Les Forces armées en Guyane ont détruit 114 puits illégaux d’orpaillage en deux mois

En Guyane, la lutte contre l’orpaillage illégal, qui cause des dégâts considérables à l’environnement, ne souffre pas le moindre relâchement. Ainsi, malgré les efforts des militaires pour endiguer ce fléau, les agents du parc amazonien de Guyane (PAG) ont recencé, en août dernier, par moins de 177 chantiers clandestins actifs, soit 78% de plus par rapport à une précédente mission d’observation menée quelques mois plus tôt.

« C’est un nouveau record historique. 74 sites actifs se sont installés dans la zone cœur du parc national », a ainsi contaté le rapport de mission du PAG, lequel a aussi dénoncé une « véritable flambée de l’activité impactant tout particulièrement les bassins de vie des populations. »

D’où l’opération Taowa, menée par 373 marsouins, sapeurs, aviateurs et légionnaires des Forces armées en Guyane entre le 9 octobre et le 10 décembre. En deux mois, indique l’État-major des armées, les militaires ont détruit 114 puits illégaux d’orpaillage et 22 galeries, soit plus que sur l’ensemble de l’année 2016 [113 puits détruits, selon les chiffres de la préfecture, ndlr]

En réalité, l’effort des FAA est constant. Avant le lancement de l’opération Taowa, c’est à dire en septembre, elles avaient mené au moins deux missions qui permirent la destruction d’une trentaine de puits illégaux et de trois galeries qui « rongeaient les flancs de la montagne Bellevue de l’Inini. »

Outre la destruction de ces puits d’orpaillage illégaux, la présence des militaires dans la forêt amazonienne a joué sur les flux logistiques des Garimpeiros [les orpailleurs clandestins, ndlr] « en entraînant une pénurie de carburant et l’envol des prix des matières premières nécessaire à l’orpaillage illégal. »

Reste maintenant à voir les conséquences de cette dernière opération des FAG sur le nombre de chantiers illégaux. Lors d’échanges retranscrits dans le dernier rapport d’activité du parc amazonien de Guyane [.pdf], le lieutenant-colonel (de gendarmerie) Laurent Gladieux, commandant le Centre de conduite des opérations de la Mission Harpie, a expliqué que l’une des raisons de la persistance de ce phénomène tenait à « la résilience physique et morale » des Garimpeiros. Même « considérablement affaiblis », voire « mourant littéralement de faim », ils sont « prêts à mettre en péril leur santé pour extraire de l’or », a-t-il expliqué.

Lors de la même table ronde, et malgré l’engagement des militaires sur le terrain, dans des conditions rudes, Denis Lenganey, responsable surveillance du territoire/police de l’environnement, a estimé « insuffisants » les moyens déployés pour lutter contre l’orpaillage clandestin. « Il faut être en capacité de maîtriser l’ensemble des voies logistiques, essentiellement fluviales, d’endiguer les contournements des barrages par les garimpeiros et il faut aussi être en capacité de pouvoir lutter sur les sites pour détruire les moyens de productions, la nourriture et les équipements. Il faut être partout, en même temps, sur un territoire immense. Cela demande des moyens humains et des moyens de police judiciaire très importants. Il faut selon moi plus de moyens héliportés pour aller sur les sites, taper au plus près », a-t-il détaillé.

Seulement, il est impossible d’en faire davantage. « Dans nos documents de doctrine, il est signifié qu’un régiment d’infanterie est capable de contrôler 400 km2. Il faudrait donc en théorie 200 régiments d’infanterie pour contrôler la Guyane! », a fait valoir le lieutenant-colonel Jean-Pierre Chanard, le chef des opérations des FAG.

Alors que l’armée de Terre doit faire face à d’autres engagements (Sentinelle, Barkhane, Daman, etc), les « Forces armées en Guyane n’ont pas subi de baisse de leurs effectifs de l’unité opérationnelle », a souligné l’officier. « Les moyens ne sont peut-être pas suffisants, car on ne peut faire des efforts partout en même temps. Néanmoins, en soutien des forces de police, ils sont bien calibrés », a-t-il conclu sur ce point.

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