Guerre 14-18 : L’Australie veut des explications au sujet d’un projet d’éoliennes sur le site de la bataille de Bullecourt

En avril 1917, dans le cadre de la bataille d’Arras, menée pour soutenir l’offensive française du Chemin des Dames, les forces britanniques décidèrent de porter leur effort sur le village de Bullecourt, tenu par les Allemands depuis 1914. En effet, intégré au système défensif de la ligne Hindeburg, ce dernier occupe une position stratégique.

Aussi, le 11 avril, avec une journée de retard par rapport aux plans initiaux, la Ve Armée du général Gough, laquelle compte 4e division de la Force Impériale Australienne (AIF), part à l’offensive.

Selon le plan de bataille, la 62e Division britannique doit attaquer à l’ouest de Bullecourt tandis qu’il est prévu de faire avancer les Australiens en direction de Riencourt-lès-Cagnicourt. Seulement, il n’y aura pas d’effet de surprise : deux bataillons du régiment du West Yorkshire qui n’avaient pas été prévenus du contretemps s’étaient lancé à l’assaut dès le 10 avril. Privés d’appuis et de chars, ils battirent en retraite, après avoir subi de lourdes pertes.

Du coup, l’offensive du général Gough se soldera par un échec terrible, avec plus de 3.200 tués parmi les soldats australiens, tous volontaires et anciens des batailles de Gallipoli et de Fromelles. Et 1.200 d’entre-eux furent capturés par l’ennemi.

Un mois plus tard, il fut décidé une seconde offensive. Et comme pour la première, les troupes austaliennes essuyèrent des pertes terribles (7.000 tués!) pour un bilan très modeste, c’est à dire une avancée de seulement 400 mètres à l’intérieur des lignes allemandes. Aussi, les Australiens éprouvèrent un sentiment de défiance à l’égard du commandement britannique… Et le village de Bullecourt fut à nouveau conquis par l’armée allemande en mars 1918.

L’on aurait pu penser que ce champ de bataille allait être préservé, ne serait-ce que pour respecter la mémoire de ceux qui y ont laissé la vie (3.000 corps n’ont jamais été retrouvés), ainsi que la présence du mémorial australien qui y a été érigé. Mais c’était sans compter sur un projet de la société Eolis-Les quatre chemins, filiale d’Engie Green, visant à y installer un parc de six éoliennes.

Depuis 2012, des habitants des villages de Bullecourt et de Riencourt-lez-Cagnicourt s’y opposent. Or, les maires ne peuvent pas empêcher un tel projet, étant donné que les permis de construire sont délivrés par les préfets. Du côté du promoteur, on assure avoir pris en compte ces réticences.

« On a eu beaucoup de retours liés au mémorial. On a donc décalé le projet vers le sud, de plusieurs centaines de mètres. Quand on entrera sur le site, on ne verra pas les éoliennes, contrairement à ce qui était prévu au départ », a expliqué Maxime Louage, chef de projet chez Engie Green, dans les colonnes de la Voix du Nord.

Sauf qu’un reportage de la chaîne de télévision Sky News a averti les autorités australiennes de ce projet d’éoliennes. Et en Australie, le devoir de mémoire est une chose très sérieuse (l’ANZAC Day le démontre chaque année). Aussi, le ministre australien des Anciens combattants, Dan Tehan, entend obtenir des explications de la France au sujet de ce projet d’éolienne. À quelques jours de la commémoration de l’armistice du 11 novembre 1918 et en plein centenaire de la Grande Guerre, cette affaire fait désordre.

« Je parlerai avec mon homologue français pour obtenir des clarifications à ce sujet », a ainsi indiqué Dan Tehan, le 8 novembre. « Les Français, comme les Australiens, comprennent l’importance de cette terre et ont le plus grand respect pour le sacrifice fait par les Australiens sur leur sol », a-t-il dit. Et d’ajouter : « L’Australie a une relation de travail étroite avec le gouvernement français au sujet de la récupération des dépouilles des Australiens sur les champs de bataille français. »

D’après Sky News, les associations australiennes d’anciens combattants ne sont pas offusquées par les activités agricoles effectuées sur le lieu de la bataille de Bullecourt dans la mesure où elles restent superficielles. Ce qui ne sera pas le cas du projet de parc éolien, qui suppose de creuser la terre profondément.

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