Le B2M « d’Entrecasteaux » a intercepté un voilier transportant 600 kilos de cocaïne

Voir aussi...

Conformément à l'article 38 de la Loi 78-17 du 6 janvier 1978 modifiée, vous disposez d'un droit d'accès, de modification, de rectification et de suppression des données vous concernant. [Voir les règles de confidentialité]

26 contributions

  1. Jak0Spades dit :

    « Le B2M d’Entrecasteaux peut naviguer à la vitesse maximale de 14 nœuds (26 km/h environ). » Un cuirassé de la classe Iowa pouvait atteindre plus de 33 nœuds… J’ai toujours du mal à comprendre la relative faible vitesse de ces bâtiments, qui sont tout de même appelés à faire des interceptions. Même les FREMM ne dépassent pas les 30 nœuds. La vitesse semble moins importante de nos jours, malgré les énormes bonds technologique en terme de propulsion depuis les années 40. Quelqu’un pourrait-il/elle m’illuminer ?

    • Thaurac dit :

      C’est la moyenne d’un bon voilier ..

    • tschok dit :

      Au delà de 25 nœuds, les rendements s’effondrent. L’effondrement commence même vers les 20 nœuds, à 18 pour être plus précis.

      Tous les rendements s’effondrent: celui de l’hélice, celui du moteur, celui de la coque (une coque n’a pas vraiment de « rendement », m’enfin bon, elle oppose une friction), celui du boitier mécanique.

      Les bonds technologiques ont eu lieu dans des domaines assez précis: celui des engrenages par exemple. Jadis, un engrenage dissipait en friction une part non négligeable de l’énergie injectée dedans. Aujourd’hui, beaucoup moins. Les moteurs électriques, aussi.

      Donc, on peut imaginer des montages qui n’avaient pas de sens auparavant: mettre un moteur diesel, qui actionne une génératrice électrique alimentant un moteur électrique. Ou encore, une turbine, un diesel, un moteur électrique. Tout cela pour profiter du meilleur rendement possible de chaque combinaison dans une situation donnée.

      Et puis on a travaillé les hélices, en retardant le phénomène de cavitation, qui tue le rendement, et les coques, avec des revêtements qui glissent et des formes plus hydrodynamiques.

      Mais tout cela ne change pas fondamentalement la donne: dès que vous dépassez les 18 kts, vous cramez votre carburant plus vite que vous avancez, donc votre navire perd en endurance. S’agissant d’un patrouilleur, on ne lui demande pas d’aller vite, mais de rester longtemps à la mer. le navire dont on parle culmine royalement à 14 kts, mais pour ce qu’il a à faire, ça suffit.

      Sinon, comment on sait que les rendements s’effondrent à 18 kts? Grâce aux calculs, sans doute, mais aussi à la pratique.

      Il y a peut-être une vingtaine d’années maintenant, le transport international maritime a voulu allier le gigantisme à la rapidité et on a conçu des porte-conteneurs dont la vitesse d’exploitation devait tourner autour des 25 kts, ce qui devait leur permettre de franchir 1.000 km par jour, afin de livrer à l’Occident consumériste dans les plus brefs délais possibles, et à partir de n’importe quels port chinois, d’énormes quantités de marchandises.

      On a donc doté ces navires de moteurs titanesques. Tapez sur Google (qui le mérite bien) « wartsila 100.000 cv » et allez dans images et voyez ce que ça donne. Mais, assez vite, on s’est rendu compte qu’à 25 kts de vitesse, le moteur bouffait une quantité incroyable de pétrole et puis, aussi, on commençait à casser le navire. Alors les compagnies on réduit à 18 kts. Et encore. En pratique, un navire marche à 12 ou 15.

      Et puis, la mer n’est pas un milieu homogène: si vous allez vite, vous cassez des trucs.

      Dans le film Le Crabe Tambour » de Pierre Schoendoerffer, à un moment, l’escorteur de la Marine Nationale marche à 18 kts dans une mer forte et passe à 22 kts, afin de porter secours à un navire en détresse. Durant le repas, le commandant, joué par Jean Rochefort, dit que son navire « souffre ». Le risque d’avarie est la seconde contrainte, qui limite la vitesse, après la consommation.

      Et il y a une troisième contrainte: un navire qui va vite bouge dans tous les sens. les gens sont malades et quand ça va vraiment vite, vous ne pouvez même plus lire l’écran de votre smartphone, entre deux vomis. Donc, c’est pas la peine de faire des navires de guerre avec des interfaces homme-machine super perfectionnées et ergonomiques si les gens qui sont derrière les pupitres ont des nausées et n’arrivent même plus à lire les écrans et encore moins à appuyer sur un bouton.

      D’ailleurs, concrètement, sur les navires intercepteurs, qui vont jusqu’à 60 kts, l’équipage est posté sur des sièges de formule 1, avec amortisseur, et le pupitre est celui d’un avion de chasse.

      • Jak0Spades dit :

        Merci a vos réponses, oui en fait nous sommes gross modo arrivés au seuil critique des rendements décroissants. Allez plus vite n’est tout simplement plus rentable, tactiquement utile. Quoique, pour des manoeuvres d’evasion face a une torpille….

      • PK dit :

        @ tschock
        .
        Une solution passe par la magnétohydrodynamique, qui consiste à casser la vague d’étrave par des moyens de propulsion magnétique.
        .
        Sur le papier, ça fonctionne très bien (inventé par le physicien JP Petit) mais ça demande une grosse énergie et donc aujourd’hui, pour le moment, un moteur nucléaire…
        .
        Ça tombe bien, c’est aussi nécessaire pour les armes de nouvelle générations 😀

      • tintouin dit :

        Merci pour ce post instructif. On sent le marin (pas d’eau douce) 🙂

      • Alain d dit :

        Excellent !

    • Notapix dit :

      Les bateaux, comme les avions, sont des vecteurs de déploiement d’armes.
      Dans les années 40/50, l’arme principale est l’obus, d’une vitesse proche de celle du son et d’une portée limitée à quelques dizaines de km.
      Aujourd’hui, c’est le missile, qui va au moins deux fois plus vite et dix fois plus loin.
      Le vecteur de déploiement n’a donc plus besoin d’être aussi rapide, puisque les capacités de l’arme ont été très fortement augmentées. Notez également qu’il est beaucoup plus coûteux de faire avancer un rien plus vite un bateau de 45000 tonnes qu’un missile qui n’en pèse guère qu’une.

    • marc dit :

      Le Iowa avait une vitesse de pointe de 33noeuds, pas une vitesse de croisière de 33, c’est pas la même chose.
      De plus il fait ça une heure il fait du 20 pendant 2 jours pour révision. Sans compter la consommation de carburant ahurissante.
      Il ne faisait en plus cette vitesse que pendant les phases de catapultage des portes-avions qu’il escorte (qui doivent accélérer pour lancer leurs appareils).

      Un navire équivalent au B2M, une corvette flower faisait du 16 nœuds.

      La technologie permettrait encore de nos jours de faire du 30 noeuds, mais a quel prix? fiabilité réduite, autonomie…
      et pourquoi? les missiles font du 900km/h de toute façons.

    • Fred dit :

      @ Jak0Spades
      Dans un combat aux missiles, aucun navire ne peut espérer se défiler à toute vapeur (vu la vitesse du missile).
      .
      La vitesse nécessite une très forte consommation de carburant (perte d’autonomie) et de l’espace nécessaire aux machines (autrefois, pour dormir, les matelots tendaient leur hamac un peu partout par exemple).
      .
      Pour un combat au canon, la vitesse permet de rompre le combat si cela est souhaité (et conséquemment pour l’adversaire, de tenter de le poursuivre).
      En l’absence de radars ou avec des radars nettement moins performants qu’aujourd’hui, les mauvaises surprises n’étaient pas rares, dans le brouillard, la nuit, ou même confusions de jour : pouvoir se dérober était crucial.
      La vitesse permet d’imposer à l’adversaire sa meilleure distance de tir : portée des canons, précision variable des tirs à longue distance.
      La vitesse permet des manœuvre d’escadre plus efficaces, par exemple pour « barrer le T ». (inutile avec des missiles). Noter la combinaison dans les escadres de navires différents : cuirassées lourds, légers, torpilleurs, contre-torpilleurs … Qui nécessitaient des ajustements permanents lors des batailles d’escadre.
      La vitesse permet des esquives plus efficaces pour échapper aux salves adverses, avions en piqué et aux torpilles non guidées de l’époque.
      .
      Il n’y a pas eu de rupture technologique majeure au niveau du rendement des propulsions. Les machines à vapeur du début du XXe siècle avait un rapport puissance/consommation pas si mauvais que cela par rapport aux machine actuelles.

    • Frédéric dit :

      Pour les navires transportant des hélicoptères, la vitesse n’est pas un problème, mais pour ce patrouilleur, heureusement qu’il ne s’agissait pas d’un cargo affichant 18 ou 20 noeuds..

    • Milouf dit :

      La vitesse maximum d’un bateau est limité par la longueur de sa coque, selon un vielle formule mathématique connu depuis longtemps. On ne va pas a 35 quand on fait 60m….

    • Fred dit :

      @ Jak0Spades
      Les B2M ne sont pas du tout optimisés pour l’interception, il suffit de regarder la photo (il ressemble plutôt à un navire de service offshore, trapu, large et pont plat) et de développer leur nom : « bâtiments multi-missions ».
      Leur mission première est le service : transporter matériel et Hommes dans les îles (20 passagers, grue de levage, chaland de débarquement, capacités carburant et conteneurs) – en cela, ils remplacent les Batral – et ont même une capacité de remorquage de 30 tonnes, possèdent une infirmerie, un équipement pour la plongée et une bonne endurance (30 jours).
      Ce sont les BATSIMAR qui seront optimisés pour la patrouille et l’interception lointaine, très probablement bien plus rapides.

    • L'autreTom dit :

      Pour faire des interceptions nécessitant de la vitesse, le d’Entrecasteaux dispose tout simplement de hors-bords.

  2. Carin dit :

    Au prix du marché de ce genre de produit, le B2M est presque amorti….
    Encore une prise comme ça et c’est les salaires de l’equipage Qui seront assurés jusqu’a leurs retraite!!
    Bravo les gars pour le travail rondement mené et bravo les douanes pour le renseignement.
    À part ça, ce bateau me semble toujours sous motorisé !!!!!

  3. felipe dit :

    sans être marin, il me semble que la vitesse comptait beaucoup quand il s’agissait d’intercepter une autre flotte pour la combattre à coup de canon, ne serait que pour se mettre en position de tir favorable (ni trop loin, ni trop près pour que l’effet de son artillerie soit optimal). de même les torpilleurs et contre torpilleurs pouvaient atteindre les 40 nœuds dans le but d’éviter l’artillerie lourde des croiseurs et autres cuirassés.
    l’avènement du porte-avions, de l’avion et du missile ont réglé le problème : 25 , 30 ou 35 nœuds ne vous met pas à l’abri d’un exocet. donc pourquoi dépenser de l’argent pour rien ?
    enfin pour les petits bateaux, l’hélicoptère redonne la vitesse escomptée pour l’interception notamment et dans le cas présent contre les go fast. voilà pourquoi les frégates de Surveillance sont si appréciées : un radar, un canon et un hélicoptère.
    maintenant, je ne suis pas marin, seulement terrien

  4. Alain d dit :

    « ils ont été incinérés dans les fours de l’usine de la Société Le Nickel (SLN) » (Eramet)
    Bon choix !
    Il ne faut pas se tromper d’usine, parce qu’avec les usines chinoises et leur pote Glencore …………..
    Hein ? Il ne fallait pas le dire que des usines chinoises se sont installées sur l’Ile récemment, coté indépendantistes, à coup de milliards, pour bien peser sur le référendum, et que les chinois avaient l’intention de prendre les commandes de la SNL, dans laquelle ils avaient déjà pris une participation avant que l’Etat rentre au capital ?
    Les coréens sont aussi installés sur l’ile.
    Le nickel c’est + 85% des exportations de l’ile.
    La Nouvelle Calédonie est aussi la championne du ferronickel et du Nikel quasiment pur.

    Et en Guyane, russes et canadiens peuvent s’installer discrètement pour l’or, mais quand c’est une entreprise française qui veut le faire, ça devient un scandale !

  5. wrecker47 dit :

    Un bon bateau bien servi peut permettre ce genre d’opération ,quand la chance l’aide encore un peu plus ,c’est le paradis à bord ! Son Pacha doit être un heureux homme !

    • Alain d dit :

      Oui wrecker47, ça semble être un bateau très bien pensé.
      Et il y a 2 Pachas heureux à bord parce que 2 équipes qui tournent.

  6. Lassithi dit :

    C est bien, bravo pour cet arraisonnemen, mais pas la vocation de ce type de navire.
    Si on en est à faire faire les missions de police à ce type de navire, autant demandé au policier à velo d intercepter les go fast.
    Par ailleurs, le b2m ne constitue en rien la solution au retrait des batral pour les missions outre-mer et le format cible de 4 navires par zone est ridicule vs l étendue de la ZEE. D autant plus que maintenant on va se satisfaire d on ne sait quoi, de gros zodiac sans doute avec une 7,62…
    L essentiel de notre ZEE en dehors de l UE, certainement la raison de cet abandon.

  7. Jeb STUART dit :

    Ces saisies sont malheureusement l’arbre qui cache la forêt…
    La guerre contre la drogue est perdue depuis longtemps.