Renseignement : La France ne devrait pas rejoindre le « club des cinq » emmené par les États-Unis

En mars 1946, le Royaume-Uni et les États-Unis signèrent le traité appelé UKUSA afin d’intensifier leur coopération dans le domaine du renseignement d’origine électromagnétique. Ces deux pays furent rejoints, plus tard, par l’Australie, la Nouvelle-Zélande et le Canada. D’où le nom de « Five Eyes » donné à cette alliance, qui repose en grande partie sur les moyens américains, via la NSA (National Security Agency).

En 2010, avait indiqué le quotidien Le Monde, la France aurait demandé à rejoindre ce club très fermé. Sans succès. Toutefois, ce refus n’aurait nullement entravé la coopération entre la Direction générale de sécurité extérieure (DGSE) et les services de renseignement des « Five Eyes », un protocole d’échange de données ayant été mis en place via les États-Unis. Ce partenariat aurait pour nom de code « Lustre ». Le conditionnel est de mise car, évidemment, rien de tout cela n’a été officiellement confirmé (ni même infirmé d’ailleurs).

Récemment, la lettre spécialisée « Intelligence Online » a indiqué que la France serait sur le point de rejoindre le « club des Cinq ». Ce qui a été dementi par le ministère des Armées, rapporte l’agence Reuters.

« Le ‘5 eyes’ constitue un club historique et fermé qui comporte des avantages (mutualisation de capteurs et d’information) mais aussi des contraintes (limitation du partage de renseignement à des nations tierces) et des risques en matière de souveraineté », explique-t-on au ministère des Armées. Aussi, a-t-on ajouté, « la France n’a donc pas vocation à intégrer cette communauté. »

En réalité, Paris n’a pas besoin de rejoindre cette alliance. Après les attentats du 13 novembre 2015, la France passa un accord avec les États-Unis afin d’accroître la coopération en matière de renseignement dans la zone irako-syrienne.

« Nous avons constaté une évolution significative de la position américaine dans sa relation avec nos armées. (…) Sur ordre du président Obama, nous sommes maintenant, avec les Américains, à livre ouvert en matière de renseignement militaire », expliqua Jean-Yves Le Drian, alors ministre de la Défense, lors d’une audition à l’Assemblée nationale, le 18 novembre 2015. « Pour la première fois, sur l’Irak et la Syrie, nous atteignons un niveau d’échange de renseignement avec les américains équivalent à celui des Five Eyes. L’accord que nous avons signé se concrétise immédiatement par une augmentation de notre capacité d’action », avait-il ajouté.

Puis, le comité La Fayette fut instauré dans la foulée, avec la Direction du renseignement militaire (DRM) aux premières loges. À l’époque, un haut responsable américain de la Défense avait dit à l’AFP que le souhait des États-Unis était d’avoir avec la France « le même niveau de partenariat approfondi » qu’avec les « Five Eyes » mais d’une manière « parallèle et unique. »

« Les procédures et les moyens techniques mis en place permettent maintenant un flux d’échanges intensif aux plus hauts niveaux de classification », fait-on ainsi valoir au ministère des Armées, où l’on affirme aussi que « pour les États-Unis, la France constitue un allié unique car nous disposons réellement d’une autonomie d’appréciation souveraine. »

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