Le directeur de la Gendarmerie a des réserves sur les mutualisations avec la Police nationale

Dans un contexte de contraintes budgétaires, deux mots « magiques » sont régulièrement avancés : « externalisation » et « mutualisation ». Pour autant, leur efficacité est discutable en la matière. En réalité, tout dépend des modalités qui accompagnent les décisions d’externaliser et de mutualiser des capacités.

S’agissant des externalisations, l’ancien Premier ministre, Bernard Cazeneuve, avait démontré, dans un rapport publié à l’époque où il était encore député, que les externalisations conduites au sein du ministère de la Défense avaient contribué à la désorganisation de ce dernier sans pour autant dégager les économies attendues. La Cour des comptes avait d’ailleurs établi un bilan contrasté en la matière.

Quant aux mutualisations, elles ne sont pas toujours synonymes d’efficacité, et donc d’économies. Interrogé sur ce point lors de son audition par les députés de la commission de la Défense, le directeur général de la Gendarmerie, le général Richard Lizurey, s’est montré réservé.

« Les mutualisations permettent-elles des économies? À cette question, je répondrai que cela dépend : c’est possible uniquement quand les mutualisations sont faites intelligemment », a-t-il en effet dit, après avoir noté que « la logique de mutualisation se heurte parfois à des impératifs budgétaires. »

Plusieurs projets visant à mutualiser certaines capacités de la gendarmerie et de la police sont actuellement dans les tuyaux. Selon le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, les moyens de police technique et scientifique et la formation des équipes cynophiles sont concernées. D’autres pistes sont à l’étude, comme par exemple la formation commune des motocyclistes.

Dans les deux derniers cas, la mutualisation s’annonce compliquée et coûteuse. « Les chiens de la gendarmerie sont actuellement formés à Gramat, dans le Lot, et ceux de la police à Cannes-Écluse, en Seine-et-Marne ; de même, les motards de la gendarmerie sont formés à Fontainebleau, en Seine-et-Marne, et ceux de la police à Sens, dans l’Yonne, ainsi qu’à Chevilly-Larue, dans le Val-de-Marne. Si l’on souhaite mutualiser, c’est-à-dire réunir physiquement ces personnels, il va falloir construire des infrastructures, donc dépenser de l’argent », a ainsi fait valoir le général Lizurey.

« Si je suis pour la mutualisation, je souhaite donc qu’il soit procédé à celle-ci avec méthode, en commençant par effectuer une étude d’impact, puis en faisant en sorte d’objectiver les évolutions. L’étude d’impact est souvent l’étape qui fait défaut, et je souhaite qu’à l’avenir, nous puissions objectiver la procédure afin que la mutualisation se traduise par un bilan vraiment positif », a encore expliqué le DGGN. C’est, en tout cas, ce qu’il appelle « mutualiser intelligemment ».

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