Pour éviter les collisions, les navires de l’US Navy signalent leurs positions dans les zones fréquentées

Estimant que la collision de l’USS John McCain avec un pétrolier, au large du détroit de Malacca, en août dernier, aurait pu être évitée, la VIIe Flotte de l’US Navy a décidé de relever de son commandement le « pacha » de ce destroyer, le capitaine de frégate Alfredo Sanchez. Son second, le capitaine de frégate Jessie Sanchez a subi le même sort.

Dans un communiqué, il est expliqué que ces deux officiers ont « perdu la confiance » de leur hiérarchie. Pour le premier, il est notamment reproché d’avoir commis des erreurs de jugement. Quand au second, il aurait mal dirigé le programme d’entraînement du navire.

Cette sanction est classique pour ce genre d’incident. Avant eux, plusieurs officiers de l’USS Fitzgerald furent également relevés de leurs fonctions pour la même raison, leur navire étant entré en collision avec un porte-conteneurs au large du Japon.

Quoi qu’il en soit, cette décision survient donc après plusieurs incidents ayant impliqué des navires américains affectés dans la zone Asie-Pacifique (et qui ont coûté la vie à 17 marins). Les résultats des enquêtes en cours n’ont pas officiellement été communiqués.

L’on sait que l’US Navy vérifie si les collisions de ces dernières semaines n’ont pas été causées par des cyberattaques. Pour cela, une équipe de la Xe Flotte [commandement de la marine américaine dédié au opérations dans le cyberespace, ndlr] a passé au crible les données des sytèmes informatiques de l’USS John McCain. Sans rien avoir trouvé pour le moment.

En outre, un récent rapport du Government Accountability Office (GAO, l’équivalent américain de la Cour des comptes) a pointé le surmenage des marins de l’US Navy affectés dans la région Asie-Pacifique, avec des semaines de travail de 100 heures. Ce qui laisse peu de temps à consacrer à la formation technique et opérationnelle.

Cela étant, pour éviter une nouvelle collision, l’US Navy a émis une directive exigeant de ses navires d’activer le système d’identification automatique (Automatic Identification System – AIS) en mode actif quand ils naviguent dans des zones maritimes très fréquentées.

Jusqu’à présent, ce dispositif, qui fonctionne via une radio VHF, n’était utilisé qu’en mode passif, c’est à dire que les navires américains recevaient la position des autres bâtiments sans dévoiler la leur. Et cela au titre de la sécurité des opérations (OPSEC), l’idée étant de ne pas communiquer des informations pouvant être utilisées à des fins hostiles.

Un professeur de l’US Naval War College, Lyle Goldstein, a relativisé la portée de cette mesure sur la sécurité des opérations auprès du magazine spécialisé Stripes. « Avec leurs capacités ISR (Renseignement, surveillance, reconnaissance), les Chinois ont déjà une assez bonne idée de l’emplacement des navires de surface américains, grâce à plusieurs sources, dont la surveillance par satellite ou encore les flottes de pêche chinoises. »

Toutefois, a-t-il ajouté, « j’imagine qu’il y aura de toute façon certaines zones sensibles (près des Philippines et du Japon par exemple) où les navires de guerre américains continueront à fonctionner sans balises actives pour des raisons de sécurité militaire. »

18 commentaires sur “Pour éviter les collisions, les navires de l’US Navy signalent leurs positions dans les zones fréquentées”

  1. « qui fonctionne via une radio VHF ». Ca fonctionne sur la gamme de fréquences VHF mais ça ne passe pas par la VHF marine.
    Les bâtiments de guerre, lorsqu’ils sont en mode émission, se déclarent généralement avec un nom générique du genre « French Warship » sans donner de destination ou autres détails. Ca ne dévoile pas grand chose.
    Les navires civils travaillent beaucoup avec l’AIS qui apparaît directement sur leur console radar.

    1. Bonjour,
      Si on veut être précis, le trames AIS sont diffusés sur deux canaux VHF du service mobile maritime (161.975MHz et 162,025 MHz). Dire que ça fonctionne via une radio VHF est donc exact , même si ce n’est pas de la phonie. Un récepteur AIS inclus nécessairement une partie réception VHF.

  2. Je leur conseillerais surtout
    D’écouter la radio
    De brancher leur radar
    D’allumer leur feux
    D’avoir des veilleurs sur la passerelle
    De ne pas s’endormir au volant…..

    1. Haha, j’allais dire la même chose, et ajouter du matos de tuning avec des néons rouges en dessous des navires, au ça où un sous-marin veut remonter…

  3. @M. Lagneau
    Bonjour, le pacha et son second sont tous les deux des capitaines de frégate (=commander). Dans l’US Navy, les destroyers sont généralement commandés par des capitaines de frégate, les croiseurs par des capitaines de vaisseau (=captain).

    PS : il manque un bout de la première phrase de l’article (encore un coup des nord-coréens?)

  4. Peut-être que l’US Navy découvre que le trafic sur les grandes voies maritimes est similaire au périphérique parisien, aux heures de pointes?

    Donc, mettre son clignotant pour signaler aux petits copains qu’on tourne n’est pas, basiquement, une idée totalement idiote.

    Maintenant, si on se prend pour la première marine de guerre du monde et qu’on en a rien à foutre des autres, c’est sûr que c’est une révolution copernicienne.

    « Putain, il va falloir que je m’insère dans un trafic! Oups! » Si on y va avec un esprit de choc, faut pas s’étonner d’entrer en collision avec les autres danseurs sur le dance floor.

    Sinon, les deux s’appelaient Sanchez (Alfredo et Jessie). C’est peut-être une homonymie. Mais si un abruti se marie à une idiote, faut pas s’étonner que ça parte en couille, non plus.

    On ne met pas un homme et sa femme sur le même navire: vu ce que ça donne quand on conduit, on veut éviter le pire. Trop de morts sur les routes. Le mariage doit se perfectionner s’il veut conduire.

    Mais c’est peut-être qu’un homonymie.

    1. Oui, c’est un peu ça, même la marine de l’Hyperpuissance va devoir passer le permis.

    2. Va un soir en plein été ,la rentrée avant apéro , du golfe du grau du roi, sur port camargue, c’est de la folie, j’ai mème vu un petit bateau se faire coincer par deux grosses vedettes, juste après la digue, sans que ces mecs s’arrêtent, un vrai sortie de métro…

  5. Ce qui est ahurissant c’est qu’ils n’ont pas l’air de penser mettre quelqu’un en passerelle pour surveiller les écrans!!! L’AIS ne sera pas toujours en fonction, et le même problème se reposera !!!

  6. L’AIS n’est pas nouveau, mais les navires de guerre n’émettaient pas pour rester discret.

  7. A cause de failles humaines et de limitations techniques, la première marine mondiale est obligée de descendre d’un cran son OPSEC maritime; L’AIS c’est un peu comme l’ADS-B pour les avions ; et il existe des sites pour suivre tout ça en direct: quelqu’un d’un peu au courant, avec un peu de background, pourra en retirer quelques infos intéressantes, comme on peut le faire par l’ADS-B et toutes ses limitations. Et on saait bien qu’un tout petit bout d’info partielle par ci, un petit bout d’nfo partielle par là, tout ça mis ensemble, ça permetun gros bout d’info.Je parie que les sites de suivi d’activités de l’US Navy en direct, ne vont pas tarder à fleurir, comme les autres qui existent depuis un moment déjà ..

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