La « guerre électronique » prend de plus en plus d’importance dans les opérations navales

La Syrie est devenue « l’environnement de guerre électronique le plus agressif de la planète », confiait, en avril dernier, le général Raymond Thomas, le chef de l’US Special Operations Command [USSOCOM], lors d’un colloque sur le renseignement géospatial [GEOINT]. Et d’évoquer des cas de brouillage de communications entre des avions de la coalition anti-jihadiste, dirigée par les États-Unis. Le fonctionnement de drones aurait même été perturbé par des systèmes russes, à en croire les confidences faites à NBC par des responsables militaires américains.

Évidemment, la guerre électronique concerne également les opérations terrestres. Lors de l’exercice Zapad 2017, mené par les forces russes et biélorusses, il fut rapporté que les signaux de téléphonie mobile et GPS avaient été « brouillés » dans les pays baltes et en Norvège.

Dans le sud-est de l’Ukraine [Donbass], où des séparatistes pro-russes affrontent les troupes gouvernementales, il a été mis en évidence un recours systématique aux moyens de guerre électronique. Ce qui explique que la mission d’observation de l’OSCE [Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe] perd régulièrement ses drones dans la région…. D’où les efforts de l’US Army pour réduire son retard dans ce domaine (pour lequel elle n’investissait, jusqu’à présent que 0,8% de son budget).

Il faut dire que la Russie a beaucoup investi dans de telles capacités au cours de ces dernières années. Y compris, apparemment, pour les opérations navales. En témoigne, par exemple, le brouillage des signaux GPS en mer Noire (spoofing).

Commandant le NATO Maritime Group 1 lors de l’exercice BALTOPS 18, le commodore Søren Thinggaard Larsen, de la Marine royale danoise, a souligné que les navires russes ont observé les manoeuvres des unités de l’Otan à distance. Toutefois, pour ne pas leur donner d’informations, des mesures spécifiques ont été prises, comme celle ayant obligé les marins des bâtiments engagés à mettre leurs téléphones mobiles en mode avion afin d’éviter tout « piratage » à distance.

Dans un entretien donné à VOA, l’amiral John Richardson, le chef des opérations navales de l’US Navy, a évoqué cette question de la guerre électronique, sans pour autant donner de détails. Ainsi, a-t-il affirmé, les marins américains « doivent se défendre des dispositifs de brouillage électronique russes, comme ceux utilisés en Syrie. »

Pour rappel, la plupart des navires américains sont dotés du système de guerre électronique AN​/ SLQ-32, dont la première version a été mise en service dans les années 1970. Le programme Advanced Electronic Electronic Warfare System (AIEWS) avait été lancé en 1996 pour le remplacer, avant d’être annulé six ans plus tard, en raison de coûts trop élevés. Il est désormais question du Surface Electronic Warfare Improvement Program (SEWIP) Block 2, testé en 2014 à bord du Littoral Combat Ship USS Freedom.

Ces systèmes de brouillage ont été utilisés, toujours d’après l’amiral Richardson, dans les eaux internationales. « Maintenant, c’est une partie émergente de nos activités », a-t-il insisté. « Ces technologies perturbatrices […] vont vraiment jouer un rôle décisif dans les combat à venir et nous devons nous assurer que nous allons investir également dans ce domaine », a-t-il affirmé.

L’amiral Richardson n’est pas le premier a faire état de cette menace. Son prédécesseur, l’amiral Jonathan Greenert, l’avait déjà évoquée en 2013, en expliquant que les brouilleurs, détecteurs de signaux et autres composants bon marchés « faciliteraient l’action de forces hostiles sur le spectre électro-magnétique ».

Outre les forces russes, l’Armée populaire de libération (APL) investit également dans ce type de capacité, en particulier en mer de Chine méridionale, dont la quasi-totalité est revendiquée par Pékin, sans fondement juridique. Des équipements destinés à brouiller les radars et les communications ont en effet été installés sur des îlots militarisés dans cette partie du monde. Le porte-avions USS Roosevelt en aurait été la cible, au printemps dernier. « Le simple fait que certains de vos équipements ne fonctionnent pas est déjà une indication que quelqu’un essaie de vous bloquer », avait expliqué un pilote de l’US Navy à GMA News Online.

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