Syrie/Turquie : Les milices kurdes syriennes annoncent leur retrait de la ville stratégique de Manbij

En août 2016, les Forces démocratiqes syriennes [FDS], c’est à dire l’alliance formé par les milices kurdes des YPG [ Unités de protection du peuple, ndlr] et des groupes arabes armés et soutenu par la coalition anti-jihadiste dirigée par les États-Unis, portèrent un coup sévère à l’État islamique (EI ou Daesh) en le chassant de la ville de Manbij, située dans le nord de la Syrie.

En effet, cette localité était alors un verrou stratégique entre la frontière turque et Raqqa, c’est à dire la capitale du « califat » auto-proclamé par Abou Bakr al-Baghdadi, le chef de Daesh. Seulement, cette victoire des FDS – et surtout des milices kurdes – entraîna une réaction de la Turquie, qui lança dans la foulée l’opération « Bouclier de l’Euphrate », avec les groupes rebelles qu’elle soutenait.

Dans un premier temps, l’armée turque et ses alliés attaquèrent les positions de l’EI à Jarabulus (que les cadres jihadistes avaient précemment quittée) et obtinrent un succès rapide. Puis ce fut au tour de Dabiq de passer sous leur contrôle. Les choses se compliquèrent à al-Bab, où les jihadistes opposèrent une vive résistance pendant plusieurs semaines.

Cependant, l’opération « Bouclier de l’Euphrate » visait plus à empêcher les Kurdes syriens d’établir une continuité territoriale le long de la frontière turque que de « nettoyer » la région de la présence de Daesh. Et, après la prise d’al-Bab, Ankara ne cacha plus ses intentions de lancer une offensive en direction de Manbij.

Mais ce projet fut mis en échec. Comme la bataille de Raqqa restait à mener, les États-Unis apportèrent leur soutien aux FDS en déployant des forces spéciales à Manbij. En outre, la Russie s’y opposa également. Aussi, en mars 2017, Ankara mit un terme à son opération, considérant qu’elle avait finalement atteint trois objectifs essentiels : les Kurdes syriens ne purent faire la jonction entre les différentes cantons passés sous leur contrôle, l’EI était chassé de la frontière et une zone de sécurité fut instaurée.

Dix mois plus tard, l’EI ayant été chassé de Raqqa, la Turquie revint à la charge en lançant l’offensive « Rameau d’olivier » contre le canton kurde d’Afrin, le plus isolé. Et cela, probablement avec l’accord de la Russie. Et, le président turc, Recep Tayyip Erdogan menaça à plusieurs reprises d’envoyer ses troupes et leurs obligés marcher sur Manbij. Et à nouveau, il y eut un bras de fer entre Ankara et la coalition anti-jhadiste (notamment avec les États-Unis et la France).

Ainsi, et alors que l’opération « Rameau d’olivier » à Afrin détournait les FDS du combat contre l’EI, Washington et Paris envoyèrent leurs forces spéciales à Manbij afin d’y dissuader toute offensive turque.

Finalement, le 4 juin, Washington a indiqué que, s’agissant du sort de Manbij, le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, et Mevlüt Çavuşoğlu, avaient « approuvé une feuille de route et souligné leur engagement mutuel à sa mise en oeuvre ». Sans plus de détails.

A priori, les discussions auraient porté sur un plan en trois étapes prévoyant le retrait des milices kurdes syriennes de Manbij, la mise en place d’une administration locale et la supervision de la sécurité régionale par les forces turques et américaines.

Et visiblement, l’on se dirige effectivement vers ce dénouement puisque les Unités de protection du peuple ont annoncé, ce 5 juin, leur retrait de Manbij. Pour justifier cette décision, elles ont expliqué que leurs « conseillers militaires » avaient rempli leur mission qui consistait à former des combattants anti-jihadistes locaux après « deux plus de deux de travail continu avec le Conseil militaire de Manbij ».

Reste maintenant à voir ce que feront les forces spéciales françaises, qui avaient récemment été renforcées en Syrie pour épauler leurs homologues américaines dans ce secteur.

Après l’offensive turque contre Afrin, a récemment expliqué le quoditien Le Monde, les militaire avaient « convaincu Emmanuel Macron de se redéployer à Manbij, la cible suivante d’Ankara, avec des renforts américains » car « pour les Français, il n’était ni moralement, ni stratégiquement souhaitable que la coalition lâchât les FDS, seules capables de tenir le nord-est syrien dans la durée. »

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