Syrie : La coalition anti-jihadiste accusée d’avoir frappé des positions tenues par les forces pro-régime

L’agence de presse officielle syrienne SANA a accusé, ce 24 mai, la coalition anti-jihadiste dirigée par les États-Unis d’avoir visé des positions tenues par les forces pro-Assad dans la province de Deir ez-Zor.

« Certaines de nos positions entre Al Boukamal et Houmeima ont été exposées aujourd’hui à l’aube à une agression lancée par des avions de la coalition américaine », a en effet affirmé une source militaire syrienne, citée par SANA. Selon cette dernière, ces frappes n’auraient causé que des « dégâts matériels ».

Ces frappes auraient eu lieu près de la station de pompage T2, près de la frontière irakienne, 24 heures après une attaque de l’État islamique (EI ou Daesh) contre des positions militaires syriennes dans ce secteur.

Cela étant, l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), qui dispose d’un réseau de correspondants en Syrie, a assuré qu’au moins « 12 combattants non syriens » avaiet été tués lors de ces frappes attribuées à la coalition anti-jihadiste. « Trois véhicules ont été en outre détruits », a-t-il ajouté.

La province de Deir ez-Zor est traversée par une ligne dite de « déconfliction », établie par l’état-major des forces russes en Syrie et celui de la coalition anti-jihadiste. Ainsi, les troupes pro-régime sont présentes sur la rive Ouest de l’Euphrate tandis que les Forces démocratiques syriennes (FDS), sont déployées sur la rive Est de ce fleuve.

Actuellement, avec le soutien de la coalition, les FDS ont lancé l’opération « Roundup », qui vise à réduire les dernières positions encore tenues par Daesh dans cette province, près de la frontière avec l’Irak. La semaine passée, plusieurs frappes aériennes y ont été effectuées, notamment dans les secteurs d’Al Boukamal [.pdf].

En revanche, la localité de Houmeima (position exacte : 34°28’0″ N 39°46’0″ E), est éloignée d’Al Boukamal. Et, a priori, il n’y pas de présence jihadiste dans ses environs immédiats. D’après une source militaire au sein des forces pro-régime, citées par l’AFP, les frappes en question « ont ciblé deux positions près d’une ligne de front avec l’EI. »

Par le passé, la coalition a déjà visé des forces pro-régime dans la province de Deir ez-Zor. Ce fut en effet le cas en septembre 2016, à cause d’une méprise (des soldats syriens ayant été pris pour des jihadistes) et en février dernier. Sauf que pour cette dernière fois, il s’agissait d’empêcher une attaque contre les FDS.

Toutefois, et pour le moment, la coalition anti-EI n’a pas confirmé les frappres qui lui ont été attribuées. Seul le capitaine Bill Urban, un porte-parole de l’US Centcom, le commandement militaire américain pour l’Asie centrale et le Moyen-Orient, a affirmé n’avoir « aucun rapport opérationnel sur une frappe de la coalition contre des cibles ou des forces du régime pro-syrien. » Un responsable du Pentagone, sous couvert d’anonymat, a dit la même chose.

Par ailleurs, de récents propos tenus par le président russe, Vladimir Poutine, suscitent de nombreux commentaires – en se basant sur des interprétations différentes – depuis quelques jours. Après avoir rencontré Bachar el-Assad, la semaine dernière, le chef du Kremlin s’était dit « favorable à une activation du processus politique » tout en souhaitant, grâce à cela, « le retrait des forces armées étrangères », sans pour autant préciser lesquelles. D’où la confusion.

Certains y ont vu une prise de distance de Moscou à l’égard de Téhéran, qui, sur le territoire syrien, a déployé l’unité al-Qods ainsi que d’autres capacités (missiles et drones) tout en soutenant des milices chiites. Et ils ont été confortés par Alexandre Lavrentiev, l’émissaire russe pour la Syrie, pour qui les propos de M. Poutine concernaient « les Américains, les Turcs, le Hezbollah bien-sûr et les Iraniens. »

Seulement, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a ensuite contredit ce dernier en affirmant que la remarque du président russe visait « les troupes étrangères présentes en Syrie « de manière illégitime du point de vue du droit international » (et surtout du point de vue de Moscou et de Damas).

Quoi qu’il en soit, pour le régime syrien, la présence iranienne en Syrie n’est pas un sujet. « Le gouvernement syrien a appelé des forces alliées et amicales pour la lutte contre le terrorisme. Parmi ces forces figurent les forces russes et iraniennes, des conseillers iraniens et nos frères du Hezbollah », a déclaré Fayçal Mokdad, le vice-ministre syrien des Affaires étrangères, dans un entretien donné le 23 mai à l’agence russe RIA. « Ils ne portent pas atteinte à la souveraineté et au territoire de la Syrie, je ne pense pas que nos amis russes voulaient parler des forces qui sont entrées en Syrie avec l’accord du gouvernement syrien », a-t-il ajouté.

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