Otan : Pour M. Trump, les pays européens doivent augmenter leurs budgets militaires et… rembourser les États-Unis

Depuis qu’il est à la Maison Blanche (et même avant), Donald Trump ne cesse de critiquer obsessionnellement la faiblesse des dépenses militaires des pays membres de l’Otan.

Avant d’arriver à Bruxelles pour participer au sommet de l’Alliance, M. Trump en a remis une couche. « De nombreux pays de l’Otan, que nous sommes censés défendre, non seulement ne tiennent pas leur engagement de 2% (ce qui est bas), mais depuis des années sont défaillants dans leurs paiements qu’ils ne versent pas. Vont-ils rembourser les Etats-Unis? », a-t-il demandé via Twitter.

L’on pourrait répondre plusieurs choses à M. Trump. En premier lieu, les depenses militaires américaines ne servent pas uniquement à « défendre » l’Europe. Après les attentats du 11 septembre 2001, le budget du Pentagone a connu une hausse spectaculaire. En 2000, il s’élevait à 268,2 milliards de dollars, contre près de 700 millards aujourd’hui. Et pour cause : il fallait bien financer les interventions en Afghanistan, puis en Irak.

Ensuite, si les États-Unis font partie des membres fondateurs de l’Otan, c’est qu’ils y trouvaient un intérêt : celui de ne pas voir passer l’Europe occidentale sous domination soviétique. D’où le plan Marshall.

En outre, de nombreux pays européens se dotèrent, durant la Guerre Froide, d’équipements militaires américains. Si l’on veut être taquin, l’on pourrait dire qu’il y a en quelque sorte eu un retour sur investissement. Qui plus est, les bases américaines implantées sur le Vieux Continent facilitent les opérations (et les écoutes) menées par les États-Unis ailleurs dans le monde.

Autre argument : la « défense de l’Europe » ne coûte pas excessivement cher au contribuable américain. On peut même l’évaluer (au minimum) à 6,5 milliards de dollars : c’est ce que coûtera en effet l' »European Deterrence Initiative » (EDI) prévue dans le prochain budget du Pentagone.

Par ailleurs, des dépenses militaires élevées ne sont pas forcément synonyme d’efficacité. On peut dépenser 700 milliards de dollars… et en voir se dissiper une partie dans des rouages bureaucratiques, des dispositifs d’approvisionnement déficients, des décisions malheureuses. Si M. Trump cherche des économies, il peut en trouver facilement au sein du Pentagone. Mais il est vrai que son prédécesseur, Barack Obama, avait voulu s’y attaquer… sans succès.

Quant au financement de l’Otan, dont le budget est 1,573 milliards de dollars (dont 248 millions pour le volet civil), en homme d’affaires « avisé » qui a connu plusieurs faillites (sans l’être personnellement), M. Trump devrait savoir qu’il ne se fait pas en fonction des dépenses militaires de chaque État membre mais selon un partage des coûts en fonction du poids économiques de ces derniers. Cela étant, il est vrai que les États-Unis en sont les premiers contributeurs (22%), devant l’Allemagne (14%), la France et le Royaume-Uni (10,5%).

Alors, que devraient « rembourser » les Européens? D’autant plus que, depuis la Seconde Guerre Mondiale, plusieurs d’entre eux ont soutenu les États-Unis lors de graves crises. Ce fut le cas lors de l’affaire des missiles de Cuba, avec la France qui témoigna d’un soutien inconditionnel. Cela le fut aussi après les attentats du 11 septembre 2001, quand, pour la première fois, l’article 5 du traité de l’Atlantique-Nord (c’est à dire la clause de défense collective), fut invoqué. Même chose en 2003, au moment de la seconde guerre d’Irak. Et les Européens répondirent encore présent, à la hauteur de leurs moyens, pour aider les forces américaines en Afghanistan.

À Washingon, le Congrès n’est pas du tout sur la même longueur d’onde que M. Trump. Le Sénat a ainsi adopté, le 10 juillet, une motion « non contraignante » afin d’exprimer son soutien à l’Otan ainsi qu’à clause de défense collective. Il s’agit d’envoyer « un message important à nos alliés, nos partenaires et à nos adversaires pour montrer que les États-Unis sont résolus à soutenir l’Europe sous la menace d’une agression extéreure ainsi que l’ordre international fondé sur des règles qui ont asssuré la sécurité pendant des décennies », a expliqué son promoteur, le démocrate Jack Reed. Seuls deux sénateurs républicains, Rand Paul et Mike Lee, ont voté contre.

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