Un général canadien va diriger une mission de l’Otan visant à former les forces irakiennes

Lors de son dernier sommet, organisé à Bruxelles les 11 et 12 juillet dernier, l’Otan a décidé de lancer une « nouvelle mission de formation » en Irak, en envoyant, dans la région de Bagdad et pour au moins un an, des « centaines » d’instructeurs. Le Canada ayant annoncé une importante contribution, il était naturel de lui en confier le commandement.

D’où l’annonce, le 22 août, de la nomination, à la tête de cette mission, du général Dany Fortin, qui commande actuellement la 1ère division canadienne, dont l’état-major est installé à Kingston, en Ontario. Commandant-adjoint des opérations du 1er Corps de l’armée américaine entre 2015 et 2017, cet officier québécois qui, âgé de 50 ans, est un artilleur de formation, a notamment servi en Bosnie et en Afghanistan, où il a commandé les troupes canadiennes.

« C’est un honneur et un privilège d’être nommé commandant de cette mission de l’Otan. Je suis persuadé que notre contribution saura répondre aux attentes des Canadiens, de nos alliés et partenaires et surtout de la population irakienne, alors que nous tentons d’aider leurs institutions responsables de la sécurité à assurer la paix et la stabilité à long terme en Irak », a commenté le général Fortin, à l’annonce de sa nomination.

« En assumant le commandement de la nouvelle mission d’entraînement et de renforcement des capacités de l’Otan, le Canada fournira ainsi une aide multilatérale importante aux forces de sécurité irakiennes », a, de son côté, souligné Harjit S. Sajjan, ministre canadien de la Défense.

Cette mission de formation sera lancée dès l’automne prochain. Elle devrait compter 580 instructeurs, dont 250 militaires canadiens. Elle disposera d’au moins trois hélicoptères, qui seront également founis par le Canada.

Au départ, il n’était pas clair si cette mission de l’Otan allait se substituer aux efforts faits par la coalition pour former les forces de sécurité irakiennes. La France y a d’ailleurs sa part, avec les « Task Force » Narvik (qui forme les commandos de l’Iraki Counter Terrorism Service – ICTS) et Monsabert, dont la mission est de conseiller l’état-major de la 6ème division d’infanterie irakienne.

En outre, le colonel Sean Ryan, le porte-parole de la coalition anti-jihadiste dirigée par les États-Unis, a indiqué, le 19 août, que le nombre de militaires américains déployés en Irak pour des missions de soutien et de formation pourrait diminuer en raison de cette mission de l’Otan.

« Il est possible qu’il y ait une réduction, tout dépend de l’implication de l’Otan et de l’aide à l’entraînement des forces (irakiennes) », a en effet déclaré le colonel Ryan.

Mais selon le ministère canadien de la Défense, cette mission de l’Otan « s’ajoutera aux efforts actuels de la coalition mondiale pour vaincre Daesh, adaptant notre soutien à l’Irak pour répondre aux besoins actuels et consolider les gains réalisés. »

Enfin, cette mission visera à « conseiller des fonctionnaires irakiens au sein du ministère de la Défense et du Bureau du conseiller à la sécurité nationale » et « former des instructeurs, selon le concept de la ‘formation des formateurs’, dans les écoles et académies militaires de l’Irak » dans les domaines tels que la lutte contre les engins explosifs improvisé, la planification civilo-militaire, la maintenance des véhicules blindés et la médecine de guerre.

Pour rappel, et outre l’Irak, où il participe à la coalition anti-jihadiste (opération Impact), le Canada est engagé militairement au Mali, au titre des Nations unies (MINUSMA) ainsi qu’en Lettonie en tant que nation-cadre d’un bataillon multinational, et en Roumanie, où il assurera une mission de police du ciel dans le cadre de l’Otan avec des avions CF-18 Hornet.

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Contribution

  1. de Carin