Le dernier raid de la force Barkhane dans le nord du Mali a porté un « coup significatif » aux groupes jihadistes

Dans la nuit du 13 au 14 février, les forces françaises engagées au Sahel (celles de Barkhane et les forces spéciales de la TF Sabre) ont conduit une opération sur trois positions occupées par des groupes armés terroristes dans le nord du Mali, précisément entre Boughessa et Tin-Zaouatène, près de la frontière avec l’Algérie.

Cette opération a commencé par des frappes aériennes, lesquelles ont été suivies par des assauts héliportés, appuyés par des hélicoptères d’attaque Tigre. Dans un premier temps, l’État-major des armées (EMA), à Paris, a fait état d’un bilan provisoire d’une vingtaine de jihadistes mis hors de combat (tués ou capturés), de 3 véhicules détruits et de la saisie d’un « grand nombre de documents. »

Ce raid a visé plus particulièrement le groupe jihadiste Ansar Dine, qui, dirigé par Ilyad Ag Ghaly, fait partie du Jamaat Nosrat al-Islam wal-Mouslimin (Groupe pour le soutien de l’islam et des musulmans, GSIM), une organisation qui réunit notamment des katibats d’al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) et d’al-Mourabitoune (dont le chef, Mokhtar Belmokhtar a très propablement été tué en novembre 2016, lors d’une frappe française effectuée en Libye).

Fait plutôt rare, le chef d’état-major des armées (CEMA), le général François Lecoindre, a publié un communiqué, le 16 février, pour « féliciter » les forces françaises ayant conduit un « raid audacieux contre les groupes armés terroristes dans la région du nord-est du Mali. Et, à l’occasion, il en a donné le bilan.

« Vingt-trois terroristes, dont des chefs d’Ansar Dine ainsi que d’Al Mourabitoune, connus pour leurs exactions à l’encontre de la population malienne, ont été tués ou capturés dans cette opération », a en effet précisé le CEMA, qui a souligné « la préparation minutieuse et la parfaite coordination qui ont permis de sidérer l’ennemi par des frappes aériennes sur les objectifs, puis d’exploiter ces effets par des assauts héliportés et par l’engagement au sol de nos forces. »

En clair, les forces françaises ont frappé un grand coup contre le GSIM… Et son chef, Ilyad Ag Ghaly, a dû sentir le vent du boulet passer tout près…

Cela étant, le CEMA n’a pas donné l’identité des chefs jihadistes neutralisés lors de ce raid. De source officielle [l’état-major malien, ndlr], l’on sait que Malik Ag Wanassnat a été tué. Cet ancien colonel des Forces armées maliennes (FAMa) était devenu l’un des proches lieutenants d’Ag Ghaly, après avoir fait défection en 2006.

Plusieurs autres noms circulent sur les réseaux sociaux, parmi la mouvance touareg, comme ceux d’Abdallah Ag Oufata (un ancien maire de la ville de Boughessa), de Ganatan Ag Malik (gendre du premier), de Sidi Mohamed Ougana, un prédicateur religieux ayant une certaine influence, qui aurait été le « secrétaire particulier » d’Ag Ghaly et d’Abderrahmane Ag Ahmed.

Par ailleurs, le raid des forces françaises est survenu alors qu’un rapprochement entre le GSIM et l’État islamique pour le grand Sahara (EIGS) semble se confirmer. « La MINUSMA [mission de l’ONU, ndlr] a reçu des informations selon lesquelles les deux groupes agissaient en parallèle et probablement en collaboration », avait en effet indiqué un récent rapport du secrétaire général des Nations unis, Antonio Guterres, sur la situation malienne.

Or, d’après des informations de l’hebdomadaire Jeune Afrique, Iyad Ag Ghali et Abou Walid al-Sahraoui, le chef de l’EIGS. Les deux hommes se seraient rencontrés au début du mois de décembre dans la région de Kidal et ils ont été vus plusieurs fois ensemble près des villages de Talataye et d’Indelimane, situés entre Ansongo et Ménaka. Et, a priori, Malik Ag Wanassnat jouait un rôle dans ce rapprochement.

Rapprochement qui expliquerait les propos récemment tenus par un certain « Amar », un lieutenant d’al-Sahraoui. « Nos frères Iyad Ag Ghaly et les autres moujahidines défendent comme nous l’islam. […] Pour combattre les mécréants, nous nous donnons la main. […] Nous allons continuer à lutter ensemble », a-t-il dit à l’AFP, pour défier la Force conjointe du G5 Sahel (FC-G5S).

Quoi qu’il en soit, pour le général Lecointre, l’opération française a porté « un coup significatif aux groupes armés terroristes » et « marque un succès supplémentaire dans la lutte menée par les armées françaises aux côtés des forces armées maliennes, de celles de la force conjointe du G5 Sahel et de la MINUSMA, pour la sécurité au Mali et au Sahel. »

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