Les forces afghanes ont perdu 18.000 combattants en un an

Ce 16 mai, selon Kaboul, l’armée nationale afghane [ANA] et les forces américaines ont repoussé l’offensive lancée la veille par les talibans contre Farah, la capitale de la province du même nom.

« Les talibans ont été forcés de quitter la ville autour de minuit, après l’arrivée de renforts de Herat et de Kandahar. Nous avons commencé à quadriller la ville », a ainsi affirmé Aref Rezaee, le porte-parole du 207e corps de l’ANA. Des « forces de l’Otan sont présentes à l’aéroport de Farah, en appui à l’armée afghane », a-t-il précisé.

Le soutien de l’Otan, essentiellement américain, s’est traduit par des frappes aériennes menées par des drones. Les avions d’attaque A-10 Warthog, sollicités, n’auraient fait que des démonstrations de force.

« L’ennemi voulait piller la banque, attaquer la prison, les quartiers généraux de la police et des renseignements et le bureau du gouverneur, mais ils ont échoué », a expliqué Najib Danish, un porte-parole du ministère afghan de l’Intérieur.

Pour autant, la situation reste incertaine. « Les talibans ont été repoussés hors de la ville et ont positionné leurs forces aux alentours », a indiqué, rapporte l’AFP, Dadullah Qani, un membre du conseil provincial.

Le mouvement taleb, qui a mobilisé un nombre important de combattants lourdement armés et utilisant des véhicules pris à l’ANA et à la police afghane, a attaqué Farah selon trois axes, dans un mouvement coordonné. Des images publiés sur les réseaux sociaux ont suggéré qu’ils avaient réussi à atteindre le centre-ville.

Cet assaut dément les affirmations de Resolute Support, la mission de l’Otan en Afghanistan, qui a la fâcheuse tendance à minimiser les avancées talibanes. En janvier, son chef, le général Nicholson s’était félicité d’un « certain nombre de succès » face au mouvement taleb parce que ce dernier n’avait pas été en mesure, comme les deux années précédentes, à s’emparer ou à menacer une capitale provinciale. Sauf que cela ne figurait pas dans les objectifs de son offensive de printemps, lancée en avril 2017.

En revanche, les talibans avaient déclaré que leur intention était de prendre le contrôle des districts ruraux (ou d’accentuer leur mainmise sur ceux qu’ils venaient de conquérir) afin de pouvoir ensuite mettre sous pression les centres urbains. C’est donc cette stratégie, décrite un an plus tôt par le le mollah Aminullah Yousuf, le gouverneur taleb « fantôme » de la province d’Uruzgan, qui a été a priori appliquée à Farah.

L’Inspection générale pour la reconstruction de l’Afghanistan (SIGAR), dirigée par John F. Sopko, qui ne passe pas pour pratiquer la langue de bois, tente, chaque trimestre, de donner une image précise de la situation afghane.

Dans son dernier rapport, publié le 30 avril, elle avait fait état d’une baisse de 10% des effectifs des forces de sécurité afghanes (armée et police). Soit une diminution de 18.000 hommes. Cependant, elle a depuis corrigé cette estimation, basée sur des chiffres « incorrects » fournis par les forces américaines en Afghanistan (USFOR-A).

Ainsi, selon cette correction, les forces afghanes ont perdu près de 18.000 hommes entre janvier 2017 et janvier 2018. « Ces nouveaux chiffres montrent toujours que les forces afghanes ont décliné fortement entre janvier 2017 et janvier 2018 – de 17.980 personnes -, mais pas aussi brutalement » que précédemment annoncé, a fait valoir le SIGAR.

Cette rectification constitue « le dernier d’une série de problèmes auxquels le Sigar a fait face quant aux réponses du département de la Défense (américain) à ses demandes d’information concernant les forces afghanes », a fait valoir John Sopko.

La différence entre les deux estimations s’expliquerait par l’oubli des forces américaines du transfert de la plupart des éléments de la Force frontalière afghane vers l’ANA.

Toujours est-il que les effectifs des forces afghanes ont fortement diminué en un an, en raison des pertes qu’elles sont subies mais aussi du taux important de désertion.

À noter que le SIGAR ne donne plus l’ampleur des pertes des forces afghanes, à la demande de Kaboul.

Quoi qu’il en soit, cette baisse des effectifs ne préoccupe pas James Mattis, le chef du Pentagone. Interrogé sur les chiffres donnés par le SIGAR le 30 avril (et qui ont donc été corrigés), il avait estimé que les forces afghanes avaient été en réalité « renforcées » grâce à la création d’unités spéciales.

« L’armée afghane est plus compétente. […] Vous remarquerez que la plupart des forces sont des forces spéciales, conseillées et assistées, accompagnées par des tuteurs de l’Otan et elles sont les forces les plus efficaces », avait affirmé M. Mattis, en s’adressant à des journalistes.

Reste que, selon le SIGAR, l’autorité du gouvernement afghan ne s’exerce plus que sur 56,3% des 407 districts que compte le pays, le reste étant contrôlé (14,5%) ou contesté par les taliban.

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