La Somalie a connu l’attentat le plus meurtrier de son histoire

Le 14 octobre, Mogadiscio a subi le 33e attentat au véhicule piégé depuis le début de cette année. Et ce dernier est sans nul doute le plus meurtrier jamais commis en Somalie, pays qui connaît une situation très compliquée sur le plan sécuritaire, avec en particulier la persistance des milices Shebabs, affiliées à al-Qaïda.

Un véhicule piégé a ainsi explosé, à une heure de pointe, au carrefour PK5, dans un quartier commerçant très fréquenté du district de Hodan. Plusieurs bâtiments ont été fortement endommagés, voire détruits, par la déflagration et des dizaines de véhicules ont pris feu.

A priori, la cible des terroristes était l’hôtel Safari. D’ailleurs, selon Al Jazeera, quatre assaillants ont surgi et attaqué les gardes de sécurité qui protégeaient l’établissement. Puis, une seconde explosion a eu lieu plus tard, dans le district de Madina, toujours à Mogadiscio.

Le bilan des victimes n’a ensuite pas cessé de grimper. Près de 36 heures après la première explosion, qui a ravagé tout un quartier, il est question d’au moins 276 tués et de 300 blessés. Jamais la région de la Corne de l’Afrique n’avait connu un tel carnage, l’attaque terroriste jusqu’alors la plus meurtrière étant la destruction des ambassades américaines de Nairobi et de Dar es-Salam (224 morts en 1998).

Pour le moment, cette attaque n’a pas été revendiquée. Mais son mode opératoire porte la marque des milices Shebab, lesquelles furent chassées de Mogadiscio en 2011, avant de perdre le contrôle de leurs principaux bastions dans le pays, grâce à l’AMISOM, la mission de maintien de la paix déployée par l’Union africaine, dans le cadre d’un mandat des Nations unies.

Depuis, les milices Shebabs se livrent à des actes terroristes, ciblant prioritairement les responsables gouvernementaux et les ressortissants étrangers à Mogadiscio tout en menant des actions de guérilla dans les zones rurales, infligeant parfois de lourdes pertes aux troupes africaines de l’AMISOM. En outre, elles contrôlent toujours des territoires situés dans le couloir de la vallée du Djouba et la région de Hiraan, où elles fournissent des services de base à la population.

Cela étant les troupes de l’AMISOM ainsi que les soldats somaliens, peuvent compter sur un appui militaire des États-Unis. C’est ainsi que les forces américaines ont intensifié leurs actions contre les milices Shebab. En juillet, elles ont effectué un quinzaine de frappes aériennes contre des chefs et des camps d’entraînement de l’organisation jihadiste.

L’un de ces raids a même tué Ali Jabal, le responsable des attaques menées par les Shebab à Mogadiscio et dans la région de Banadir. L’US Africom, le commandement américain pour l’Afrique, avait affirmé, à l’époque, que son élimination allait « dégrader considérablement la capacité des Shebab à coordonner leurs attaques dans la capitale et dans le sud de la Somalie. »

Sous réserve qu’elle ait bien été commise par les Shebabs, l’attaque du 14 octobre démontre le contraire… D’autant plus que sa planification a demandé des moyens logistiques conséquents, la charge explosive ayant dévasté le PK5 ayant été estimée à au moins deux tonnes.

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