Le Parlement allemand donne (enfin) son feu vert à la location de 5 drones Heron TP pour la Bundeswehr

Le Bundestag [chambre basse du Parlement allemand, ndlr] a enfin donné son feu à la location de cinq drones MALE [Moyenne Altitude Longue Endurance] Heron TP auprès du groupe israélien IAI pour, au minimum, 900 millions d’euros. Airbus en assurera la maintenance.

En 2012, le bruit courait que Berlin envisageait d’acquérir des drones Heron TP pour remplacer les Heron 1 alors utilisés par la Bundeswehr dans le cadre d’un contrat de location. À l’époque, l’état-major allemand hésitait avec le MQ-9 Reaper du constructeur américain General Atomics.

Puis, le dossier s’enlisa jusqu’en juillet 2016, avec la confirmation par la ministre allemande de la Défense, Ursula von der Leyen, de l’existence d’un projet visant finalement à louer cinq Heron TP en guise de solution temporaire. Il était nécessaire pour la Bundeswehr de combler un déficit capacitaire en attendant l’entrée en service du MALE RPAS, le drone européen développé par Airbus, Dassault Aviation et Leonardo.

L’on pensait alors que les choses iraient vite. Peine perdue! En effet, General Atomics déposa un recours pour contester le choix de Berlin en faveur du Heron TP. Une procédure étant en cours, il était donc impossible d’avancer. Finalement, le constructeur américain fut débouté d’abord par l’Office fédéral des ententes, puis par le tribunal de Düsseldorf.

Seulement, le chemin n’était pas dégagé pour autant. Comme le Heron TP peut éventuellement être armé et que, au printemps 2017, des élections législatives se profilaient à l’automne, les députés du Parti social-démocrate refusèrent de voter l’enveloppe budgétaire devant permettre de signer le contrat de location avec IAI.

En effet, le contrat contenait un clause confidentielle prévoyant l’achat d’une soixantaine de missiles destinés aux Heron TP loués par la Bundeswehr ainsi que la formation des opérateurs allemands sur la base israélienne de Tel Nof. De quoi raviver le débat sur l’opportunité d’armer ces drones MALE et, dans le même temps, de redonner un peu de lustre au clivage gauche/droite au Bundestag (clivage un peu estompé étant donné que conservateurs de la CDU/CSU et les sociaux-démocrates gouvernaient ensemble, comme c’est encore actuellement le cas).

Résultat : ce dossier allait attendre les élections de septembre et l’installation d’un nouveau gouvernement. Finalement, après des mois de négociations entre la CDU/CSU et le SPD pour se mettre d’accord sur une coalition gouvernementale, les députés sociaux démocrates ont donc consenti, à l’instar de leurs collègues chrétiens démocrates et de l’AfD, de voter les crédits nécessaires pour louer les cinq Heron TP. La gauche radicale (Die Linke) et les Verts s’y sont opposés tandis que les libéraux se sont abstenus.

Quant à la question de l’armement de ces drones, elle sera examinée « plus tard », lors d’une discussion publique demandée par le SPD. « Un drone de reconnaissance non armé ne vaut pas l’investissement d’un milliard d’euros. […] La capacité offensive représente la ‘valeur ajoutée’ qui justifie le prix élevé », avait plaidé, l’an passé, le ministère allemand de la Défense.

Justement, à gauche, on estime que louer des drones pouvant être armés est une manière de trancher le débat voulu par le SPD. « C’est une feuille de vigne politique », a réagi Tobias Lindner, des Verts.

Cela étant, le drone européen MALE RPAS, dont une partie des spécificités techniques a été imposée par l’Allemagne (notamment au niveau de la double motorisation), pourra être armé. Mais d’ici là, peut-être que cela ne posera plus de problème de conscience chez certains élus allemands.

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