Décès du compagnon de la Libération Claude Raoul-Duval, ancien pilote du groupe de chasse Alsace

Ancien du groupe de chasse Alsace, Claude Raoul-Duval était le dernier représentant des pilotes des Forces aériennes françaises libres (FAFL) parmi les Compagnons de la Libération encore en vie. Il vient malheureusement de s’éteindre à Saint-Mandé, à l’âge de 98 ans.

Arrière petit-fils Edgar Raoul-Duval, magistrat et député de l’Union des droites au début de la IIIe République, Claude Raoul-Duval voit le jour à Paris, le 22 octobre 1919, au sein d’une famille d’entrepreneurs (son père est négociant en import-export). Après avoir obtenu son Baccalauréat, il est admis à l’École de l’Air en 1939.

Sous-lieutenant au moment de la campagne de France (mai-juin 1940), Claude Raoul-Duval ne peut se résoudre à la défaite. Il tente alors de rejoindre l’Afrique du Nord avec l’espoir de continuer le combat. Mais, à Bordeaux, il ne peut prendre place à bord du paquebot Massilia qui, le 21 juin, embarquera finalement une vingtaine de parlementaires à destination de Casablanca.

Aussi, le jeune pilote décide changer ses plans et de se rendre en Angleterre, qu’il gagnera à bord du Nettie, un bateau néerlandais qui rallie Falmouth. Une fois à Londres, il s’engage immédiatement dans les Forces aériennes françaises libres (FAFL).

Après un entraînement qui durera un an dans les écoles de la Royal Air Force (RAF), le sous-lieutenant Raoul-Duval est affecté au groupe de chasse Alsace, qui vient d’être formé au Liban. C’est ainsi qu’il prend part aux opérations en Libye, en effectuant 50 missions de guerre à bord d’un Morane-Saulnier MS.406, puis d’un Hawker Hurricane.

En janvier 1943, le groupe Alsace, sous le nom de Squadron 341, prend ses quartiers en Écosse à Turnhouse, où ses pilotes s’entraînent avec des Spitfire. Puis, sous les ordres du commandant René Mouchotte, il s’installe à Biggin Hill, au sud de Londres.

Seulement, Claude Raoul-Duval n’aura pas l’occasion de bien connaître le commandant Mouchotte. Le 17 avril 1943, il est abattu au-dessus du Havre lors d’un combat aérien. Malgré ses blessures aux jambes, causées par des éclats d’obus, il parvient à sauter en parachute. Tombé dans un arbre, il évite d’être capture par les Allemands [ce qui inspirera, en 1949, une séquence du film « Le Grand cirque« ].

Ayant réussi à prendre contact avec son père, qui fait alors partie du réseau Comète, dont l’une des activités est de faire évader les aviateurs alliés abattus au-dessus de la France, Claude Raoul-Duval retrouve l’Angleterre en novembre 1943, après avoir dû traverser, à pied, les Pyrénées et l’Espagne en compagnie de quatre pilotes américains, 2 officiers français et de sa femme Josette, qu’il a épousée quelques mois plus tôt.

Sans tarder, il retrouve le groupe Alsace et ses camarades, qui le croyaient mort, mais pas le commandant Mouchotte, tué en combat aérien au-dessus de la Manche, le 27 août 1943. Au cours de l’année suivante, Claude Raoul-Duval prend part à toute les opérations de son unité, que ce soit en Angleterre, en France, en Belgique et aux Pays-Bas. Il effectue 76 sorties « offensives » en territoire ennemi, dont 2 le jour du Débarquement en Normandie.

Démobilisé après la capitulation allemande avec les galons de capitaine, comptant 160 missions et 220 heures de vol de guerre à son actif, Claude Raoul-Duval entame une carrière civile riche, exerçant plusieurs métiers sous des latitutes différentes.

D’abord employé de commerce, l’ancien pilote est successivement directeur technique de la Société Commerciale du Kouilou Niari (S.C.K.N) au Congo, directeur régional des automobiles Berliet à Lagos [Nigeria], puis à Alger, directeur général de J.A. Goldschmidt do Brazil à Sao Paulo, banquier au Crédit Lyonnais puis représentant de la Banca Populare di Novera à Paris.

Compagnon de la Libération et Grand Officier de la Légion d’Honneur, Claude Raoul Duval était également titulaire de Croix de Guerre 39/45 (avec 4 citations), de la Distinguished Flying Cross et de l’Air Medal. Pour l’anecdote, il était le beau-frère de l’écrivain Roger Nimier (l’auteur du « Hussard Bleu »), sa soeur, Nadine, ayant épousé l’écrivain dans les années 1950.

Lire : Portés Disparus. Claude Raoul-Duval, Philippe Béraud Destins croisés, 1940-1943 par Patrick Collet, Heimdal, Bayeux, 2014, 223 pages, 36 euros

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