Corée du Sud : En annulant l’exercice Ulchi Freedom Guardian, le Pentagone va économiser 14 millions de dollars

Peu après avoir rencontré le chef du régime nord-coréen, Kim Jong-Un à Singapour, le 12 juin, le président américain, Donald Trump, avait annoncé la suspension des manoeuvres militaires ménées régulièrement par les États-Unis et la Corée du Sud.

Ayant qualifié ces exercices de « très provocateurs » (surtout vus de Pyongyang), M. Trump avait également justifié cette décision en expliquant qu’elle allait permettre « d’économiser énormément d’argent » parce que « nous payons des millions et millions de dollars pour les avions et tout ça. »

Plus tard, à l’antenne de chaîne de télévions ABC, M. Trump avait insisté sur le coût de ces manoeuvres. « Nous dépensons une fortune. Tous les deux mois, nous faisons des jeux de guerre avec la Corée du Sud et j’ai demandé : ‘combien ça coûte?’ Nous envoyons des avions de puis Guam. Nous bombardons des montagnes vides pour la pratique. J’ai dit : ‘Je veux arrêter ça et je vais arrêter ça' ».

Seulement, à y regarder de près, le gain financier attendu est dérisoire par rapport au budget du Pentagone…

Depuis le sommet de Singapour, l’exercice Ulchi Freedom Guardian, qui vise à préparer les forces américaines et sud-coréennes à une éventuelle invasion nord-coréenne, a officiellement été suspendu pour une durée indéterminée, avec l’idée que cette mesure permettra de faciliter les négociations sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne. Un objectif sur lequel Kim Jong-un s’est engagé, sans pour autant avoir accepté un quelconque calendrier pour démanteler son arsenal nucléaire et sans qu’aucun dispositif d’inspection et de contrôle n’ait été pour le moment mis en place.

Selon les calculs du Pentagone, l’annulation d’Ulchi Freedom Guardian devrait lui permettre d’économiser 14 millions de dollars seulement. S’il n’y a pas de petites économies, cela ne représente que 0,002% de son budget (700 milliards de dollars, en comptant le budget des opérations à l’étranger).

Ce chiffre a été avancé une première fois le 7 juillet par Carla Gleason, une porte-parole du Pentagone. « Le coût estimé de l’exercice [Ulchi Freedom Guardian] devait être d’environ 14 millions de dollars », a-t-elle dit. « Des exercices conjoints majeurs impliquant des forces qui voyagent autour du globe pour participer à des manoeuvres avec nos alliés et partenaires pendant plusieurs semaines ou même plusieurs mois peuvent coûter jusqu’à 20 millions de dollars ou plus », a-t-elle ajouté.

Puis ce montant de 14 millions de dollars a été confirmé par le colonel Rob Manning, un autre porte-parole du Pentagone, ce 10 juillet. Pour autant, il n’a pas précisé comme le calcul avait été fait.

Cependant, faute d’économies significatives, l’annulation de l’édition 2018 d’Ulchi Freedom Guardian pourrait permettre d’obtenir des gains diplomatiques. C’est ce que veut croire la présidence sud-coréenne, pour qui cette mesure est susceptible de faciliter les négocations en cours entre Washington et Pyongyang.

S’agissant de ces dernières, rien ne dit qu’elles aboutiront. Après une visite de Mike Pompeo, le chef de la diplomatie américaine, à Pyongyang, le 5 juillet, le ministère nord-coréen des Affaires étrangères s’est fendu d’une déclaration tonitruante.

« Les États-Unis commettent une erreur fatale s’ils considèrent que la République populaire démocratique de Corée [la Corée du Nord, ndlr] se doit d’accepter […] des demandes qui reflètent leur état d’esprit de gangster », a en effet affirmé la diplomatie nord-coréenne, fustigeant au passage des « demandes unilatérales et avides » de la part de Washington.

Dans le même temps, le renseignement américain a émis de sérieux doutes sur la volonté de Kim Jong-un de renoncer à son arsenal nucléaire. La Defense Intelligence Agency [DIA] estime ainsi que les autorités nord-coréennes « étudient les moyens de tromper » la partie américaine « sur le nombre d’ogives nucléaires et de missiles, ainsi que sur les types et le nombre de leurs installations, considérant que les États-Unis ne sont pas au courant de leurs activités. »

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