Washington tente de convaincre Ankara de renoncer au système russe de défense aérienne S-400 au profit du Patriot

La modernisation des capacités turques en matière de défense aérienne est un vrai feuilleton. Dans le cadre de son programme LORAMID [Long-Range Air and Missile Defense System], Ankara avait lancé un appel d’offres, lequel fut attribué, en 2013, au groupe chinois CPMIEC [China Precision Machinery Export-Import Corporation] pour son Hongqi-9/FD 2000, dérivé du système russe S-300V. Et cela, aux dépens du consortium Eurosam avec le SAMP/T, le tandem Raytheon/Lockheed-Martin avec le Patriot PAC-3 et Rosoboronexport, avec le S-300 PMU-2 d’Almaz-Antey.

Pour justifier cette décision, les autorités turques soulignèrent le prix très compétitif du système chinois et les possibilités offertes en matière de transferts de technologiques. Seulement, l’Otan trouva à y redire étant donné que le Hongqi-9/FD 2000 ne pouvait pas être compatible avec ses propres systèmes, sauf à communiquer des informations confidentielles à Pékin, comme par exemple les codes IFF (amis/ennemis).

Finalement, Ankara renonça à acquérir ces systèmes chinois, faute d’accord lors de la négociation du contrat. Des doutes sur les performances du Hongqi-9/FD 2000 furent même exprimés à demi-mots par Murad Bayar, alors secrétaire d’Etat turc aux Industries de défense. Arrivé en seconde position des évaluations turques dans le cadre de l’appel d’offres LORAMID, le SAMP/T d’Eurosam était alors pressenti pour remporter la mise.

Mais, dans le même temps, la Turquie afficha son intention de développer une solution nationale, en s’appuyant sur les entreprises Aselsan [électronique] et Roketsan [missile] et avec le concours d’un industriel « mondialement reconnu ». D’où l’attribution, en janvier, lors de la visite à Paris du président turc, Recep Tayyip Erdoğan, d’un contrat d’étude de définition d’un « futur système de défense aérienne » au consortium Eurosam.

Seulement, Ankara n’abandonna pas pour autant l’idée d’acquérir un système de défense aérienne pouvant être rapidement mis en service. Et c’est ainsi que les autorités turques ont commandé 4 batteries S-400 « Triumph » auprès de leurs homologues russes pour 2,1 milliards d’euros. Le tout avec des conditions avantageuses.

Or, l’Otan et les États-Unis, le choix du S-400 n’est pas plus acceptable que celui du Hongqi-9/FD 2000. D’où la pression mise sur Ankara pour l’inciter à renoncer à cette commande. Ainsi, le Congrès américain met désormais dans la balance la livraison des avions F-35A attendus par la force aérienne turque (et pour lequel la Turquie a massivement investi). Et cela d’autant plus qu’une loi américaine prévoit des sanctions contre tout pays faisant des affaires avec des entreprises d’armement russes.

Cela étant, Washington ne désespère pas de convaincre Ankara de renoncer aux S-400 russes. « L’objectif de notre point de vue est, avant tout, de faire en sorte que les systèmes achetés par nos alliés soient conformes aux relations stratégiques entre nous et nos alliés », a en effet assuré Tina Kaidanow, chargée des affaires politico-militaires au département d’Etat américain, le 16 juillet.

« Dans le cas de la Turquie, ce sont, de notre point de vue, les [systèmes] Patriot, et nous essayons de fournir aux Turcs une vision de ce qu’on peut faire au sujet des Patriot », a ajouté Mme Kaidanow.

« Peut-on convaincre nos amis et partenaires étrangers qu’il s’agit vraiment d’une question sérieuse? », a encore demandé la responsable américaine. « Nous espérons qu’ils en tiennent compte lorsqu’ils envisagent leurs acquisitions. Nous voulons qu’ils comprennent quels sont les inconvénients, les inconvénients réels et graves, de certains achats, notamment de l’acquisition de S-400 aux Russes, et qu’ils continuent plutôt de s’intéresser à nos systèmes pour donner la priorité à l’interopérabilité », a-t-elle fait valoir.

Reste que, pour le moment, la position d’Ankara est inflexible. « La Turquie a le dernier mot sur ces questions en tant que nation souveraine et elle décidera des systèmes de défense à acquérir où et de qui », a prévenu, fin juin, Ibrahim Kalin, le porte-parole de la présidence turque. « Il n’y a pas de retour en arrière, des accords ont été signés, des signatures ont été apposées, des systèmes de missiles S-400 seront livrés l’année prochaine, le transfert de technologie était l’une des chances les plus importantes pour nous. Nous ne voulons pas juste acquérir cette technologie, nous voulons la produire », a-t-il ajouté.

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