Les États-Unis se retirent de l’accord relatif au programme nucléaire iranien


Avec quatre jours d’avance, et malgré les appels de la France, du Royaume-Uni et de l’Allemagne, le président américain, Donald Trump, a annoncé le retrait des États-Unis de l’accord sur le programme nucléaire iranien, conclu laborieusement à Vienne, le 14 juillet 2015.

« Aucune action prise par le régime [iranien] n’a été plus dangereuse que la recherche nucléaire et ses moyens d’utiliser l’arme nucléaire. Cet accord devait protéger les Etats-Unis et ses alliés de l’arme nucléaire iranienne. Il a permis à l’Iran de continuer à enrichir l’uranium, et de ne pas avoir de sanctions économiques. Il n’a pas permis de limiter les autres activités de l’Iran dans d’autres parties du monde. Cet accord désastreux a permis de donner au régime terroriste des milliards de dollars en cash », a expliqué le président Trump pour justifier sa décision.

D’après l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), l’Iran aurait respecté ses engagements pris dans le cadre de l’accord de Vienne.

Pour autant, M. Trump s’appuie sur les « preuves » présentées la semaine passée par le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, pour affirmer que Téhéran a menti sur ses intentions. Or, ces documents, subtilisés par le Mossad en janvier dernier à Téhéran, n’ont rien appris de nouveau, si ce n’est que les dirigeants iraniens ont tenu un double discours avant de signer l’accord de Vienne.

Par ailleurs, si Téhéran a multiplié les promesses d’investissements après la signature de l’accord, ces dernières tardent à se concrétiser. Selon la Banque mondiale, le montant net des investissements directs étrangers en Iran a atteint seulement 3,4 milliards de dollars en 2016 alors que les autorités iraniennes visaient les 50 milliards.

Mais au-delà du respect de ce texte, c’est l’activité iranienne au Moyen-Orient et le développement de missiles balistiques (justifié par une interprétation « large » de l’accord de Vienne) qui expliquent plus que tout la décision annoncée par M. Trump.

« Au cœur de cet accord, il y avait une fiction : un régime meurtrier, qui voudrait la paix. Mais c’était un mensonge et nous en avons la preuve » car « depuis que les sanctions ont été levées, ils [les Iraniens] ont été capables de développer des missiles pour provoquer la pagaille au Moyen-Orient », a affirmé le chef de la Maison Blanche.

« Toute nation qui aide l’Iran dans sa quête d’armes nucléaires pourra faire l’objet de sanctions américaines. Nous n’allons pas permettre aux villes américaines d’être menacées de destruction. Les Etats-Unis ne se contentent plus de faire des menaces vides. Je fais des promesses, je les tiens », a encore assuré M. Trump.

« En quittant l’accord iranien, nous allons travailler avec nos alliés pour trouver un accord concret afin de bloquer la route de l’Iran vers l’arme atomique. En attendant, des sanctions puissantes vont être mises en place. Si le pays (l’Iran) continue, il aura des problèmes plus graves », a-t-il insisté.

À Téhéran, le président iranien, Hassan Rohani, avait d’ores et déjà prévenu que s’ils quittaient l’accord de Vienne, les États-Unis allaient « le regretter comme jamais dans l’Histoire. » Ce 8 mai, il a répondu à M. Trump en affirmant que l’Iran est « prêt à reprendre ses activités nucléaires » tout en se disant cependant prêt « à poursuivre les discussions avec l’Union européenne, la Russie et la Chine.

Quoi qu’il en soit, le président Macron, qui s’est entretenu avec Theresa May [Premier ministre britannique, ndlr] et Angela Merkel, la chancelière allemande, a affirmé que la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne « regrettent la décision américaine de sortir de l’accord nucléaire iranien. » Et d’ajouter : « Le régime international de lutte contre la prolifération nucléaire est en jeu. »

« Nous travaillerons collectivement à un cadre plus large, couvrant l’activité nucléaire, la période après 2025, les missiles balistiques et la stabilité au Moyen-Orient, en particulier en Syrie, au Yémen et en Irak », a également assuré M. Macron. En clair, il s’agit de travailler à un nouvel accord alors que Téhéran ne veut absolument pas entendre parler de la moindre restriction sur ses activités dans le domaine des missiles balistiques.

Le Premier ministre israélien a quant à lui salué l’annonce faite par M. Trump. À noter que l’Arabie Saoudite est exactement sur la même ligne.

« Israël soutient totalement la décision courageuse prise aujourd’hui par le président Trump de rejeter le désastreux accord nucléaire » avec l’Iran, en effet affirmé M. Netanyahu, avant de rappeler qu’il s’était opposé à ce compromis « depuis le début ».

« L’accord n’a pas fait reculer le risque de la guerre, il l’a rapproché, l’accord n’a pas limité les agissements agressifs de l’Iran, il les a formidablement augmentés » dans toute la région », a fait valoir le chef du gouvernement israélien.

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