À nouveau, l’Arabie Saoudite dit envisager l’envoi de troupes en Syrie pour « stabiliser la situation »

Il y a maintenant un peu plus de deux ans, l’Arabie Saoudite et les Émirats arabes unis avaient indiqué « être prêts à participer à tout effort international nécessitant une intervention terrestre pour combattre le terrorisme » en Syrie. Á l’époque, la Turquie, qui avait encore de bonnes relations avec le royaume saoudien, fit part de son intention d’en faire de même, étant donné qu’elle partageait l’objectif de faire tomber le régime de Bachar el-Assad.

Depuis, la situation a considérablement évolué. Avec le soutien russe et iranien, Damas a repris le contrôle d’une grande partie de la « Syrie utile » et ses forces ont rétabli leurs positions dans la province de Deir ez-Zor, où subsistent des poches de l’État islamique (EI ou Daesh), chassé de ses bastions par les Forces démocratiques syriennes (FDS, alliance de milices kurdes et de groupes arabes), soutenues par la coalition dirigée par les États-Unis.

Avec les rebelles syriens qu’elle soutient, la Turquie est passée à l’acte en lançant l’opération Bouclier de l’Euphrate en août 2016, afin de déloger les jihadistes des villes de Jarabulus et d’al-Bab. Puis, en janvier dernier, elle s’en en est pris aux milices kurdes syriennes, présentes dans la canton d’Afrin.

Cela étant, les relations entre Ankara et Riyad ont connu un sérieux refroidissement, le gouvernement turc ayant pris fait et cause pour le Qatar, mis au ban des monarchies sunnites du golfe arabo-persique.

Pour autant, l’Arabie Saoudite entend toujours déployer des troupes en Syrie, comme l’a affirmé, à nouveau, Adel al-Jubeir, son ministre des Affaires étrangères, lors d’une conférence de presse conjointe avec Antonio Guterres, le secrétaire général des Nations unies.

« Nous sommes en discussion avec les Etats-Unis et l’avons été depuis le début de la crise syrienne » en 2011, a dit le chef de la diplomatie saoudienne. « Nous avions fait une proposition à l’administration Obama (qui stipulait) que si les Etats-Unis envoyaient des forces […], alors l’Arabie saoudite envisagerait, avec d’autres pays, d’envoyer des forces dans le cadre de ce contingent », a-t-il rappelé.

« Ce n’est pas une idée nouvelle », a insisté Adel al-Jubeir, en répondant à une question relative à une information du Wall Street Journal selon laquelle Washington serait en quête de troupes arabes pour stabiliser la Syrie.

Et de préciser qu’une proposition consistant à envoyer en Syrie des forces de l’Alliance militaire islamique [la coalition mise en place par Riyad pour combattre le terrorisme, ndlr] a été faite.

Le Washington Post a par ailleurs expliqué que l’administration Trump cherche actuellement à « persuader les pays du Golfe d’assumer le fardeau financier et militaire de la stabilisation » de la Syrie. Ce qui permettrait ensuite le retrait des 2.000 soldats américains.

Seulement, envoyer un contingent de l’Alliance militaire islamique en Syrie sera compliqué. L’Arabie Saoudite et les Émirats arabes unis sont déjà engagés militairement au Yémen et un autre pays important de cette coalition, à savoir l’Égypte, a déjà beaucoup à faire contre les terroristes présents au Sinaï et ses relations avec le Soudan et l’Éthiopie sont tendues, en raison du partage des eaux du Nil.

Reste que lors de sa visite officielle à Washington, en mars, le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salman, avait dit vouloir le maintien des troupes américaines dans l’est de la Syrie à moyen ou long terme, afin de contrer les visées iraniennes. Faute de quoi, avait-il expliqué, « l’Iran, avec ses milices et ses alliés régionaux, établira une voie d’approvisionnement terrestre qui reliera Beyrouth à la Syrie et l’Irak à Téhéran. » Un argument susceptible de faire mouche dans l’entourage de M. Trump.

En outre, le prince saoudien a affirmé, à Time, que le débart de Bachar el-Assad n’était plus un objectif. « Bachar va rester. Mais je crois que Bachar a intérêt à ne pas laisser les Iraniens faire ce qu’ils veulent » en Syrie, avait-il affirmé.

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