Mais que devient le musée de l’Infanterie?

L’armée de Terre compte actuellement plusieurs musées relatifs à l’histoire de ses différentes armes qui la composent (Cavalerie et Blindés à Saumur, Artillerie à Draguignan, Troupes de Marine à Fréjus, Légion étrangère à Aubagne, Train à Tours, Transmissions à Cesson-Sévigné, Troupes aéroportés à Pau, Troupes de Montagne à Grenoble, Matériel à Bourges et Génie à Angers). Et l’on peut ajouter le musée du Sous-officier à Saint-Maixent et celui du Souvenir à Saint-Cyr Coëtquidan.

À l’occasion de la nuit européenne des musées, plusieurs d’entre eux (7, selon le programme de l’armée de Terre) seront ouverts de 18 heures à minuit pour des visites gratuites et proposeront des expositions temporaires et des animations.

Cependant, et alors qu’elle a participé à toutes les batailles menées par la France, quelles que soient les époques, et payer un lourd tribut lors de la Première Guerre Mondiale, dont l’on commémore le centenaire, l’Infanterie n’a actuellement pas de musée. Enfin, elle n’en a plus.

En effet, quand l’École d’Infanterie a été transférée de Montpellier à Draguignan, en 2009, le musée qui lui était associé depuis sa création, quarante ans plus tôt, au quartier Lepic, a dû fermer ses portes, alors qu’il accueillait plus de 15.000 visiteurs chaque année.

Pendant un temps, il fut question d’installer ce musée à Neuf-Brisach, en Alsace. Seulement, les collectivités locales concernées ne donnèrent pas de suite à ce projet, faute de financements. Il fallait en effet au minimum 10 millions d’euros pour aménager la caserne Suzonni, inscrite sur la liste des monuments historiques en 1989.

En 2016, il fut annoncé que le musée de l’Infanterie rejoindrait finalement Draguignan (ce qui était logique) afin de constituer, avec celui de l’Artillerie, un « pôle muséal » devant être inauguré en 2019-2020, voire en 2021.

Un an plus tard, l’Association des amis du musée de l’Infanterie (AMI) a été créée, à l’initiative du général (2S) Dominique Barlet et de Me Claude Giannesini, également président de l’Union nationale des offociers de réserve. Et cela avec un « rôle d’appui dans l’action du musée mais aussi de communication. »

Seulement, dans le numéro 39 de la revue « Fantassins », éditée par l’École d’Infanterie, le général Barlet a sonné le tocsin. Après avoir souligné que la création d’un pôle muséal sur le site des Écoles militaires de Draguignan est une opération « lourde et coûteuse », il a déploré le manque de crédits pour le mener à bien.

« La conjoncture actuelle n’est pas favorable. Les budgets militaires extrêmement serrés répondent aux priorités opérationnelles. Quant aux organes territoriaux, principaux pourvoyeurs de fonds pour le milieu associatif, ils subissent de plein fouet les économies drastiques imposées par le gouvernement. Il en est de même pour le mécénat, en perte de vitesse, et l’appel aux dons », a écrit le général Barlet.

« L’analyse des difficultés rencontrées pour financer un tel projet met en lumière une forme de paupérisation des sources réglementaires et traditionnelles de financement. C’est ce cadre contraint qui pourrait mettre en péril l’avenir de notre musée », a-t-il encore prévenu, avant d’évoquer « l’éventuelle disparition » du musée de l’Infanterie.

« En ces temps où le soldat cherche reconnaissance et légitimité; en ces temps où la Nation est à la peine pour retrouver ses valeurs; en ces temps où il est essentiel de comprendre le passé pour préparer le futur, accepterait-on sans mot dire de voir sombrer le musée de l’Infanterie et engloutir les valeurs qu’il renferme? », a demandé le général Barlet.

Et de conclure : « Trop de retards se sont accumulés à propos de notre musée dont l’avenir passe aussi par votre générosité et votre soutien. Il est temps d’avoir une vision cohérente sur l’avenir des musées de Draguignan et particulièrement sur celui de l’Infanterie. Ne commettons pas l’irréparable. »

Pour le moment, seule une salle d’honneur de l’Infanterie, inaugurée en 2013, existe. Mais elle ne peut pas être considérée comme un musée.

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