Syrie : La coalition anti-jihadiste va former une force frontalière de 30.000 combattants

L’État islamique (EI ou Daesh) ayant perdu la quasi-totalité des territoires sur lesquels il avait établi son « califat », la nature de l’engagement de la coalition anti-jihadiste dirigée par les États-Unis change peu à peu. Certains membres ont d’ailleurs revu à la baisse leur participation aux opérations, comme par exemple l’Australie, qui a retiré ses chasseurs-bombardiers F/A-18 Super Hornet.

Désormais, pour la coalition, il s’agit de passer d’une « logique d’intervention militaire » à une phase de « stabilisation politique », comme l’a expliqué Florence Parly, la ministre française des Armées, dans un entretien donné à Libération, ce 15 janvier. « Nous sommes à la disposition des autorités irakiennes pour poursuivre, voire amplifier, la formation que nous leur accordons », a-t-elle dit.

S’agissant de la Syrie, les choses sont plus compliquées, étant donné le nombre d’acteurs impliqués. Qui plus est, il n’est pas question d’une quelconque coordination avec Damas. Aussi, les seuls interlocuteurs de la coalition sont les Forces démocratiques syriennes (FDS), c’est à dire une formation réunissant les milices kurdes (YPG) et différents groupes arabes armés.

L’un des enjeux de cette phase de stabilisation est d’empêcher toute résurgence de l’EI, qui, après ses défaites militaires, retournera (si ce n’est déjà le cas) dans la clandestinité. Et il s’agira également de contrôler efficacement les frontières afin d’entraver la liberté de mouvement des jihadistes… Mais pas seulement.

En effet, le 14 janvier, le colonel Ryan Dillon, le porte-parole de la coalition, a annoncé la création d’une force frontalière de 30.000 combattants, issus en grande partie des FDS, lesquelles contrôlent environ 25% du territoire syrien. Actuellement, 230 recrues sont en cours de formation.

« La composition ethnique de la force sera en fonction des zones dans lesquelles ses combattants serviront. Davantage de Kurdes vont servir dans les régions du nord de la Syrie [c’est à dire à la frontière avec la Turquie, ndlr]. Et plus d’Arabes serviront dans les zones longeant la vallée de l’Euphrate et la frontière avec l’Irak », a précisé le bureau des affaires publiques de la coalition.

De leur côté, les FDS, via Mustefa Bali, un de leurs responsables des relations publiques, ont confirmé ce projet. « Nous sommes en transition vers une nouvelle phase de coordination entre nous et la coalition internationale », a-t-il dit. « Les vastes zones et villes ayant été libérées ont besoin de quelqu’un pour les protéger », a-t-il expliqué.

La création de cette force frontalière sous l’égide de la coalition a évidemment par Damas. « La Syrie condamne fermement l’annonce américaine concernant la formation d’une milice armée dans le nord-est du pays. […] La Syrie considère tout citoyen syrien qui participe à ces milices […] comme un traître à la nation », a réagi une source du ministère syrien des Affaires étrangères, citée par l’agence officielle Sana. C’est une « une atteinte flagrante à la souveraineté et l’intégrité du territoire syrien, et une violation du droit international », a-t-elle ajouté.

Mais la réaction la plus prompte est venue de Turquie, où l’on considère les milices kurdes syriennes, bras armé du PYD, un mouvement lié au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) turc, comme terroristes.

Ces mesures prises « pour légitimer une organisation terroriste et la rendre pérenne dans la région sont inquiétantes », a lancé Ibrahim Kalin, le porte-parole du président turc, Recep Tayyip Erdogan.

Ce 15 janvier, ce dernier a été plus direct. « L’Amérique a avoué qu’elle était en train de constituer une armée terroriste à notre frontière. Ce qui nous revient, à nous autres, c’est de tuer dans l’œuf cette armée terroriste », a affirmé M. Erdogan, lors d’un discours prononcé à Ankara.

L’annonce de la création de cette force frontalière est survenue alors que le président turc avait récemment évoqué le lancement, dans les prochains jours, d’une opération militaire contre l’enclave kurde d’Afrin, dans le nord de la Syrie. « Nous attendons [des Etats-Unis] qu’ils soutiennent la Turquie dans ses efforts légitimes » contre le terrorisme, avait-il dit.

Et visiblement, cette offensive paraît imminente. Les forces armées [turques] sont « prêtes » à lancer cette opération contre les bastions des YPG à Afrin et Manbij, a prévenu M. Erdogan. « Les préparatifs sont terminés, l’opération peut commencer à tout moment », a-t-il assuré, avant d’ajouter que les « les opérations se (poursuivraient) jusqu’à ce qu’il ne reste plus un seul terroriste », c’est à dire des miliciens kurdes.

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