L’Otan demande des explications à Moscou au sujet d’une possible violation du traité sur les Forces nucléaires intermédiaires

En février 2014, l’administration Obama fit savoir qu’elle s’inquiétait au sujet d’une possible violation par Moscou du traité sur les Forces nucléaires intermédiaires (FNI). En effet, la Russie était alors soupçonnée d’avoir développé un missile de croisière terrestre à capacité nucléaire en dépit de ce texte qui, signé en 1987 par Ronald Reagan et Mikhael Gorbatchev, mit fin à la crise dite des « euromissiles », provoquée par le déploiement de missiles soviétiques SS-20, susceptibles d’atteindre les capitale de l’Europe occidentale.

Le traité FNI, qui s’applique à la Russie même s’il a été conclu à l’époque de l’URSS, oblige les signataires « à détruire leurs missiles balistiques et de croisière sol-sol ayant une portée comprise entre 500 et 1.000 km ainsi que ceux dont la portée est comprise entre 1.000 et 5.500 km. »

Cette affaire connut un nouvel épisode quand, en février, citant des sources du renseignement, le New York Times affirma que Moscou avait déployé des missiles de croisières interdits par le traité FNI (et appelés SSC-X-8 par le Pentagone) près de Volgograd, dans le sud-ouest de la Russie. Ce qui fut confirmé, le mois suivant, par le général Paul Selva, le numéro deux de l’état-major interarmées américain.

« Le dispositif présente en lui même un risque pour la plupart de nos installations en Europe et nous pensons que les Russes l’ont délibérément déployé pour constituer une menace contre l’Otan et contre les installations situées dans la zone de responsabilité de l’Otan », avait-il en effet expliqué lors d’une audition devant le comité des Forces armées de la Chambre des représentants.

Face à ces accusations, les autorités russes ont catégoriquement nié avoir violé le traité FNI. « La Russie a toujours été, elle reste et elle restera fidèle à toutes ses obligations internationales, y compris celles liées au traité sur les Forces nucléaires intermédiaires », avait réagi, à l’époque, Dmitri Peskov, le porte-parole du Kremlin.

Mais, visiblement, pour l’Otan, cette réponse est un peu courte. Et neuf mois plus tard, le Conseil de l’Atlantique Nord [c’est à dire le principal organe de décision politique de l’Otan, ndlr] a demandé à la Russie de répondre « de manière substantielle et transparente », dans le cadre d’un dialogue direct avec les États-Unis, aux « vives préoccupations » suscitées par cette violation présumée du traité FNI.

« Les Alliés soulignent qu’une situation dans laquelle les États-Unis et d’autres parties se conformeraient au Traité, mais pas la Russie, générerait une préoccupation vive et pressante », lit-on dans le communiqué du Conseil de l’Atlantique Nord.

« Depuis 30 ans, le Traité FNI est un élément fondamental de la sécurité euro-atlantique. En éliminant toute une catégorie d’armes que détenaient les États-Unis et la Russie (les missiles balistiques de portée intermédiaire à lanceur terrestre), le Traité a contribué à la stabilité stratégique et réduit le risque d’erreur d’interprétation pouvant entraîner un conflit. C’est pourquoi le respect rigoureux du Traité FNI est essentiel, et nous restons pleinement engagés en faveur du maintien de ce traité qui a marqué une étape décisive dans le domaine de la maîtrise des armements », fait encore valoir le texte.

La représentante des États-Unis auprès de l’Otan, Kay Bailey Hutchison, a salué l’initiative du Conseil de l’Atlantique Nord, en se félicitant de voir que les États-Unis et leurs partenaires de l’Alliance atlantique « parlent d’une même voix » à la Russie de « son comportement dangereux et déstabilisant ».

« Ces quatre années dernières, les États-Unis ont cherché à échanger avec la Fédération de Russie sur son système de missiles de croisière à lanceur terrestre qui viole le traité (FNI), à de multiples niveaux, dans de multiples endroits et à de nombreuses reprises », a rappelé la diplomate américaine. « Malgré ces efforts, les officiels russes ont refusé de s’engager de façon constructive avec les Etats-Unis », a-t-elle déploré.

Photo : Un inspecteur soviétique contrôlant le démantèlement d’un missile BGM-109G Gryphon américain en 1988

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