Les relations entre la Grèce et la Russie s’enveniment à cause de la possible adhésion de la Macédoine à l’Otan

Pendant 27 ans, la Grèce s’est opposée à l’adhésion de la république Macédoine à l’Otan et à l’Union européenne en raison de son nom, qui était alors le même qui celui d’une région septentrionale grecque, et de sa tendance à se réclamer de l’héritage d’Alexandre le Grand. Puis, en juin dernier, Athènes et Skopje ont enfin trouvé un accord devant permettre de débloquer la situation. Désormais, ce pays de l’ex-Yougoslavie devrait s’apeller « Severna Makedonja » [ou Macédoine du Nord, ndlr].

Le conditionnel est de mise car il faut que ce compromis soit ratifié par les Parlements des deux pays. Et, en outre, comme il sera aussi soumis à référendum en Macédoine [du Nord], rien ne garantit, en effet, qu’il soit définitivement accepté.

Reste que, sans attendre le résultat de ce processus de ratification, l’Otan a invité Skopje à entamer les discussions en vue d’une éventuelle adhésion. Même chose pour l’Union européenne. Ce que, comme l’on peut s’en douter, la Russie voit d’un mauvais oeil.

Aussi, le 11 juillet, la Grèce a annoncé l’expulsion de deux diplomates russes de son territoire, en raison d’activités « non adaptées à leur statut ». En clair, ils ont cherché à saboter l’accord conclu entre Athènes et Skopje par des actions subversives, dirigées notamment en direction du monastère du Mont Athos, haut-lieu de l’orthodoxie.

« Le gouvernement grec veut des bonnes relations avec tous les États, mais ne peut pas accepter des attitudes violant le droit international et ne respectant pas les autorités grecques », a alors expliqué Dimitris Tzanakopoulos, le porte-parole du gouvernement grec.

Y voyant une attitude « anti-Russie », alors que la Grèce ne s’était pas associée à la vague d’expulsions de leurs diplomates au moment de l’affaire Skripal, au Royaume-Uni, les autorités russes ont convoqué l’ambassadeur grec en poste à Moscou et annoncé à leur tour l’expulsion de deux diplomates grecs. Et la visite que Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères, devait faire à Athènes en septembre prochain aurait été « suspendue. »

Dans le même temps, les Washington a soutenu les mesures prises par Athènes. « Les États-Unis ont exprimé par le passé leur préoccupation au sujet de l’influence malintentionnée de la Russie dans cette région. L’ingérence dans les processus démocratiques d’autres pays est inacceptable et nous soutenons la Grèce dans la défense de sa souveraineté », a en effet déclaré Heather Nauert, la porte-parole du département d’État.

« La Grèce a expulsé deux fonctionnaires russes et interdit l’entrée de deux autres pour tentative d’ingérence dans la politique grecque. Nous soutenons la Grèce dans la défense de sa souveraineté. La Russie doit mettre fin à son comportement déstabilisateur », a-t-elle ajouté.

Les choses en étaient restées là quand Maria Zakharova, la porte-parole de la diplomatie russe, a remis une pièce dans la machine. « Nous sommes pleinement conscients que la Grèce a été soumise à des pressions au plus haut niveau » pour expulser les deux diplomates russes, a-t-elle déclaré, le 18 juillet, devant la presse. Qualifiant ces expulsions de « brutales » et d' »injustifiées », elle a affirmé qu’elles ne « resteront pas sans conséquences. »

En outre, a estimé Mme Zakharova, cet accord entre Athènes et Skopje conduit « à une scission profonde dans la société en Grèce et en Macédoine » et il « est loin de consolider la paix et la sécurité
dans les Balkans » car « ce n’est qu’un outil exclusif pour attirer plus
rapidement la république de Macédoine dans l’Otan. »

Ces propos ont suscité une vive réaction de la part du ministère grec des Affaires étrangères. Il sont « un exemple caractéristique de manque de respect envers un pays tiers, ainsi que d’incapacité à comprendre le monde actuel, un monde dans lequel les pays, peu importe leur taille, sont indépendants et libres d’appliquer une politique étrangères indépendante, multidimensionnelle et démocratique », a-t-il fait valoir.

« Le manque de respect constant à l’égard de la Grèce doit cesser. Personne ne peut ou n’a le droit d’interférer dans les affaires intérieures de la Grèce », a-t-il ajouté, avant de préciser que les « preuves qui ont amené la Grèce à agir avaient été immédiatement présentées aux autorités russes. »

Ce coup de chaud entre Athènes et Moscou est inédit, d’autant plus que, quand l’actuel Premier ministre grec, Alexis Tsipras, arriva au pouvoir, en 2015, nombre de commentateurs estimèrent que la Grèce allait devenir le « cheval de Troie » de la Russie en Europe.

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