La LPM 2019-2025 va faciliter les prélèvements biologiques sur des individus suspects lors d’opérations extérieures

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26 contributions

  1. Expression libre dit :

    On pourrait faire ça sur Seguin pour voir si c’est Zayus! Allez, je déconne…

  2. tschok dit :

    Je me pose une question: puisque cette nouvelle disposition étend le dispositif existant à des personnes vivantes et qui n’ont pas été capturées, dans quel cadre juridique nos forces armées peuvent-elles contraindre ces personnes à se soumettre au prélèvement?
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    L’article L 2381-1 vise deux catégories de personnes: les morts et les capturés. Les morts se laissent faire (ils sont très permissifs par définition) et les capturés, on peut les contraindre par la force à se soumettre au prélèvement (du moins, il semblerait que cela soit le cas, mais… bref).
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    Bon, très bien.
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    L’article 23 LPM crée un 3° à l’article L2381-1: « des personnes dont il existe des raisons précises et sérieuses de penser qu’elles présentent une menace pour la sécurité des forces ou des populations civiles ».
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    Bien. Mais, elles sont où? Détenues par qui? Dans quel cadre?
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    Je suis un soldat des FS françaises dans la BSS et je croise un bédouin à la mine patibulaire au volant de son pick up. Je peux l’arrêter et lui foutre un coton tige dans la bouche, comme ça? Mais si le type refuse, je fais quoi? J’appelle un OPJ? Ou le parquet? Ou je le menace avec mon HK 416 tout neuf? Ou je le tue, comme ça il entrera dans la catégorie 1. Ou bien je le capture, comme ça il entre dans la catégorie 2? Ca, c’est peut-être mieux. Vu que j’ai des raisons sérieuses et précises de penser qu’il constitue une menace, j’ai très envie de le faire, d’ailleurs.
    .
    Là, tout de suite, je ne vois pas vraiment l’utilité du 3°. Si quelqu’un pouvait éclairer ma lanterne…

    • Belzebuth dit :

      @tschok
      Tout d’abord il est précisé que l’article L2381-1 du code de la défense permettait déjà d’effectuer des prélèvements sur des civils locaux travaillant pour les forces françaises. Il n’y a pour l’instant aucun obstacle juridique s’opposant à cela d’autant plus que dans une zone d’opérations c’est le droit des conflits armés qui s’applique. Pour la même raison il n’y aura aucun obstacle au prélèvement sur des individus jugés suspects sur la foi de renseignements plus ou moins fiables et au contraire permettra de confirmer ou d’infirmer ces soupçons sans pour autant user de mesures plus contraignantes à l’endroit du reste de la population.Cela ne préjuge évidemment pas de l’éventuel usage de mesures coercitives envers les récalcitrants mais dans l’ensemble les militaires français usent de ces dernières à bon escient avec le souci de ne pas se mettre les autochtones à dos. Selon l’exposé des motifs cela permettra donc de limiter les torts causés aux civils, la constante des conflits asymétriques étant la dissimulation des combattants parmi ceux-ci. Par ailleurs, et dans le cas où les forces armées se verraient confier la gestion d’un camp de réfugiés sur un de ces théâtres, dont la mise en place a été un temps évoquée en Libye ,ce type de contrôle permettrait de détecter plus efficacement la présence de certains terroristes parmi les migrants. En effet la gestion des crises migratoires représentera un enjeu majeur des prochaines décennies alors même que les rébellions islamistes sont encore bien loin de déposer les armes.

      • tschok dit :

        @Belzebuth,
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        Je vous suis bien. Mais nous avons deux problèmes à gérer:
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        1) La collecte des données ADN, à l’extérieur de notre espace juridique, avec tous les problèmes concrets que cela pose,
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        2) L’insertion des données collectées dans un fichier français à des fins de police judiciaire (identification d’une personne liée à une infraction).
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        La loi dont nous parlons règle le problème 2. Et encore, parce qu’en réalité tout n’a pas été dit sur ce sujet.
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        Elle laisse entier le problème 1, qui est essentiellement pratique. Il est par exemple prévu que l’agent qui opère le prélèvement notifie au sujet la finalité du prélèvement (une opération de PJ: identifier une personne). Dans une langue qu’il comprend?
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        Je reprends mon exemple: membre des FS dans la BSS, je m’apprête à foutre dans la bouche d’un bédouin un coton tige. Dans quelle langue dois-je lui annoncer que je le fais à des fins d’identification de la personne, afin de collecter des informations génétiques qui serviront à remplir un fichier génétique? En français ou dans une langue qu’il comprend? Que dit le texte? Ben… rien.
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        Cette notification des droits – qui semble satisfaire notre désir de respecter les droits de la personne – est-elle conforme à l’obligation de dire à un suspect qu’il a le droit, ou pas, de refuser de se soumettre à la mesure? Et dans une langue qu’il comprend?
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        C’est le vide.
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        Vous me répondez qu’il faut faire confiance aux soldats français, qui sont des gens raisonnables. Je veux bien, mais il en ont noyé un dans un étang à St Cyr, à l’occasion d’un happening militaire qui ressemblait furieusement à un bizutage, organisé par des connards irresponsables et incapables de de mettre sur pied une opération commando toute bête: faire franchir 50 m d’eau froide à un groupe de combat, de nuit, à 9°. Leur opération s’est terminé en naufrage, il y a eu un mort et les cons sont partis pour se retrouver en correctionnelle.
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        Je veux donc bien que l’on fonde tous nos espoirs sur la vertu des gens, mais il faut avouer – compte tenu des pertes – qu’il ne serait pas idiot non plus de s’appuyer sur des contre-pouvoirs légaux. Or, dans cette loi, je n’en vois pas beaucoup, y-compris pour le bien du service.
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        Je me répète: si je suis un membre des FS, quelles consignes si le mec refuse le coton tige? Je le tue, je le capture, je palabre? Je fais quoi?
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        Oui, je suis d’accord avec vous: une fois que j’aurais collecté sa salive, le profil ADN sera compilé dans un fichier ADN, validé par décret et non soumis à l’examen critique de la CNIL. Ce en quoi le profil ADN du bédouin ira rejoindre celui de tous les autres Français qui ont été fichés pour un oui ou pour un non dans tous les autres fichiers de police qui existent en France. Et dont même les flics ne savent plus quoi foutre (parce que la multiplicité des fichiers leur complique le travail: contrairement aux idées reçues, ce ne sont pas les militants des droits de l’homme qui s’opposent le plus fermement à la multiplication des fichiers, mais les flics, parce qu’il faut qu’ils consultent 15 bases de données avant de sortir une info fiable et ça les retarde).
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        Donc, en résumé: laissons tomber le 2, parlons du 1. Sur le 2, nous, les citoyens français, on est déjà des femmes violées en train de raconter notre histoire à un journaliste d’Ebdo.
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        Parlons militaire, parlons 1: je fais comment, chef, pour vaincre notre ennemi avec mon coton tige? Et au fait, il va falloir que je collecte autre chose que 2 gouttes de salive. Vous avez compris ça? Un fichier, c’est quelque chose qui met des éléments identification en face d’une identité. Donc, en plus, il va falloir que je lui demande ses papelards, à mon bédouin. Vous en connaissez beaucoup, vous, des bédouins qui ont une CNI en règle?
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        Sans vouloir vexer personne.

        • Belzebuth dit :

          J’ai bien compris les problèmes que vous énoncez.
          Tout d’abord il faut bien comprendre que ces prélèvements ne se feront pas sur la base d’une procédure judiciaire classique mais dans le cadre du droit international de la guerre puisque cette mesure s’applique uniquement aux théâtres d’opération même si effectivement le problème pourrait se poser dans le cas d’un djihadiste français jugé en France et qui aurait dû se soumettre à ce contrôle. Ce fichier ne servira donc point d’objet de masturbation à de vieux cons réacs ni de base pour la PJ mais bien à satisfaire un but de guerre ce qui, vous le comprendrez aisément, représente une motivation d’une autre nature échappant aux lois ordinaires.
          J’ai également compris que vous ne possédiez pas de notions en droit des conflits armés puisque vous avez déformé ma formulation des signes distinctifs, qui s’entendait entre combattants et non combattants en une question ethnique ce qui ne constituait pas le fond de mon propos.
          Ceci posé je vais m’attacher à vous répondre point par point.
          1) Avec tout le respect que je vous dois le fichier Biopex n’est pas un fichier de police c’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles il ne subit pas de contrôle de la CNIL contrairement à ceux-ci. En sus, ce contrôle se heurterait à la nécessaire protection du secret de la défense nationale. C’est donc un fichier de renseignement du même type que ceux établis par les services secrets du monde entier ce qui m’ amène à considérer votre seconde erreur qui est de vous focaliser sur le cas des ressortissants français alors même que cette base de données sera alimentée par les profils ADN d’individus de toutes nationalités par le biais d’échanges internationaux d’information. De plus, la DRM faisant partie de la communauté du renseignement pourra échanger avec les autres services des administrations françaises et pourra ainsi obtenir ou transmettre des profils correspondant à des terroristes français ou étrangers résidant en France.Bien évidemment ainsi que vous le soulignez le pauvre bédouin que l’on contrôlera pour la première fois sur la base de suspicions plus ou moins avérées ne figurera sans doute pas dans la base. Prenons cependant un exemple, si à la suite d’une attaque quelconque on retrouve son profil adn sur une arme ou un véhicule abandonné on saura que ces soupçons étaient justifiés et on pourra plus facilement le traquer si en parallèle du prélèvement nous avons pris la peine d’obtenir des renseignements exhaustifs sur sa personne. De toute façon cela contraindra ces individus à une mobilité certaine et réduira leur sentiment de sécurité lié à leur dissimulation parmi la population. De plus cela aura pour conséquence de les empêcher de se constituer des zones d’influence afin de recruter de nouveaux membres et de les couper du soutien de la population ce qui est la base de la contre guérilla.
          Ensuite, concernant le devoir d’information s’appliquant aux militaires dans pareil cas, il est impropre de le comparer à la notification faite par un OPJ dans le cadre d’un prélèvement d’ADN dans le cadre d’une procédure judiciaire.
          En effet, si vous lisez le texte vous remarquerez qu’il n’est fait mention d’aucune obligation de consentement de la part de l’intéressé contrairement aux dispositions exprimées en la matière dans le cadre d’une procédure judiciaire. En outre le verbe informer est utilisé et non pas demander ce qui signifie bien qu’il n’est pas prévu de tenir compte de l’avis de l’intéressé .
          De la même manière le recours à la contrainte n’est pas expressément ni même implicitement interdit dans la formulation de l’article de loi et j’ajouterai que l’on peut contraindre quelqu’un á ouvrir la bouche sans le tuer,ni le blesser gravement, ni même le menacer d’une arme.
          Dans le domaine linguistique il faut savoir que l’armée française ayant une longue tradition de contact avec les populations, elle dispose souvent d’interprètes locaux.
          Enfin concernant la problématique de la formation que vous soulevez dans un de vos messages, les militaires concernés subiront certainement une formation en la matière dispensée par les unités des forces de l’ordre spécialisées à l’instar de celle subie par certains éléments du 17 RGP en matière d’explorations de charniers dirigée par un archéologue. Vous avez tort de sous estimer les liens que l’armée nourrit avec le monde civil en particulier lorsqu’il s’agit d’obtenir des compétences qui ne font pas partie de son coeur de métier. Je passerai volontiers sur votre comparaison entre les habitants des banlieues françaises et ceux des zones d’opération sauf pour vous dire qu’un grand nombre des militaires français sont noirs ou arabes ce qui va manifestement à l’encontre de votre vision à son égard. De plus,vous ne pouvez pas occulter la confiance nécessaire que doit avoir le peuple français envers son armée en citant un unique fait divers si révoltant soit-il. Dans ce cas vous ne pouvez pas reprocher à certains d’amalgamer l’ensemble de la communauté musulmane aux terroristes islamistes puisque vous
          usez du même procédé envers l’institution militaire.
          2) Ainsi que je l’ai déjà dit ce fichier n’est pas établi à des fins de police judiciaire mais afin de mener des actions de contre insurrection dans des zones de guerre où par définition l’état de droit n’existe plus.
          Le droit des conflits armés s’applique donc.
          Ce dernier ayant été établi en fonction de la charte des droits de l’homme élaborée par l’ONU, qui est l’inspiration de la charte européenne des droits de l’homme il y a fort à parier que les éventuelles procédures engagées contre l’état français soient nulles et non avenues.

          Je conclus par une remarque concernant votre jugement quant à l’issue des derniers conflits majeurs que la France a connu depuis 1870 jusqu’à la guerre d’Algérie.
          Votre méthodologie manque de rigueur puisqu’elle associe des conflits de différentes natures et des contextes géopolitiques bien distincts sous un angle partisan.

          Laissez moi tout de même vous dire que j’ai trouvé notre échange très enrichissant et soyez assuré de ma considération à votre égard.

    • Fred dit :

      @ tschok
      Si tous les soldats français étaient construit sur le modèle « Myshl », il n’y aurait effectivement pas besoin des catégories 3 ni même 2, puisque – selon ce modèle – tout bon Bédouin étant un Bédouin mort, ils seraient tous systématiquement TUÉÉÉÉÉÉS à vue ; on pourrait ainsi leur filer un mauvais coton dans la bouche sans difficulté.
      .
      Mais cela n’est heureusement pas tout à fait le cas. Alors l’option « 3 » permet de ficher en masse l’empreinte génétique des moutons, ou d’une population sur laquelle on exerce une « amicale pression ».
      Cela c’est déjà produit en France même : fichage (sans résultat) d’un village ou avait été commis un viol : on imagine la pression sur le villageois qui refuserait de se soumettre au flicage cotonneux. Alors, ficher un village, une ville, une région d’Afrique ne semble pas in-envisageable dans ces conditions avec l’option 3.
      .
      Faut savoir qu’en France, un tagueur (par exemple) qui refuse un fichage génétique, risque un an de prison et 15 000 Euros d’amende ! (et il parait que notre justice est trop clémente, MDR !), alors un Bédouin, n’en parlons pas.
      .
      Ce qui est grave, c’est qu’avec de tels moyens (et aussi par exemple les perquisitions sans contrôle de justice récemment inscrite dans la loi et dont on parlait ici il y a de cela quelque jours) ; ce qui est grave, c’est qu’il serait très difficile de résister à une dictature comme le firent nos pairs en 1940-45.
      .
      Faut résister à ces mesures liberticides et dangereuses, les amis, pendant qu’il est encore temps, pendant que cela est encore possible !

      • Belzebuth dit :

        Pardon mais dans votre propos vous semblez amalgamer les procédures de droit commun en vigueur en France en temps de paix et les mesures d’ exception prises sur un théâtre de guerre qui sont deux choses bien différentes. Vous parlez de mesures liberticides alors que dans ce cas plus aucune liberté n’est garantie ou alors celle de tuer ou de se faire tuer.
        Mais dans un sens c’est une liberté totale, celle de la loi du plus fort.
        Et ces mesures liberticides ainsi que vous les désignez improprement ont justement pour but de limiter le niveau de violence en appliquant plus facilement une discrimination entre combattants et civils, le droit et les coutumes internationales de la guerre étant les normes à prendre en compte dans ce cas. Au contraire elles prennent encore plus de sens dans la mesure où ces combattants se cachent parmi la multitude, sans signe distinctif bien entendu.

        • tschok dit :

          @ Belzebuth,
          .
          Oui, mais sur les signes distinctifs, nous on a trouvé le truc: « si on a des raisons sérieuses et précises de penser que la personne constitue une menace ».
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          En gros, le mec a une tronche qui nous revient pas. Une mine patibulaire. Un Noir ou un Arabe sans doute (il n’est pas totalement impossible d’en rencontrer, surtout en Afrique). En fait, on va dupliquer en Afrique nos façons de concevoir un suspect en banlieue. C’est un mode de ciblage.
          .
          En matière de ciblage, je pense néanmoins que nous avons de gros progrès à faire.
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          Comme il s’agit en l’espèce d’appliquer à des étrangers sur un territoire qui n’est pas le nôtre une mesure de PJ (qui se raccorde à son cœur de métier: l’identification d’un auteur), il ne serait peut-être pas idiot de se poser quelques questions intelligentes.
          .
          Le fond du problème, c’est collecter de l’ADN, sans trop savoir à quoi il va servir, pour gaver un fichier de police, qui va rassurer le vieux con réac et le petit bourgeois fébrile, mais qui, au bout du compte ne sera qu’une ligne Maginot de plus, le pire étant que ça compliquera le travail des investigateurs.
          .
          On a deux versants: la collecte des données et leur utilisation. On n’est pas obligé d’être totalement con dans cette affaire. On peut être intelligent dans la collecte ET l’utilisation. Simultanément. Et sans se mettre la CEDH à dos.
          .
          Mais ça, ça s’appelle du ciblage et c’est une démarche qui est différente de la reproduction servile de stéréotypes sociaux. Là, ce qu’on fait:on part à la pêche. On est sur la rive d’un étang opaque, on pense qu’il y a du poisson, on a faim, on mouille un hameçon et on attend de voir ce que ça va donner.
          .
          Si à la fin de la journée on a bouffé un poisson, c’est que la pêche a été bonne, sinon, c’est que la pêche n’a pas été bonne. En France, cette démarche intellectuelle s’appelle de la « stratégie ». Si.
          .
          Sans étonnement, la France a perdu:
          – La guerre de 70
          – failli perdre celle de 14/18, mais heureusement les gens se sont sacrifiés et la France a pu tenir jusqu’à l’arrivée des tanks et des Américains
          – la guerre de 40
          – l’Indochine
          – la guerre d’Algérie
          .
          Je crois qu’il y a quand même des trucs à changer dans notre façon de penser, vu la liste de nos échecs, cuisants.
          .
          Ce projet de loi, qui se trouve dans une LPM, a quelque chose de dérangeant: que fout une mesure de police judiciaire dans une loi de programmation militaire, d’abord?
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          C’est bizarre.
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          Et puis, d’où nous vient cette envie d’opérer des prélèvements ADN sur des étrangers? Qu’on le fasse sur des Français, passe encore. On est chez nous, après tout. Si on veut fliquer les gens, chez nous, on peut le faire: la démocratie comprend le droit de se jeter soi-même en prison. Si on est assez cons pour le faire, eh bien nous aurons ce que nous méritons.
          .
          Et d’où vient cette envie de lier un prélèvement ADN à un contrôle d’identité? C’est un peu comme si on considérait le reste du monde comme une banlieue française. Une zone de non droit.
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          Bon, en tout cas je note que Robert est pour. Donc, ça correspond au moins à un besoin psychique d’une partie de la société française. Même si la mesure est complètement « inopérationnelle », ça rassure nos vieux dégueulasses. Et quand nos vieux dégueulasses peuvent focaliser leurs haines recuites sur les étrangers, pendant un bref instant, ils nous foutent la paix. C’est quand même ça l’avantage. On a un répit.
          .
          Donc, je me dis que dans le fond, cette affaire de coton tige dans la BSS, c’est peut-être pas plus mal. Et puis un coton tige, ça coute quoi? Deux centimes d’euro?
          .
          Ca se réfléchit, finalement…

      • tschok dit :

        @ Fred,
        .
        Attendez, pour l’instant, les génies civils qui ont conçu ce texte admirable n’en sont qu’au stade 1 de la catastrophe.
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        Pour contaminer un prélèvement ADN, il suffit de respirer devant le coton tige. Si le soldat qui fait le prélèvement le contamine, il va envoyer au labo qui va séquencer l’ADN son ADN, avec celui issu du prélèvement.
        .
        Et à l’autre bout de la chaine, les flics vont découvrir, horrifiés, que les FS françaises dans la BSS ont été noyautées par les djihadistes…
        .
        Après, on s’étonne que Scope bascule dans le conspirationnisme. Ca aide pas, non plus. Déjà qu’il est fragile, mais si en plus on crée des systèmes d’information qui sont fondamentalement déconnants, comment il fait, pour pas flipper sa race?

  3. Myshl dit :

    J’adore la notion de « Théâtre », à quand la notion de « Cinéma »?

    La CNIL n’a rien à foutre dans nos OPEX, il faudrait la ramener manu-militari à ne s’occuper que d’en France, et pas de ceux qui ailleurs qu’en France la protègent. Quitte à en virer les cons.

    Le « N » de CNIL c’est pour « Nationale ». Pas plus.

  4. Robert dit :

    Cette nouvelle est positive, plus encore si ces prélèvements peuvent entrer dans les bases de données recoupées avec les crimes de droit commun et de terrorisme sur notre territoire. Braquages, extorsion de fonds voire enlèvements crapuleux peuvent servir à financer la cause et nombre de crapules de droit commun basculent dans l’islamisme, ce qui peut permettre d’augmenter les données permettant de résoudre des affaires voire de trouver des filiations criminelles.
    Il me semble que quand on est prélevé en France, vous pouvez refuser, au moins le prélèvement d’ADN, mais vous prévient-on des motifs et finalités ? Vous avez commis telle infraction, on vous demande de fournir une empreinte biologique, les empreintes palmaires pour certains délits et tirer le portrait. En cas de suspicion de viol, il existe l’empreinte biologique pour alimenter le fichier des délinquants sexuels. Cambriolage, on vous prélève des empreintes.
    Un gendarme pourra nous en dire plus.

    • Alpha dit :

      @Robert
      Pour les délits routiers, c’est prise d’empreintes digitales et palmaires et photos anthropo. (face, trois-quart gauche, profil droit et stature)
      Pour les délits « droit commun » (attention, pas tous, voir Art. 706-55du CPP !), comme les vols, destructions, atteintes, crimes de sang, infractions de nature sexuelle, etc … c’est prise d’empreintes digitales et palmaires, photos anthropo. et prélèvement ADN.
      Refuser de se soumettre au prélèvement biologique est puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 € d’amende. Lorsque ces faits sont commis par une personne condamnée pour crime, la peine est de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 € d’amende.
      Pour plus de détail, notamment en ce qui concerne le cadre légal :
      http://www.wengo.fr/juridique/blog/1372077/3102-le-refus-du-prelevement-adn

    • Belzebuth dit :

      @robert
      Vous confondez le droit en vigueur sur un territoire en paix et celui qui s’applique sur un théâtre de guerre.
      Attention aux amalgames !!

      • Robert dit :

        Belzebuth,
        Je vois bien que c’est différent, mais certains semblent identifier cette situation au droit français. Comme le dit Alpha, celui-ci est déjà assez fourni, alors en situation de guerre au terrorisme, je ne vois pas d’objection à l’étendre. Pour identifier un mort ou un prisonnier, mais éventuellement retrouver ses traces dans une autre affaire en cours.
        Ce qui m’ennuie, c’est que les fichiers resteraient restreints aux seuls militaires, même pas aux services de renseignement recoupés avec les services de police.
        Comment identifier un « client » connu en France, ou ailleurs, si on s’interdit ces recoupements ?
        Je ne vois pas bien pourquoi fermer cette perspective, maintenant que terrorisme et sécurité intérieure se retrouvent imbriqués.

  5. Georges dit :

    C’est pas légal. A moins que l’Afrique nous appartienne… On se prend vraiment pas pour de la merde! En France cela ne me dérange pas, mais là le droit des africains est piétiné pour des « raisons d’état »?! Et ben c’est sûr que quand on a une culture de prolo, on a la politique de beauf qui va avec, mélange de fascisme et de judéo-crétinisme. Moi je décroche là, car va leur expliquer après qu’on a pas une politique colonial… Et surtout! Et surtout pour quel résultat? Oui, parlons des résultats! Sauf que y’en a pas! Mais tout ça doit bien profiter à quelqu’un quand même? Vu notre croissance, surement pas à la France en tout cas!

    • Paul dit :

      Je mets permets de vous rappeler que nous sommes (intervenus) au Mali à la demande officielle des maliens pour empêcher des islamistes de prendre le pouvoir à Bamako. Dès lors il paraît logique que la délégation des identifications soient également assurées par la France puisque les locaux n’ont pas ce genre de bases de données. Une mission, des moyens et un cadre légal en temps de guerre. Moi ça ne me choque pas!

  6. Robert dit :

    Georges,
    Cela concerne des défunts ou des prisonniers, donc suspectés d’avoir agi contre nos intérêts et pas le quidam africain moyen, et ceci en vue de recouper avec nos fichiers existants afin de vérifier si on retrouverait trace de ces empreintes dans des cas de terrorisme, auquel j’ajouterais la criminalité à but de financer le terrorisme. Mais il y a aussi des enquêtes concernant des proches pour cerner et faire des rapprochements avec des personnalités impliquées. Une personne innocente qui ne sera jamais reprise dans cette situation ni ne sera rapprochée d’un crime n’a à priori rien à craindre de voir son empreinte génétique fichée par la France. Et il n’y a que nos pays pour avoir les moyens de pratiquer ce genre d’identification.
    En France et en Belgique, ce genre d’identifiant trouvé sur des zones de conflit a permis d’avancer dans des enquêtes de terrorisme.
    http://www.ledauphine.com/france-monde/2017/07/08/hyper-cacher-un-homme-arrete-son-adn-retrouve-sur-une-arme-de-coulibaly
    http://www.rtl.fr/actu/societe-faits-divers/la-mort-du-jihadiste-rachid-kassim-confirmee-par-son-adn-7787261201
    Je ne suis pas favorable à l’usage de la torture, méthode américaine ou israélienne peu importe, ni aux bombardements massifs avec dommages collatéraux assurés, pas plus qu’aux éliminations préventives, pas pour des raisons de droits de l’homme, la guerre prend des libertés avec ces droits, mais d’efficacité et de justice. Par contre, des personnes suspectées d’avoir pris les armes contre nous se retrouvent, par équivalence, dans celle du gardé à vue en France pour lequel on n’a pas de preuve mais sur qui on va recueillir identification, photos, et empreintes digitales parce qu’on l’a trouvé dans une situation suspecte. Cela m’est personnellement arrivé sans avoir commis ni crime ni délit, juste avoir participé à une manif autorisée et me retrouver pris dans la cohue après des débordements.
    Il me semble que la suspicion de terrorisme, de près ou de loin, justifie un peu plus de prendre des empreintes qui ne servirons qu’à augmenter et élargir des enquêtes sur le terrorisme. Il ne s’agît pas de ficher un citoyen pour enfreindre sa liberté constitutionnelle dans son pays.
    Je rappelle aussi que ces pays nous ont demandé de venir les aider et ils savent pertinemment qu’ils n’ont pas les moyens de faire un travail efficace sans nous. Appelez cela comme vous voulez. S’il existe une colonisation aujourd’hui, elle se pratique à partir de ces pays en direction de nos pays et nous rend plus que jamais susceptibles d’être touchés sur notre sol.
    La lutte contre le terrorisme n’est pas en soi légale quand elle recours à certaines formes, mais elle devient légitime quand c’est le seul moyen de prévenir d’autres attaques sur nos ressortissants.

  7. Paul dit :

    Si vous ne faites pas confiance aux militaires français fallait pas les envoyer au Sahel et encore moins prolonger leur mandat. Vous voulez qu’ils se fassent tirer dessus comme des lapins ? Il faut savoir ce que l’on veut. La finalité c’est la protection de la France et des français comme vous et moi. Je pense qu’il faut s’en donner les moyens. Nous aurons le même débat avec les drones armés d’ici quelques mois.

    • Robert dit :

      Paul,
      Résumé clair, les principes à préserver dans l’absolu contre la réalité concrète et immédiate des menaces et des vies humaines à protéger. Certes, les concessions aux principes peuvent porter atteinte aux libertés, mais il fallait s’en préoccuper quand on pouvait encore éviter d’avoir à faire des concessions, quand une politique réaliste et raisonnable était encore possible mais que les idéalistes attachés fermement aux principes hurlaient contre cette perspective. Maintenant, ils hurlent contre ceux qui essaient de pallier l’échec de leur utopisme, sans pour autant se remettre en cause.
      J’aime à reprendre cette formule de Charles Péguy concernant l’impératif moral catégorique de la philosophie kantienne « Ils ont les mains propres mais ils n’ont pas de mains. »

  8. Carin dit :

    Si j’ai correctement lu l’article, les empreintes palmaires et génétiques relevées par nos milis tournerons sur une machine (ordi) mili… et ne seront de ce fait jamais croisées avec les machines (ordi donc) ou tournent celles relevées par gendarmes et policiers … pour faire des rapprochements entre un quidam suspecté de terrorisme en France et un membre de sa famille aussi suspect que lui, et se trouvant quelque part sur une opex du contingent français, ou bien sûr une arme saisie en France et portant des traces provenant d’un gars se trouvant au fin fond de la BSS, ça va être coton.. et pas de prélèvement!

    • Belzebuth dit :

      @carin
      Bonjour,
      J’ai bien peur que votre affirmation soit inexacte puisque la DRM faisant partie de la communauté du renseignement, qui regroupe les services de renseignement de la défense, de la pénitentiaire, de l’intérieur, des douanes, elle peut légitimement procéder à un échange d’information soit de sa propre initiative soit sur demande de l’une ou de plusieurs de ces institutions.
      La seule chose exclue est le contrôle de la base de données de la DRM par la CNIL.

      • Robert dit :

        Bonne nouvelle si les fichiers sont recoupés. Sinon, comment repérer un Merah si on attend tranquillement qu’il commette ses assassinats ?

      • Carin dit :

        À belzebuth
        Bonjour, et merci de cette précision, je comprend mieux maintenant.

  9. John dit :

    Je n’y crois pas. « On est en guerre », on nous dit. La blague du siècle.

  10. Thaurac dit :

    Daesh le faisait déjà avec les amputations, les décapitations…