L’annonce de M. Trump sur la fin des exercices en Corée du Sud prend les alliés des États-Unis au dépourvu

L’exercice militaire multinational « Ulchi Freedom Guardian », organisé chaque année par les forces américaines et sud-coréennes, aura-t-il lieu à la fin du mois d’août, comme prévu? La question se pose après les propos tenus par le président américain, Donald Trump, alors qu’il venait de rencontrer Kinm Jong-un, le chef du régime nord-coréen, le 12 juin, à Singapour.

« Alors que nous sommes en train de négocier un accord global, très complet, je crois qu’il n’est pas approprié d’avoir des exercices militaires », a en effet lancé M. Trump. Allant jusqu’à qualifier les « jeux de guerre » entre les forces américaines et sud-coréennes de « très provocateurs » à l’égard de la Corée du Nord, il a aussi estimé qu’une telle mesure permettrait aux États-Unis « d’économiser énormément d’argent ».

Cependant, M. Trump a mis une condition : il sera mis un terme à ces exercices « sauf si nous constatons que les futures négociations ne se passent pas comme elles le devraient », a-t-il dit. Par ailleurs, le chef de la Maison Blanche a également évoqué le retrait des 30.000 soldats américains affectés en Corée du Sud. Mais « cela ne fait pas partie de l’équation pour le moment », a-t-il dit, avant d’ajouter qu’il espérer que « ça le sera finalement. »

Reste que Kim Jong-un n’en demandait pas tant. Au point que rien n’a été dit à ce sujet dans la déclaration finale qu’il a signé à l’issue de son entretien avec le président américain. L’arrêt des exercices – défensifs – menés par les forces américaines et sud-coréennes est une revendication ancienne de Pyongyang, qui voit dans leur organisation des « préparatifs » en vue d’une invasion.

En échange, M. Trump n’a rien obtenu de tangible, si ce n’est l’engagement Kim Jong-un en faveur d’une dénucléarisation de la péninsule coréenne, ce qui passe par la fin du parapluie nucléaire américain pour la Corée du Sud et aussi (et surtout) par l’abandon de l’arme nucléaire que Pyongyang a mis des années à développer. Or, aucun calendrier pour atteindre cet objectif n’a été fixé, pas plus qu’il n’est question, pour le moment du moins, d’un quelconque mécanisme de vérification et de contrôle.

Par ailleurs, rien n’a été dit non plus sur la menace conventionnelle nord-coréenne, sachant que Pyongyang dispose d’une armée forte de plus d’un million de soldats (et l’on ne compte pas ses 5 à 7 millions de réservistes. Certes, les équipements de cette dernière sont en grande partie obsolètes… Mais elle dispose tout de même de de 10.000 à 13.000 pièces d’artillerie (de quoi raser Séoul) et d’un certain nombre de missiles balistiques pouvant emporter des armes chimiques.

Aussi, l’annonce de M. Trump a pris au dépourvu non seulement le Pentagone mais aussi les alliés des États-Unis dans la région. « Nous maintiendrons notre posture militaire tant que nous n’aurons pas reçu de nouvelles instructions du département de la Défense et/ou du commandement Indo-Pacifique [IndoPacom] », a fait savoir le commandement des Forces américianes en Corée du Sud [USFK].

A priori, les autorités sud-coréennes n’avaient pas été préalablement mises au courant de la décision du président américain. « Les réactions de la Corée du Sud jusqu’ici suggèrent que (Séoul) n’a pas donné son accord à tout ceci », a ainsi souligné Bruce Bennett, un analyste de la Rand Corporation.

Au Japon, l’annonce de M. Trump a été reçue avec inquiétude. « Les exercices et la présence militaire américaine jouent un rôle vital dans la sécurité de l’Asie de l’Est », a ainsi estimé Itsunori Onodera, le ministre japonais de la Défense. « Il n’y a pas de changement dans notre politique consistant à faire pression » sur la Corée du Nord, a-t-il par ailleurs continué, estimant qu’il fallait attendre des « actions concrètes » de la part de Pyongyang au sujet de ses ambitions nucléaires et balistiques.

Pour Tokyo, l’on craint avant toute chose de se retrouver en première ligne face à la Chine et à la Corée du Nord dans le cas où M. Trump déciderait un retrait militaire de Corée du Sud et du Japon, où, qui plus est, le dossier des personnes enlevées dans les années 1970-80 par les services secrets nord-coréens reste sensible.

« Il faut absolument éviter de dissocier la sécurité du Japon de celle des États-Unis. C’est depuis longtemps l’objectif de la Chine et de la Corée du Nord. Et nous ne pouvons nous permettre de tomber dans ce terrible piège », explique ainsi Richard Armitage, ex-haut diplomate américain.

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