Boeing annonce un partenariat avec HAL et Mahindra pour produire le F/A-18 Super Hornet en Inde

La politique indienne dans le domaine de l’aviation de combat est assez difficile à suivre. Lancé au milieu des années 2000, l’appel d’offres « Medium Multi-Role Combat Aircraft » (MMRCA), pour lequel le Rafale de Dassault Aviation fut retenu, prévoyait de doter l’Indian Air Force de 126 nouveaux avions de combat, dont 108 devaient être assemblés en Inde.

Mais, devant les difficultés pour mettre en place un montage industriel ad hoc pour répondre à cette exigence, New Dehli a donc opté pour un achat « sur étagère » de 36 Rafale, avec des compensations visant à favoriser le « make in India ». Et l’appel d’offres MMRCA a été logiquement annulé.

Dans le même temps, et outre le partenariat avec la Russie sur l’appareil de 5e génération FGFA (ou Su-57), l’Inde a confirmé le programme d’avion de combat HAL Tejas, malgré les retards et les surcoûts. D’ailleurs, la mise au point du moteur Kaveri, prévu pour propulser ce dernier, doit faire l’objet d’une collaboration entre le motoriste français Safran et la Defence Research and Development Organisation indienne (DRDO).

Et puis, en octobre 2016, soit à peine un mois après l’achat des 36 Rafale, le gouvernement indien a lancé une nouvelle procédure visant à acquérir une centaine d’avions de combat monomoteur (comme le HAL Tejas) afin de remplacer les MiG-21 et autres MiG-27 encore utilisés par l’Indian Air Force. Et cela, avec la condition que les futurs appareils soient construits en Inde.

C’est alors que Saab a proposé d’installer un « éco-système industriel » en Inde autour de son JAS-39 Gripen E/F et que Lockheed-Martin s’est associé avec le groupe indien Tata pour produire localement le F-16 block 70/80 V.

Seulement, il y a quelques jours, New Delhi a changé ses plans. L’appel d’offres « d’origine imposait une restriction inutile en étant ouvert aux seuls chasseurs monomoteurs, ce qui limitait la concurrence à seulement deux avions », a expliqué un responsable indien au quotidien Times of India. Aussi, afin d’augmenter le nombre de « prétentants », il a été décidé d’élargir la procédure aux avions de combat bi-moteurs.

En quelque sorte, c’est donc le programme MMRCA qui est revenu par la grande porte, le 6 avril, avec le lancement d’une demande d’information (RFI ou request for information) pour la fourniture d’environ 111 avions de combat pour environ 15 milliards de dollars.

Outre le F-16V et le Gripen E/F, l’on devrait retrouver quasiment les mêmes acteurs qu’il y a 10 ans, à savoir le Rafale, l’Eurofighter Typhoon et sans doute le MiG-35 et le Su-35.

C’est donc dans ce contexte que Boeing a annoncé, ce 13 avril, s’être associé avec les entreprises indiennes HAL et Mahindra Defense Systems pour produire en Inde le F/A-18 Super Hornet.

« Notre partenariat avec HAL et Mahindra nous permettra d’optimiser le plein potentiel du secteur public et privé de l’Inde pour produire la prochaine génération du chasseur F/A-18 », a commenté Pratyush Kumar, président de Boeing India.

Nul ne sait combien de temps prendra cette nouvelle procédure. Ni si elle ira à son terme, étant donné que de nouvelles élections générales auront lieu en Inde en 2019. En attendant, cela ne comblera dans l’immédiat les besoins en avions de combat de l’Indian Air Force. Besoins estimés à environ 200 appareils par Dassault Aviation.

En outre, diposer de plusieurs types d’avions de combat différents pose des difficultés en matière de logistique, de maintenance et de formation (que ce soit celle des pilotes ou celle des techniciens). D’autant plus que la marine indienne a également lancé une procédure pour acquérir 56 chasseurs embarqués multirôles [programme Multi Role Carrier Borne Fighters – MRCBF], capables d’opérer depuis des porte-avions en configuration STOBAR (pont incliné) et CATOBAR (catapultes et brins d’arrêt)

Là, trois appareils sont en lice : une version navalisée du Gripen E (qui suscite, non sans raison, beaucoup de scepticisme), le F/A-18 Super Hornet et le Rafale M. La logique voudrait que ces deux derniers avions soient les favoris pour les deux procédures, avec sans doute un coup d’avance pour Dassault Aviation.

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