Google renonce à collaborer avec le Pentagone sur un projet d’intelligence artificielle pour les drones

Une pétition lancée en février et signée depuis par plus 4.000 de ses employés demandait à Google de renoncer au programme « Maven », mené dans le cadre d’un contrat d’une dizaine de millions de dollars que lui avait attribué le Pentagone.

« Nous croyons que Google ne devrait pas intervenir dans le business de la guerre. […] Par conséquent, nous demandons que le projet Maven soit annulé, et que Google rédige, publie et applique une politique claire stipulant que ni Google ni ses sous-traitants ne construiront jamais une technologie de guerre », ont écrit les auteurs de cette pétition.

Le projet « Maven » consiste pour Google à permettre au Pentagone d’utiliser des outils « open source » [libres, ndlr] d’apprentissage automatique de sa plateforme TensorFlow, afin de développer des applications d’intelligence artificielle pour analyser des images collectées par des drones afin de mieux distinguer les humains des objets.

Or, pour les signataires de la pétition en question, comme pour l »Electronic Frontier Foundation et le Comité international pour le contrôle des armes-robots (ICRAC), cette technologie de reconnaissance d’images serait susceptible, à terme, d’être utilisée pour des frappes de drones, lesquels seraient en mesure d’agir de façon autonome.

Un « risque » que la direction de Google avait jusqu’à présent relativisé, parlant d’une programme « non offensif » et d’une technologie devant être utilisée « pour signaler des images dans le but de sauver des vies et soulager des gens d’un travail très fastidieux. »

« Nous savons que l’utilisation des nouvelles technologies ouvre de nombreuses questions. Par conséquent, ces discussions – avec les employés et les experts externes – sont extrêmement importantes et bénéfiques », avait même fait valoir un porte-parole du groupe.

Finalement, le géant de Mountain View a cédé devant la pression de ses 4.000 employés hostiles au projet Maven [en 2013, près de 54.000 personnes travaillaient à plein temps chez Google, qui reçoit chaque jour 3.500 CV, ndlr].

Selon le New York Times et Gizmodo, Google a décidé de ne pas renouveller ce contrat avec la Pentagone quand il arrivera à échéance, c’est à dire l’an prochain. Reste que, a priori, des technologies issues du projet Maven auraient déjà été utilisées en opération, notamment contre l’État islamique (EI ou Daesh) (*)

Toutefois, cela ne va pas dire que Google renonce à toute relation avec le Pentagone. Ainsi, membre du conseil d’administration d’Alphabet [la maison-mère du moteur de recherche, ndlr], Eric Schmidt fait partie du Conseil d’innovation de la Défense, tout comme Milo Medin, l’un des vice-présidents de Google.

(*) Les Échos du 06/04/2018

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