Terrorisme : Le président Trump menace de couper les aides au Pakistan

Parce qu’il avait besoin de profondeur stratégique face à l’Inde, le Pakistan soutint le mouvement taleb afghan, alors au pouvoir à Kaboul. Puis vinrent les attentats du 11 septembre 2001, qui changèrent la donne.

Partenaire de premier plan des États-Unis dans la « guerre contre le terrorisme », le Pakistan bénéficia d’une aide massive de la part de Washington. En échange de milliards de dollars, il autorisa les drones américains à opérer depuis son territoire. Territoire qui fut également une plaque tournante pour la logistique de la Force internationale d’assistance à la sécurité (ISAF), alors déployée en Afghanistan sous l’autorité de l’Otan.

En outre, Islamabad dut faire face à une vague d’attentats meutriers, commis par le Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP), la branche pakistanaise du mouvement taleb.

Seulement, dans le même temps, et officieusement, l’Inter Service Intelligence (ISI), le puissant service de renseignement pakistanais, continuait de soutenir d’autres organisations terroristes, comme le réseau Haqqani [membre du mouvement taleb afghan, ndlr] ou le Lashkar e-Taïba (LeT).

En mars 2016, Sarjaz Aziz, alors conseiller aux Affaires étrangères du Premier ministre Nawaz Sharif, reconnut ce soutien lors d’une intervention devant le Council of Foreign Affairs (CFR). « Nous avons de l’influence sur eux [les taliban afghans, ndlr], car leur direction est au Pakistan, et ils y sont soignés, leur famille est là. […] Nous pouvons donc utiliser ces moyens de pression pour leur dire ‘venez à la table' » des négociations, avait-il dit.

Par ailleurs, des années plus tôt, le général Pervez Musharraf, ex-président du Pakistan, s’était vanté d’avoir détourné l’aide américaine pour financer le programme nucléaire pakistanais.

Cela étant, les responsables militaires américains ne cachèrent pas leur exaspération devant l’attitude du Pakistan, où le chef d’al-Qaïda, Oussama Ben Laden, put couler des jours tranquilles à 4 heures de route d’Islamabad. « En choisissant d’utiliser l’extrémisme violent comme instrument politique, le gouvernement pakistanais – et plus spécifiquement l’armée pakistanaise et l’ISI – compromet non seulement la perspective d’un partenariat stratégique avec nous mais aussi l’opportunité pour le Pakistan d’être une nation respectée jouissant d’une influence régionale légitime », avait ainsi accusé, en septembre 2011, l’amiral Mike Mullen, alors chef d’état-major interarmées.

En août 2017, au moment d’annoncer la nouvelle stratégie américaine pour l’Afghanistan, le président Trump s’en était pris à Islamabad. Le Pakistan, qui est « souvent un refuge pour les agents du chaos, de la violence et de la terreur, a beaucoup à perdre s’il continue à abriter des criminels et des terroristes. […] Cela doit changer et cela va changer immédiatement! », avait-il lancé.

Depuis, il ne s’est pas passé grand chose, si ce n’est que le versement de 255 millions de dollars au bénéfice d’Islamabad a été retardé et que le vice-président américain, Mike Pence, a assuré que Donald Trump avait « le Pakistan à l’oeil ». Effectivement. Dans l’un de ses premiers « tweets » de l’année 2018, Donald Trump s’est rappelé au bon souvenir des dirigeants pakistanais.

« Les États-Unis ont bêtement donné 33 milliards de dollars d’aide au Pakistan ces 15 dernières années, et ils ne nous ont rien donné en retour si ce n’est des mensonges et de la duplicité, prenant nos dirigeants pour des idiots. Ils abritent les terroristes que nous chassons en Afghanistan, sans grande aide. C’est fini! », a lancé le locataire de la Maison Blanche.

Premier à réagir, Khurram Dastgir Khan, le ministre pakistanais de la Défense, a fait valoir que le Pakistan « a donné gratuitement accès aux Etats-Unis à son espace aérien et terrestre, des bases militaires et une coopération en matière de renseignement qui ont décimé al-Qaida depuis seize ans, mais ils ne nous ont rien donné en échange, à part des invectives et de la méfiance. »

Un peu plus tard, le chef de la diplomatie pakistanaise, Khawaja Mohammad Asif, a répondu que si le Pakistan reçoit de l’argent des États-Unis, « c’est pour des services rendus ».

La « pique » de Donald Trump a valu à David Hale, l’ambassadeur des États-Unis en poste à Islamabad d’être convoqué par le ministère pakistanais des Affaires étrangères. « Il y est allé et a rencontré des responsables. Nous n’avons pas de commentaire à faire sur la teneur de la réunion », a dit un porte-parole de l’ambassade.

Photo : Wikimedia Commons

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