Burkina Faso : Les forces armées ont arrêté une trentaine de suspects lors d’une opération anti-terroriste

Fondé par le prêcheur radical Malam Dicko, le groupe jihadiste Ansarul Islam a commencé à faire parler de lui lors de l’attaque, en décembre 2016, d’un détachement du Groupement des forces armées anti-terroristes (GFAT) burkinabè à Nassoumbou, une localité située dans le nord-ouest du Burkina Faso. Douze soldats y avaient laissé la vie.

Depuis, Ansarul Islam a multiplié les attaques, notamment dans la région du Soum, tout en cherchant, a priori, à se rapprocher de l’État islamique dans le Grand Sahara, Malam Dicko s’étant éloigné de son « mentor », le prédicateur malien Hamadoun Koufa, le chef de la katiba Macina, liée à Ansar Dine, après le ralliement de ce dernier au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM).

Pour élargir son influence, Ansarul Islam a tenu un discours « social » auprès de la population du Soum, relativement délaissée par Ouagadougou, en prônant l’égalité entre les classes sociales et en remettant en cause les chefferies coutumières et le pouvoir des marabouts. « Cette rhétorique lui vaut un écho considérable, surtout parmi les jeunes et les cadets sociaux. Même s’il perd une grande partie de ses adeptes lorsqu’il bascule dans la lutte armée, il parvient à en conserver suffisamment pour mener une guerre de basse intensité contre les autorités locales et nationales », explique ainsi l’International Crisis Group.

Mais Ansarul Islam a toutefois connu un coup d’arrêt, donné indirectement par la force française Barkhane, lors de l’opération Bayard, menée en avril 2017 dans la forêt de Foulsaré. S’il n’a pas fait partie des jihadistes neutralisés à cette occasion, Malam Dicko, diabétique, mourra d’épuisement lors de sa fuite, quelques jours plus tard. Il a depuis été remplacé par son frère cadet, Jafar Dicko.

Pour tenter de mettre un terme aux attaques récurrentes dont la région du Soum fait l’objet, et alors que la France appuie les pays du G5 Sahel, dont le Burkina Faso est membre, pour accentuer le combat contre les groupes jihadistes, une opération antiterroriste a été lancée fin 2017 par les forces armées burkinabè. Ses résultats ont été donné par l’État-major général le 15 janvier.

« Les opérations de sécurisation réalisées par les unités déployées (dans le) nord du pays pendant la période de fin d’année ont permis d’interpeller de nombreux suspects et de neutraliser des engins explosifs », a ainsi fait savoir l’État-major burkinbè, via un communiqué.

« Environ 200 individus ont été interpellés sur la base d’informations précises » et « après vérification de leur identité dans le strict respect des lois internationales et nationales, 33 individus ont été transférés aux unités de police ou de gendarmerie pour les besoins d’investigation pendant que les autres ont été libérés », a-t-il ajouté.

Les suspects, poursuit l’État-major général, seraient liés à des « groupes armés extrémistes et violents qui sévissent dans les provinces du nord du Burkina. »

Outre ces arrestations, « des armes, des munitions, du matériel entrant dans la fabrication d’engins explosifs improvisés (explosifs, détonateurs, engrais chimiques, mèches lentes), ainsi que des comprimés de Tramadol et de faux documents », ont été saisis.

S’agissant du Tramadol, qui est, à la base, un médicament anti-douleur, l’Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime (ONUDC) avait mis en garde contre « l’augmentation du trafic et la consommation » de cette substance dans l’Afrique subsaharienne. « Il semblerait que des réseaux de criminalité transnationale organisée fasse transiter le tramadol, produit principalement en Asie du Sud, par le golfe de Guinée vers des zones du Sahel en partie contrôlées par des groupes armés et des organisations terroristes », avait-t-il ajouté.

« Ce problème d’augmentation de consommation non-médicale du Tramadol joue également un rôle déstabilisateur dans la région car certains groupes ne se contentent pas seulement de trafiquer ces pilules afin de générer des revenus, mais les utilisent également à leurs propres fins », avait expliqué l’ONUDC.

« Nous retrouvons régulièrement du tramadol dans les poches de suspects arrêtés pour terrorisme, où ayant commis des attaques kamikazes. Il faut donc se demander comment et où les combattants de Boko Haram et d’Al-Qaïda, y compris parfois de jeunes garçons et filles se préparant à commettre des attaques suicides, s’approvisionnent », avait souligné Pierre Lapaque, le Représentant Régional de l’ONUDC en Afrique de l’Ouest et Centrale.

Enfin, les forces burkinabè ont également « fouillé et découvert des zones de refuge et des camps d’entraînement qui ont tous été détruits. »

Cela étant, le communiqué de l’État-major général ne fait pas état de combats contre les jihadistes d’Ansarul Islam, ni d’éventuelles pertes que ces derniers auraient pu subir au cours de cette opération anti-terroriste. En revanche, il insiste sur la « collaboration de plus en plus accrue des populations ».

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