervention (IEI) sont déjà en train de discuter et planifier un panel d’éventuelles interventions communes en Libye à la disposition des décideurs politiques.

    • Auguste dit :

      Sur les 8 pays vous pouvez déjà enlever l’Allemagne, pour ce qui est de l’intervention en Libye.Les 6 autres,dans le meilleur des cas, vont participer symboliquement,il ne restera que France et Angleterre parce qu’ils y ont de gros intérêts,comme les USA.L’Italie de Salvini,qui est la première concernée,a déjà dit non.De toute façon comme ancien pays colonisateur,elle a tout intérêt à rester cou-couche panier.Fort heureusement,à ma connaissance, personne encore n’a eu cette idée insensée.Faudrait mettre un soldat derrière chaque Libyen.

    • Sylvain dit :

      La priorité pour notre pays est d’envoyer l’armée dans les cités et de ré-émigrer toutes ces populations qui n’ont rien à faire en France. Non au grand remplacement et oui à la ré-émigration.

  5. sergeat dit :

    Bonne analyse des différentes visions stratégiques des membres de l’UE,mais on continue à vendre l’utopie d’une défense commune promu part Jupiter en critiquant d’ailleurs l’Allemagne mais en lui transférant nos expertises (Airbus space,futur chasseur allemano-français,futur char qui sera transféré par augmentation du capital ….) et en continuant à ne pas contrôler nos frontières qui pourrait amener à terme à une confrontation intérieure (ce qu’a vécu la Serbie avec le Kosovo).

    • Orion dit :

      Allez dire à Toulouse que l’Allemagne récupère la RD, ils vont rigoler un coup… pareil pour le chasseur…

      • sergeat dit :

        Regardez à Marignane la charge de travail pour les hélicoptères diminue au profit de l’Allemagne,…..

    • nexterience dit :

      Augmentation de dividende? Vous ne l’inventez pas?

      • sergeat dit :

        Augmentation du capital égal les banques françaises ne suivent pas contrairement à l’Allemagne on se trouve à terme en minorité.
        De plus regardez pour Airbus Space :Munich a acheté une petite banque allemande ce qui lui permet d’emprunter à taux zéro et de plus d’être plus indépendante vis à vis de la France pourtant cette entité stratégique pour nous se trouve maintenant sous contrôle allemand.

      • nexterience dit :

        donc vous inventez

  6. Auguste dit :

    Tant qu’il n’y aura pas une politique européenne commune,toute tentative d’une défense commune est vaine,à mon avis.Et on est loin d’y arriver.On le voit avec le partage des immigrés,on le voit en Libye ou on se concurrence pour le pétrole,on le voit au Mali ou on considère (à tort ou à raison) que c’est une affaire française,on le voit en Syrie,on le voit avec les rapports avec nos amis US….etc.Encore trop de divergences dans les intérêts.Et la France leader c’est loin de faire l’unanimité.

  7. Chris dit :

    Gare à l’inflation de l’ego… On s’estime être les seuls à pouvoir diriger (car les autres sont nuls?), on tente de convaincre les autres et de les rallier au panache blanc, ca ne marche pas (ben tiens!), de paroles mal avisées en malentendus, on se brouille plus ou moins fort avec les autres et au final on en ressort plus divisés qu’au début.

    • Arno dit :

      Diriger! : Pas parce que les autres sont nuls, parce que :
      les autres ne font rien ou pas grand chose,
      meurent moins que nous,
      usent moins leurs matériels que nous,
      ne capitalisent pas autant d’expérience que nous,
      ont moins de souveraineté d’équipements que nous
      etc..
      Je ne vois pas ce qu’il y a de contradictoire entre dénoncer un budget ras les pâquerettes et revendiquer une position de leader dans la défense européenne. Au monde des aveugles les borgnes sont rois, non?

      Je lis beaucoup de réponses de fines bouches à cette intervention du CEMA. Scepticisme trés francais.

  8. TINA2009 dit :

    Bsr à tous !

    Pour ce qui me concerne , mon opinion est faite sur notre CEMA actuel : —> Rien à espérer , et donc rien à attendre !
    D’ailleurs, son argumentation dans le présent sujet de l’article le révèle à nous tous : il se définit par lui – même !

  9. Yannus dit :

    Si j’ai bien compris,
    Le légionnaire se bat pour la Légion et la Légion pour la France.
    On peut étendre la légion à des pays sûrs comme l’Italie l’Allemagne la GB l’Espagne avec comme condition de préserver l’esprit et les traditions de la Légion.
    Cela ferait une bonne force de frappe européenne dissuasive.

  10. vrai_chasseur dit :

    Si le leadership politique de la France est sujet à questionnement de la part de plusieurs membres de l’UE, son leadership opérationnel sur le plan militaire est mieux reconnu et beaucoup moins sujet à caution. Le général a raison quand il dit que c’est par là qu’il faut commencer.
    Point pas si anodin : dans les structures bruxelloises de l’UE conditionnées par des décennies de vote à l’unanimité, chaque petit pays avait l’habitude de valoir autant que les grands. La culture bruxelloise bannissait du coup le mot leadership, tabou, tout le monde était égal. Le général avance a petits pas, mais son langage et l’usage du mot ‘leadership’ n’est pas fortuit.
    Au passage, les 8 pays sur les 27 qui ont rejoint la France pour l’IEI ont déjà envoyé des troupes en OPEX hors OTAN -sans que cela soit nécessairement des troupes au combat, cependant-. Pas de surprise.

  11. John dit :

    L’Europe ne veut pas du leadership français.

  12. Lagaffe dit :

    En complément des propos du général Lecointre, le Centre d’analyse, de prévision et de stratégie (Caps) et l’Institut de recherche stratégique de l’Ecole militaire (Irsem), rattachés respectivement au Quai d’Orsay et au ministère des Armées (Minarm), se sont penchés sur les manipulations de l’information (guerre informationnelle).
    Le résultat de leur étude publiée mardi, est inquiétant : les démocraties occidentales sont régulièrement visées, le grand public n’est pas forcément armé pour les déceler et la technologie permettra bientôt de rendre les fausses informations indétectables.
    Les auteurs : la Chine et la Russie qui ont investi les réseaux sociaux, parfois par le biais de personnalités fictives.
    Fuites massives de donnés, campagne de déstabilisation, l’Europe et l’Amérique du Nord sont sensibilisées à ces problèmes, mais les populations sud-américaines ou africaines sont particulièrement vulnérables.
    « Ce sont des populations qui sont très peu éduquées et donc qui ont généralement peu d’esprit critique face à ce qu’elles reçoivent des médias. Elles sont néanmoins très connectées, ce qui n’était pas le cas avant. [Des populations] qui sont traversées par des tensions ethniques, raciales, religieuses et autres qui sont facilement instrumentalisables et qui en plus ont un fort ressentiment anticolonial. Et donc ça c’est un cocktail explosif qui est déjà utilisé dans certains endroits comme, par exemple, la RCA contre les anciennes puissances coloniales, en l’occurrence la France. »
    La guerre de l’information n’est pas seulement virtuelle. Le rapport rappelle l’importance des réseaux physiques : câbles sous-marins au fond des océans ou satellites en orbite, qui, eux aussi, sont des cibles.
    Le rapport Caps/Irsem :
    https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/politique-etrangere-de-la-france/manipulations-de-l-information/article/rapport-conjoint-caps-irsem-les-manipulations-de-l-information-un-defi-pour-nos

  13. Françoise dit :

    Je me demande franchement comment la France peut mener l’Europe militairement, sachant que M. Hollande a laissé M. Macron laisser M. Kron et sa clique vendre l’indépendance stratégique de la France aux États-Unis :
    http://www.atlantico.fr/decryptage/pourquoi-vente-filiere-energie-alstom-met-en-peril-securite-nationale-eric-denece-1067469.html
    .
    https://www.marianne.net/economie/alstom-vendu-aux-americains-retour-sur-les-dessous-dun-scandale
    .
    http://www.atlantico.fr/decryptage/vente-alstom-energie-general-electric-quand-macron-maquille-verite-daniel-fasquelle-1994023.html
    .
    Jean-Michel Quatrepoint est journaliste économiste. il a travaillé entre autres au Monde, à la Tribune et au Nouvel Economiste. Il a écrit de nombreux ouvrages, dont La crise globale en 2008 qui annonçait la crise financière à venir.

    Dans son dernier livre, Le Choc des empires. Etats-Unis, Chine, Allemagne: qui dominera l’économie-monde? (Le Débat, Gallimard, 2014), il analyse la guerre économique que se livrent les trois grands empires qui règnent en maitres sur la mondialisation: les Etats-Unis, la Chine et l’Allemagne.

    PROPOS RECCUEILLIS PAR

    Alexandre Devecchio@Alex_devecch

    Vendredi 19 décembre, dans un complet silence médiatique, les actionnaires d’Alstom ont approuvé à la quasi-unanimité le passage sous pavillon américain du pôle énergie du fleuron industriel. 70% des activités d’Alstom sont donc vendues au conglomérat General Electric (GE). Que cela signifie-t-il concrètement?

    Le protocole d’accord approuvé par Emmanuel Macron en novembre et voté par l’assemblée générale d’Alstom, le 19 décembre, est proprement hallucinant! tant il fait la part belle à Général Electric et ne correspond pas à ce qui avait été négocié et présenté au printemps dernier.

    Au-delà des éléments de langage des communicants et de la défense de Patrick Kron, il s’agit, bel et bien de la vente – oserais-je dire, pour un plat de lentilles – d’un des derniers et des plus beaux fleurons de l’industrie française à General Electric.

    Pour comprendre les enjeux, il faut rappeler quelques faits. Le marché mondial de la production d’électricité, des turbines, est dominé par quatre entreprises: Siemens, Mitsubishi, General Electric et Alstom. Le groupe français détient 20 % du parc mondial des turbines à vapeur. Il est numéro un pour les centrales à charbon et hydrauliques. Alstom Grid, spécialisé dans le transport de l’électricité, est également un des leaders mondiaux. Mais c’est dans le nucléaire qu’Alstom était devenu un acteur incontournable. Avec 178 turbines installées, il couvre 30 % du parc nucléaire mondial. Ses nouvelles turbines, Arabelle sont considérées comme les plus fiables du monde et assurent 60 ans de cycle de vie aux centrales nucléaires. Arabelle équipe les futurs EPR. Mais Alstom a également des contrats avec Rosatom en Russie et avec la Chine pour la livraison de quatre turbines de 1000 MW. Alstom, faut-il le rappeler, assure la maintenance de l’îlot nucléaire des 58 centrales françaises.

    C’est désormais le groupe américain qui décidera à qui et comment vendre ces turbines. C’est lui aussi qui aura le dernier mot sur la maintenance de nos centrales sur le sol français… Nous avons donc délibérément confié à un groupe américain l’avenir de l’ensemble de notre filière nucléaire.

    Les activités nucléaires d’Alstom n’étaient-elle pas censées être sanctuarisées?

    Au début des négociations avec GE, celui-ci n’était intéressé que par les turbines à vapeur et notamment à gaz. Dans l’accord du mois d’avril dernier, cette activité était vendue à 100 %, mais trois filiales 50-50 étaient créées. L’une pour les énergies renouvelables, dont l’hydraulique et l’éolien en mer. La deuxième pour les réseaux, Alstom Grid, et la troisième, pour les activités nucléaires. À l’époque, les autorités françaises, par la voix d’Arnaud Montebourg, avaient garanti que ce secteur nucléaire resterait sous contrôle français. Le vibrionnant ministre français est parti et les promesses, c’est bien connu, n’engagent que ceux qui veulent les croire.

    Non seulement le 50-50 est devenu 50 plus une voix pour General Electric, mais le groupe américain détiendra 80 % pour la partie nucléaire. C’est dire que la production et la maintenance des turbines Arabelle pour les centrales nucléaires sera contrôlée par GE.

    Quelles sont les conséquences sur l’industrie française, notamment sur la filière nucléaire?

    On peut dire ce que l’on veut, mais c’est désormais le groupe américain qui décidera à qui et comment vendre ces turbines. C’est lui aussi qui aura le dernier mot sur la maintenance de nos centrales sur le sol français. La golden share que le gouvernement français aurait en matière de sécurité nucléaire n’est qu’un leurre. Nous avons donc délibérément confié à un groupe américain l’avenir de l’ensemble de notre filière nucléaire…

    Pourquoi General Electric qui, il y a un an, n’était intéressé que par les turbines à vapeur a-t-il mis la main sur ce secteur nucléaire?

    Tout simplement, parce que l’énergie est au centre du projet stratégique américain. Et que le nucléaire est une des composantes de l’énergie. Le marché redémarre. Dans les pays émergents, mais aussi en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. General Electric en était absent. Là, il revient en force et acquiert, pour quelque milliards de dollars avec Arabelle, le fleuron des turbines nucléaires.

    Sur le marché chinois, l’un des plus prometteurs, Westinghouse associé à Hitachi, est en compétition face à EDF, Areva et Alstom. Arabelle était un atout pour la filière française. Que se passera-t-il demain si GE négocie un accord avec Westinghouse pour lui fournir Arabelle? C’est donc à terme toute la filière nucléaire française qui risque d’être déstabilisée à l’exportation.

    Est-on sûrs qu’en cas de fortes tensions entre nos deux pays, comme ce fut le cas sous le Général de Gaulle, la maintenance de nos centrales nucléaires, la fourniture des pièces détachées seront assurées avec célérité par la filiale de GE ?

    Cela peut-il également avoir des conséquences diplomatiques et géopolitiques? Lesquelles?

    Oui, et c’est peut-être le plus grave. Les Etats-Unis sont nos alliés, mais il peut arriver dans l’histoire que des alliés soient en désaccord ou n’aient pas la même approche des problèmes, notamment dans la diplomatie et les relations entre États. Est-on sûrs qu’en cas de fortes tensions entre nos deux pays, comme ce fut le cas sous le Général de Gaulle, la maintenance de nos centrales nucléaires, la fourniture des pièces détachées seront assurées avec célérité par la filiale de GE?

    En outre, on a également oublié de dire qu’il donne à GE le monopole de la fourniture de turbines de l’ensemble de notre flotte de guerre. D’ores et déjà, le groupe américain fournit près de la moitié des turbines à vapeur de notre marine, à travers sa filiale Thermodyn du Creusot. Alstom produit le reste, notamment les turbines du Charles de Gaulle et de nos quatre sous-marins lanceurs d’engins. Demain, GE va donc avoir le monopole des livraisons pour la marine française. Que va dire la Commission de la concurrence? Monsieur Macron a-t-il étudié cet aspect du dossier?

    Enfin, il est un autre secteur qu’apparemment on a oublié. Il s’agit d’une petite filiale d’Alstom, Alstom Satellite Tracking Systems, spécialisée dans les systèmes de repérage par satellite. Ces systèmes, installés dans plus de 70 pays, équipent, bien évidemment, nos armées, et des entreprises du secteur de la défense et de l’espace. C’est un domaine éminemment stratégique, car il concerne tous les échanges de données par satellite. General Electric récupère cette pépite. Quand on sait les liens qui existent entre la NSA, les grands groupes américains pour écouter, lire, accéder aux données des ennemis, mais aussi des concurrents, fussent-ils alliés, on voit l’erreur stratégique à long terme que le gouvernement vient de commettre. Le ministère de la Défense a t il donné son avis?

    Peut-on aller jusqu’à parler de dépeçage?

    Oui car, ne nous y trompons pas, l’histoire est écrite. Patrick Kron, actuel PDG, s’est félicité que les accords avec les Américains permettront à Alstom de vendre, d’ici à trois ou quatre ans, ses participations dans les trois sociétés communes, dans de bonnes conditions… pour les actionnaires. Ce qui restera d’Alstom, la partie ferroviaire qui aura bien du mal à survivre, reversera de 3 à 4 milliards d’euros aux actionnaires dont Bouygues qui détient 29% et qui souhaitait sortir. En fait on fait porter à Bouygues un chapeau trop grand pour lui. Ce n’est pas la raison principale de cette cession. Ni le fait que la branche énergie d’Alstom ne soit pas rentable ( seules les turbines à gaz depuis le rachat catastrophique de l’activité de ABB en 2000 posent problème ).

    Quelle est alors, selon vous, la véritable raison de cette vente?

    La véritable raison, quoiqu’en disent les dirigeants d’Alstom, c’est la pression judiciaire exercée par la justice américaine qui s’est saisie en juillet 2013 , d’une affaire de corruption, non jugée, en Indonésie pour un tout petit contrat ( 110 milions de dollars ). Tout se passe comme si cette pression psychique, voire physique, sur les dirigeants, la crainte d’être poursuivi, voire emprisonné ( comme ce fut le cas pour un des responsable d’une filiale du groupe aux Etats Unis ) la menace d’amendes astronomiques avaient poussé ces dirigeants a larguer l’activité énergie. Comme par hasard il y avait un acheteur tout trouvé: Général Electric. Ce ne sera jamais que la cinquième entreprise soumise à la vindicte de la justice américaine que ce groupe rachète. Au passage je rappelle que Jeffrey Immelt son PDG est le président du conseil pour l’emploi et la compétitivité mis en place à la Maison Blanche par Obama. Ce qui n’empêche pas GE d’être le champion de l’optimisation fiscale ( Corporate Tax Avoiders ) avec une vingtaine de filiales dans les paradis fiscaux. Sur 5 ans le groupe a déclaré 33,9 milliards de dollars de profits et n’a pas payé un cent d’impôts aux Etats Unis. Outre Atlantique ont dit désormais ce qui est «bon pour GE est bon pour l’Amérique «. Mais ce qui est bon pour GE ne l’est pas forcément pour la France ou l’Europe. A moins de considérer que notre avenir est de devenir une filiale de GE…

    Le drame de l’appareil d’Etat c’est qu’il est dirigé par Bercy où la fibre industrielle a pratiquement disparu. Soit nous avons des politiques qui ne connaissent l’activité économique qu’à travers le prisme des collectivités locales soit nous avons de jeunes technocrates formés, imprégnés par la mentalité de banquier d’affaires .

    Si on peut comprendre que les actionnaires trouvent leur compte dans cette vente, comment expliquer la passivité des acteurs de la filière nucléaire et surtout de l’Etat?

    On ne peut que s’étonner du peu de réactions des acteurs de la filière nucléaire. Il est vrai que Bercy et l’Élysée ont donné leur feu vert à cette nouvelle version des accords au moment même où EDF et Areva connaissaient une vacance du pouvoir. Chez Areva, Luc Oursel, aujourd’hui décédé, avait quitté de fait les rênes à la fin de l’été. Chez EDF, François Hollande et Emmanuel Macron ont décidé seuls, contre l’avis de Manuel Valls et de Ségolène Royal, de ne pas renouveler Henri Proglio et de le remplacer par Jean-Bernard Lévy. Un patron de qualité, unanimement apprécié… chez Thalès. Cette vacance du pouvoir, à un moment crucial, a incontestablement favorisé l’évolution des accords au profit de GE. Une politique de gribouille, puisque Henri Proglio va se retrouver président du Conseil de surveillance… de Thalès. Du grand n’importe quoi. Le moins qu’on puisse dire c’est que l’Élysée et Bercy n’ont pas fait un cadeau de Noël aux nouveaux présidents d’EDF et d’Areva. Le drame de l’appareil d’Etat c’est qu’il est dirigé par Bercy où la fibre industrielle a pratiquement disparu. Soit nous avons des politiques qui ne connaissent l’activité économique qu’à travers le prisme des collectivités locales soit nous avons de jeunes technocrates formés, imprégnés par la mentalité de banquier d’affaires . Un bref passage par Rothshild ou Lazard n’est pas forcément un gage de compétences en industrie…

    L’Europe a-t-elle joué un rôle dans cette affaire?

    Indirectement oui, lorsque Pierre Bilger, en 1999, a racheté une partie des activités de turbines de ABB – un rachat funeste, le groupe français ayant payé fort cher des turbines qui vont se révéler défectueuses – la Commission européenne a exigé qu’Alstom cède une partie de ses actifs dans ce secteur. Et ce, pour éviter une position dominante sur le marché européen. C’est ainsi que General Electric a racheté l’usine de Belfort d’Alstom.

    Que dit le cas Alstom de la désindustrialisation de la France?

    Qu’il y a un lien direct entre la désindustrialisation de la France, son déficit abyssal du commerce extérieur, sa perte d’influence dans le monde, la lente attrition des emplois qualifiés et les désastres industriels à répétition que notre pays a connu depuis vingt ans. De Péchiney à Arcelor, en passant par Bull, Alcatel, la Générale de Radiologie et aujourd’hui Alstom, la liste est longue de nos fleurons industriels qui ont été purement et simplement liquidés par l’absence de vision stratégique de la classe politique et de la haute administration, par la cupidité et l’incompétence de certains dirigeants d’entreprise qui ont fait passer leurs intérêts personnels avant ceux de la collectivité. Oui, il y a bien une corrélation entre l’étrange défaite de 1940, qui vit en quelques semaines l’effondrement de notre pays et celle, plus insidieuse et plus longue, qui voit le délitement de notre appareil industriel.

    • Posteur dit :

      Et bien je ne m’attendais pas à tout ça venant de vous,surprenant votre poste Françoise.
      .
      Cependant je vous remercie de tout cela,c’est bien qu’il est des gens qui prennent le temps de créer ce genre d’explications long et remplis de détails intéressants.
      .
      Décidément il va falloir faire le ménage non seulement dans toute la politique française mais aussi industriels..
      .
      Décidément la personne (si elle « existe » ) qui devra redresser ce pays va devoir passer la majorité de ses jours,semaines,mois,années à réparer la totalité des conneries des prédécesseurs et ça va être chiant,long et infernale .. et consolider le pays pour éviter que ça se reproduise.
      .
      Ca fait peur,très peur..

  14. helaine jean pierre dit :

     » leadership opérationnel » cela veut dire quoi? Un leadership ne peut s’exercer que si on est plusieurs ! Donc la France exerce un leadership sur elle-même ce qui n’est déjà pas si mal .

  15. werf dit :

    Ce CEMA été choisi pour ses qualités de communicant. La France ne pourra jamais avoir le leadership européen dans quelque domaine domaine que ce soit. J’ai négocié, difficilement, 17 ans à Bruxelles et les autres états membres n’en veulent pas, même ceux qui nous paraissent favorables a priori. Alors il ne faut pas rêver, déjà, si l’on peut faire quelques actions ponctuelles communes dans le domaine militaire, ce sera très bien.

    • Bonjour,
      Mr Werf , il faut arrêt de rêver … l’Europe ,
      Cette bonne vielle duperie …. ou la plupart des projets restent â l’état de projets … Il faut prendre conscience des réalités …. qui
      Sont que à part la libre circulation des biens qui arrangent les puissants …. pour le reste la circulation des personnes à toujours été de mise ….. en presentant une piece d’identité et l’ont passaient d’un pays à l autre … pour ce qui concerne cette fameuse défense Européenne , que l’ont peut appeler sans crainte l’arlésienne …. c’est une idée morte avant me d’avoir existé …. un seul exemple , les Belges ne veulent pas entendre parler du Rafale et préfère s’équiper de F35 AMÉRICAINS …. pour ne citer que cela …. Cette Europe n’a en fin de compte servie qu’à appauvrir les peuples …. nos gouvernants n’ont que faire de notre pays et de sa défense …. 34 milliards d’euros aujourd’hui et previsions pour 2025 si tout va bien 50 milliards d’euros ….. indigne d’une nation qui ce veut être dans le gotha des grandes nations ….
      Donc il faut arrêter de se raconter des histoires …. nous serons bientôt relégués au rangs des petites puissances insignifiantes ….
      Triste constat … mais ont y va lentement mais sûrement …
      Sur cela ….
      À très bientôt .
      WILLIAM Alexander .