Pour gagner en autonomie, le Commando parachutiste de l’Air n°10 conçoit le CORVUS, son propre mini-drone

Depuis 2010, le Commando parachustiste de l’Air n°10 [CPA 10] utilise des mini-drones de type Skylark 1LE, conçus par l’entreprise israélienne Elbit Systems pour mener des missions de surveillance ou de reconnaissance lors des opérations spéciales.

En 2013, l’armée de l’Air avait indiqué que le CPA 10 disposait de deux systèmes, comprenant chacun trois drones et une station de contrôle. Lancé manuellement et doté d’une propulsion électrique, le Skylark 1LE dispose d’un rayon d’action de 20 à 40 km et peut voler à 5.000 mètres d’altitude. D’une autonomie de 3 heures, cet appareil pèse 7,5 kg pour une envergue de 3 mètres.

Mis en oeuvre par deux opérateurs, grâce à la retransmission d’images en temps réel et au capteur 3D dont il est équipé, le Skylark 1E est en mesure de communiquer des informations précises à des avions de combat en vue d’une frappe. Cependant, son mode de récupération est délicat : ce mini-drone se pose en effet à l’aide d’un Airbag qui se gonfle sous son empennage au moment de toucher le sol.

« Aujourd’hui, le taux d’attrition du Skylark est élevé car on l’utilise énormément », avance le sergent « Lucas », responsable de la cellule drone au sein du CPA 10, dans les colonnes du dernier numéro d’Air Actualités. D’où le projet CORVUS, pour « Capteur de reconnaissance à voilure ultralégère en soutien aux opérations spéciales. »

Comme l’explique le sergent Lucas, l’idée est de développer, au sein du CPA 10, un drone « efficace pour l’observation et le lever de doute sans mettre en péril un système comme le Skylark », l’objectif étant de ménager de ce dernier au moins jusqu’en 2020.

Avec CORVUS, il s’agit de pouvoir disposer d’un mini-drone à la fois performant et pouvant être réparable sur place. Actuellement, si un Skylark est endommagé sur un théâtre d’opérations, il faut le renvoyer en France (ou, du moins, la pièce cassée), ce qui prend du temps et finit par coûter cher.

« Notre objectif avec CORVUS est de ne pas renvoyer la pièce en France pour une réparation. Nous avons trouvé la capacité à reproduire la pièce nous-mêmes grâce à une technologie innovante qui s’approche de l’impression 3D », a révélé le sous-officier du CPA 10.

Pour mettre au point cet appareil à voilure fixe d’une envergure d’environ 2 mètres, ce dernier s’est inspiré de projets existants « disponibles sur Internet » pour la structure de l’aile, avant de s’adresser au bureau d’études de l’élément Air rattaché 279 de Châteaudun, spécialisé dans la « réparation de circonstance ». Quant aux capteurs, dont les capacités sont confidentielles, ils sont développés par une start-up spécialisée.

Le projet CORVUS, soutenu par la Mission Innovation Participative (MIP) devrait faire l’objet d’une « mini-industrialisation » par l’armée de l’Air, avec l’objectif de déployer aussi rapidement que possible un premier système complet sur un théâtre extérieur.

Photo : armée de l’Air

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