Raqqa, la capitale de Daesh, est tombée

Après plus de quatre mois de combats âpres et intenses (voire plus si l’on considère les manoeuvres d’encerclement les ayant précédés, voire les frappes aériennes menées depuis trois ans par la coalition anti-EI), les Forces démocratiques syriennes (FDS) sont venues à bout de la résistance des 2.500 à 5.000 (*) combattants de l’État islamique (EI ou Daesh) chargés de défendre Raqqa, la « capitale » de leur califat autoproclamé.

« Les opérations militaires à Raqqa ont pris fin. La ville est sous le contrôle total », des FDS, a en effet affirmé Talal Sello, un porte-parole de cette alliance de combattants kurdes et arabes. « Tout est fini à Raqa (…) Il y a actuellement des opérations de ratissage pour éliminer les cellules dormantes, si on en trouve, et pour déminer la ville », a-t-il ajouté.

Les dernières poches de résistance jihadistes ont été réduites, avec la prise d’un hôpital et d’un stade municipal, où s’étaient retranchés plusieurs dizaines de combattants étrangers de Daesh.

Comme à Mossoul, les jihadistes ont utilisé des boucliers humains et eu recours à des drones armés, des tireurs embusqués ainsi qu’à des véhicules piégés pour freiner la progression des FDS, qui, avec l’appui de la coalition, avaient engagé entre 10.000 et 15.000 combattants dans la bataille. Si l’issue de cette dernière ne faisant guère de doute, leur objectif aura été de « tenir » le plus longtemps possible tout en infligeant le plus de pertes possibles à l’alliance anti-EI.

Cela étant, la semaine passée, environ 275 jihadistes syriens furent évacués, avec leur famille, de Raqqa, conformément à un accord négocié par des responsables tribaux et passé avec les FDS. On ignore encore quel sort leur sera réservé.

En revanche, les combattants étrangers de Daesh n’étaient pas autorisés à quitter la ville. « La dernière chose que nous voulons, c’est qu’ils soient libérés et qu’ils puissent retourner dans leur pays d’origine et causer plus de terreur », avait expliqué, le 15 octobre, le colonel Ryan Dillon, le porte-parole de la coalition anti-jihadiste dirigée par les États-Unis.

Quoi qu’il en soit, la perte de Raqqa est un nouveau coup dur pour l’EI, qui voit le territoire sur lequel il avait proclamé son califat se réduire comme une peau de chagrin. Pour la France, chasser les jihadistes de cette ville était un objectif prioritaire dans la mesure où certains attentats (dont ceux de Paris) y furent planifiés.

La chute de Raqqa pose cependant plusieurs questions. À commencer par le sort des jihadistes étrangers faits prisonniers. Lors de son passage au Grand rendez-vous Europe 1/Les Echos/CNews, Mme le ministre des Armées, Florence Parly, a estimé qu’il fallait « neutraliser » le maximum de combattants de Daesh.

« Nous sommes engagés au côté de nos alliés pour obtenir la destruction de Daesh et nous faisons tout pour cela. (…) S’il y a des jihadistes qui périssent dans ces combats, je dirais que c’est tant mieux, s’ils tombent aux mains des forces syriennes, ils dépendront de la juridiction des forces syriennes », a expliqué Mme Parly. Et d’ajouter : Ce combat est en train d’être gagné. Ce que nous pouvons faire, c’est poursuivre ce combat pour neutraliser le maximum de jihadistes, ce que nous faisons déjà depuis des mois. Il faut aller au bout. »

Seulement, cela ne réglera pas le problème des familles de ces jihadistes français, dont certaines ont trouvé refuge à une cinquantaine de kilomètres de Raqqa. Sur les ondes de France Inter, ce 17 octobre, Mme le ministre de la Justice, Nicole Belloubet, a indiqué que les jihadistes français « feront l’objet d’une judiciarisation » et que « tous les enfants seront pris en charge ». Sans plus de détail.

Enfin, une autre question à régler est la gouvernance de Raqqa, ville majoritairement arabe sunnite. Normalement, comme à Manbij, ville reprise par les FDS en août 2016, un « conseil civil » devrait entrer en fonction. Reste à voir quelle sera sa marge de manoeuvre, l’emprise qu’y exercera le PYD, le parti kurde syrien qui, via ses milices, a payé un lourd tribut à la prise de la ville, ainsi que le rôle qu’entendra tenir le régime syrien qui, de son côté, vient de reprendre la localité de Mayadin à l’EI. L’enjeu est de taille au regard des destructions et des besoins élémentaires de la population qu’il faudra satisfaire au plus vite.

(*) Selon les estimations données par la coalition anti-jihadiste et la Direction du renseignement militaire (DRM).

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