En 2016, deux tiers des munitions guidées tirées par les forces françaises ont utilisé le GPS

De nos jours, les satellites sont essentiels pour les opérations militaires. C’est évidemment le cas le renseignement, l’observation, les communications et la navigation. Mais aussi pour frapper avec le plus de précision possible des positions ennemies, grâce aux systèmes de positionnement par satellites, comme le GPS (Global Positioning System) américain.

Lors d’une audition à l’Assemblée nationale, le général Jean-Pascal Breton, le commandant interarmées de l’espace (CIE), a donné quelques chiffres pour illustrer la dépendance des forces françaises aux moyens spatiaux.

« En 2016, nous avons acquis 45.883 images de toute nature, soit environ 10 % de plus que l’année précédente. Les besoins en la matière vont croissant, en particulier en raison de notre niveau d’engagement. 120 images par jour en moyenne ont été prises sur toute la surface du globe », a détaillé le général Breton. Et « nous avons déployé 93 stations de télécommunication par satellite dans tous les endroits du monde où les forces françaises sont en opération », a-t-il ajouté.

La dépendance aux systèmes de positionnement par satellite est encore plus criante. « Quasiment toutes les missions durant lesquelles nous avons délivré des armements, en particulier des armements provenant des avions, ont utilisé le GPS » et « deux tiers des armements tirés ont utilisé le GPS », a avancé le général Breton.

Seules certaines missions « très spécifiques » et relevant d’un « domaine réservé » (et l’on pense à la dissuasion) « s’affranchissent du système GPS. C’est un point fondamental de notre doctrine », a précisé le CIE.

« La capacité de positionnement navigation-temps […] est un élément clé de notre autonomie de décision. Il faut en mesurer l’intégrité et la précision. Ces systèmes sont également vitaux dans les échanges monétaires : les bourses les utilisent beaucoup pour la synchronisation des échanges », a par conséquent souligné le général Breton.

Évidemment, et même si des solutions existent pour se passer du GPS et autres systèmes analogues, comme par exemple la navigation inertielle ou encore la bonne vieille carte d’état-major, une telle dépendance interroge, y compris aux États-Unis.

« La structure de notre armée est basée sur le principe que nous avons le GPS et des télécommunications par satellite. Notre force de frappe est énorme avec ces choses-là. […] Mais si on nous retirait ces aides au combat, il faudrait revenir à l’armée de l’époque pré-électronique, où pour prévaloir il fallait trois fois plus d’hommes que l’ennemi », a fait valoir, en décembre, le colonel Richard Zellmn, le commandant de la 1st Space Brigade de l’US Army.

Dans ces conditions, pour priver un adversaire de ses capacités essentielles, l’espace peut devenir un lieu de confrontation. Plusieurs pays ont d’ailleurs développé (et développent encore) des armes anti-satellites, comme les États-Unis, la Russie et la Chine.

« Bien que nous ne soyons pas en guerre dans l’espace, je ne pense pas que nous puissions dire que nous sommes en paix non plus », avait ainsi confié, il y a un an, le vice-amiral Charles A. Richard, le numéro deux de l’US Strategic Command (STRATCOM).

« Champ de compétition économique, stratégique et militaire, l’espace exo-atmosphérique devient peu à peu un champ de confrontation à part entière. […] Certains États pourraient être tentés d’y conduire, discrètement ou ouvertement, depuis la Terre ou l’espace, des actes inamicaux ou illicites, voire d’user de la force pour en dénier l’accès ou dégrader, temporairement ou durablement, les capacités spatiales d’autres intervenants », a confirmé le général Breton.

Et d’ajouter : « Les stratégies de contestation ou de déni d’accès prennent des formes nouvelles. Outre le développement d’armes à effet dirigé, capables de dégrader les performances de nos moyens, la maîtrise de la technique de rendez-vous dans l’espace permet de venir à proximité de capacités spatiales d’autres pays sur l’ensemble des orbites. Plusieurs de nos satellites ont ainsi été approchés par des objets de type satellites inspecteurs. »

Aussi, a continué le général Breton, « l’importance accrue de l’espace pour nos opérations et la dépendance croissante qui en découlent, conjuguées à l’accentuation des menaces sur nos capacités, exigent un renforcement de la sécurisation » et « au-delà de la sécurisation, il faut aussi s’assurer de la résilience de nos propres moyens. Nous devons être certains que cette dépendance ne se retourne pas contre nous. »

S’agissant plus particulièrement de la capacité de positionnement navigation-temps, les forces françaises ont un accord aux signaux du système GPS, grâce à des accords conclus avec les États-Unis. Et elles pourront aussi compter sur le système européen Galiléo, qui sera totalement opérationnel en 2020.

« On a l’habitude de dire qu’avec le GPS, on sait dans quelle rue on est, avec Galileo, on sait sur quel trottoir… C’est dire la différence de précision entre l’un et l’autre systèmes », a précisé le général Breton. Et ces deux systèmes pourraient être complémentaires afin d’accroître leur résilience.

Les États-Unis sont « sont intéressés par une coopération sur Galileo. Ils viennent pour accéder à des informations de Galileo, de la même façon que nous avons accès au réseau GPS : c’est une forme de résilience, non de mutuelle dépendance, mais de coopération pour consolider nos systèmes », a confié le général Breton.

Et cela vaut évidemment pour l’armée française. « Pour les systèmes de positionnement par satellite, nous travaillons sur des récepteurs bimodes compatibles aussi bien avec le GPS que Galileo. Nous comptons sur la complémentarité de ces constellations pour renforcer notre résilience. », a-t-il dit.

Cela étant, comme la destruction d’un satellite par un missile peut avoir des effets sur ceux utilisés par un assaillant (à cause des débris), la menace porte essentiellement sur le brouillage des signaux. « La parade passe plutôt par la ‘robustification’ des moyens de réception », a ainsi estimé le général Breton.

Cet aspect est également un axe prioritaire pour le Pentagone étant donné que les satellites GPS de nouvelle génération diposent d’un meilleur système de chiffrement ainsi qu’une fonctionnalité « anti-brouillage. »

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