La Turquie a signé un contrat portant sur l’achat du système de défense aérienne russe S-400

Qui aurait dit, en novembre 2015, c’est à dire au moment où les relations russo-turques étaient exécrables, que la Turquie allait se doter du système de défense aérienne russe S-400? Depuis, et même si tous les contentieux qui les opposent n’ont pas été aplanis, Ankara et Moscou ont opéré un spectaculaire rapprochement, y compris dans le domaine militaire.

Ainsi, le 12 septembre, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a annoncé la signature d’un contrat portant sur l’acquisition du système S-400 « Triumph » (code Otan : SA-21 Growler), pour un montant qui n’a pas été précisé. « Un acompte a également été versé pour autant que je le sache », a-t-il même précisé. « Le président Poutine et moi-même sommes déterminés sur cette question », a-t-il ajouté.

Selon des informations ayant « fuité » cet été, la commande turque porterait sur 4 systèmes S-400, pour un montant de 2,5 milliards de dollars. Les deux premiers exemplaires seraient livrés d’ici la fin de l’année 2018 tandis que les deux derniers devraient être produits en Turquie.

Initialement, dans le cadre de son programme T-Loramids, Ankara avait sélectionné, en 2013, le système chinois Hongqi-9/FD 2000, basé sur le S-300 russe. Et cela, aux dépens du consortium franco-italien Eurosam (SAMP-T) et du tandem américain Raytheon/Lockheed-Martin (Patriot PAC-3).

Ce choix fut vivement critiqué étant donné que ce système chinois était incompatible avec ceux mis en oeuvre par l’Otan, dont la Turquie est membre. Sauf à livrer à Pékin des informations confidentielles de nature à compromettre les procédures entre les membres de l’Alliance atlantique.

Puis, finalement, Ankara renonça au système Hongqi-9/FD 2000, non pas pour des raisons liées à l’Otan mais à cause d’une mésentente sur les transferts technologiques consentis par Pékin. Ce renoncement redonna de l’espoir aux industriels qui avaient été éconduits quelques mois plus tôt. Et même à d’autres, comme le consortium MEADS (Medium Extended Air Defense) qui, réunissant Lockheed-Martin et les filiales italienne et allemande de MBDA, se risqua à faire une proposition à la Turquie.

Dans le même temps, des bruits coururent sur un intérêt turc pour le S-400, notamment après le rapprochement de Moscou et d’Ankara à l’été 2016. Mais là-encore, le choix du système russe posait des problèmes de compatibilité avec ceux de l’Otan. « Généralement, c’est plutôt une bonne idée pour des alliés d’acheter des matériels compatibles entre-eux », fit ainsi valoir le Pentagone.

Mais visiblement, tel n’est pas le souci des dirigeants turcs. « Nous prenons seuls les décisions relevant de notre indépendance », a ainsi affirmé M. Erdogan. « Nous sommes obligés de prendre des mesures de sécurité et de défense pour défendre notre pays », a-t-il insisté. Qui plus est, la Russie est prête à faire quelques facilités de paiement, le président turc ayant évoqué le « transfert d’un crédit russe » afin de permettre de financer ce contrat.

Côté russe, on a confirmé les propos de M. Erdogan. « Le contrat a été signé et on se prépare à le mettre en oeuvre », a dit Vladimir Kojine, conseiller pour la coopération militaire et technique du président Poutine. « Les S-400 sont un des systèmes les plus compliqués, composé d’un ensemble de matériels techniques », d’où un grand nombre de « subtilités » à régler, a-t-il ajouté. « Je peux seulement dire que toutes les décisions prises sur ce contrat correspondent à nos intérêts stratégiques », a-t-il encore fait valoir.

Actuellement, la Turquie entretient des rapports tendus avec plusieurs membres de l’Otan, dont les Pays-Bas et l’Allemagne, au sujet de laquelle le président Erdogan multiplie les provocations. Et c’est aussi le cas avec les États-Unis, ces derniers ayant fait le choix, dans le cadre du combat contre l’État islamique (EI ou Daesh), de soutenir les milices kurdes syriennes, considérées comme terroristes à Ankara.

Cela étant, et outre ce contrat concernant les S-400, la Turquie a signé, en juillet dernier, un accord de coopération avec Eurosam afin de développer des « systèmes de défense antimissile ». Et cela, dans le cadre d’un programme « national », impliquant les groupes turcs Aselsan (électronique) et Roketsan (missile).

62 commentaires sur “La Turquie a signé un contrat portant sur l’achat du système de défense aérienne russe S-400”

  1. Certains penseurs nationalistes russes qui ne font pas partie de l’entourage de Poutine développent une pensée qui donne une vision cohérente de l’action russe. Ils estiment que la Russie n’est pas rattachée à l’Europe Occidentale mais fait partie d’un ensemble Euro-Asiatique qui doit l’amener à rechercher une communauté d’intérêts avec les pays de cette région. On en voit l’embryon dans ses relations avec d’anciennes Républiques Soviétiques mais aussi les BRIC et des pays du Moyen-Orient. Pendant que tout le monde se focalise sur ZAPAD personne ne s’occupe de l’exercice SODRUJESTVO parce qu’il se déroule en même temps mais au centre de la Russie, où les Forces de Défense Aérienne de Russie, Bielorussie, Kazakhstan, Tadjikistan, Kyrghistan et Arménie s’entrainent à travailler en coordination avec les Troupes Spatiales Russes. L’exercice se poursuivra au Kazakhstan et au Tadjikistan. De même l’exercice actuel commun entre parachutistes russes et egyptiens dans le Krai de Krasnodar peut passer pour certains comme une opportunité née de la vente des BPC russes quand d’autres y voient la Russie construire ses réseaux d’influence. Même si cela peut paraître un numéro d’équilibriste d’entretenir des relations avec l’Inde et le Pakistan, l’Azebaidjan et l’Arménie…il y a une cohérence du point de vue géographique. La Turquie ne faisait pas partie d’un plan concerté de longue date, par contre c’est un exemple de réalisme en diplomatie.

    1. Exact en 2007 lorsque Poutine à Munich a proposé de travailler avec l’UE on l’a envoyé sur les roses,d’autres ont proposé (comme Douguine)de créer une coopération sur le continent Eurasie,nous sommes restés muet,il est donc normal vu le rapprochement des frontières de l’OTAN de la Russie que cette même Russie cherche à stabiliser la partie asiatique(aucun pays veut des ennemies sur 2 fronts;hors US qui ne veulent aucun ennemie )

    2. c’est bien mal connaitre la Russie et son histoire que de dire ca.
      quand les russes parlent d’un pays eurasien c’est d’abord contre l’Europe colonie US.
      ensuite c’est aussi à gauche l’équivalent de son qu’on entend en France par la « diversité » autant dire que pour la première tous le monde dit oui pour les questions géostratégiques mais non pour la partie immigration (et oui là bas aussi) et pour la 2ème personne ne se donne meme la peine de répondre.
      Quand à la Turquie ca durera le temps que ca durera, le coup d’état raté a rapproché la Turquie de la Russie et la guerre en Syrie à rapproché la Russie de la Turquie (alors que c’était très mal parti).
      Mais toujours est-il que la Russie est l’ennemis naturelle de la Turquie, pas la meme religion dominante et surtout la Russie cherche toujours un accès à la Méditerranée.
      Bref tout ca c’est de la politique de court terme comme avec la Chine qui colonise une grosse partie de la Russie. Si l’ouest arrêtait de poussé la Russie dans les bras de la Chine…
      pour Sodrejestvo c’est les anciennes républiques soviétiques, l’équivalent des anciennes colonies soviétiques.

    3. @corto m
      Complètement d’accord. Il suffit de regarder une carte pour que ça saute aux yeux. Idem pour la Turquie. Il faut se rappeler que la turquie a basculé à l’Ouest dans les années 50 au moment du processus de Bagdad. C’est d’ailleurs son engagement en Corée ( 80 militaires je crois) qui scelle cette alliance. Après avoir pris la main aux anglais en med orientale les USA ont reconstruit de zéro l’armée turque moderne.
      Vous pouvez ajoutez dans votre liste de nombreux exercices bilatéraux totalement passés sous silence notamment avec l’Inde.

      1. « C’est d’ailleurs son engagement en Corée ( 80 militaires je crois) qui scelle cette alliance. »
        Beaucoup plus que 80 source Wiki https://fr.wikipedia.org/wiki/Brigade_turque en Corée :
        « Parmi les membres de la brigade, 721 furent tués, 2 111 blessés et 168 furent portés disparus en Corée. Un total de 14 936 hommes servirent dans la brigade entre 1950 et 1953. »

      2. Durant la guerre de Corée, les Turcs ont envoyé une brigade complète d’un peu plus de 5000 hommes. Elle était rattachée à la 25ème division d’infanterie pendant toute la guerre. Les Turcs ont eu près de 900 tués et disparus.

        1. et c’est donc cet engagement des « mehmets » surnom des turcs en corée qui leur a ouvert les portes de l’alliance atlantique en février 52.
          La turquie était pour Truman la pièce maitresse de la politique de containment. un décret d’aide exclusive de 1947 a ouvert la manne qui a fait de l’armée turque, la première armée européenne en volume au milieu des années 50 ( 40 divisions blindées et infanterie 20 actives + 20 reserves, 1 millions d’hommes mobilisables (ce n’est pas une coquille) 400 chasseurs f84 et f86…)

    4. Au sujet du « numéro d’équilibriste » de la Russie, son poids militaire et politique, son histoire, sa permanence, son expérience diplomatique le lui permet. Pour toutes les puissances de la région, Moscou est une donnée incontournable.

    5. +1
      Lla Russie augmente sa main mise sur la mer noire. et par la même les appros en énergie de l’Europe. Crimée, Abkhasie, sud ouest de l’Ukraine, à l’exemption de Mariupol, Il ne serait pas étonnant que la Moldavie réclame bientôt un accès à la mer, ce qui permettrait de poursuivre l’encerclement.
      Petit à petit la Russie reprend la main sur la route du gaz. Elle maîtrise celle du nord passant par l’Ukraine et la Biélorussie et a maintenant un moyen de pression supplémentaire par celui transitant aujourd’hui et demain via la Turquie.
      On n’est pas prêt de se passer du gaz algérien et la Roumanie de matériels et de troupes US.

  2. Difficile à suivre ce monsieur Erdogan sachant qu’une telle acquisition est très engageante sur le long terme, non ?

  3. La lecture turque est que lors du putsh manqué de juillet 2016, c’est la russie qui a sauvé le régime quand ses alliés occidentaux se plaçaient au mieux dans une posture d’observateur pour ne pas dire de complaisance.
    Le soutien indéfectible aux fds, est à leurs yeux (turcs), un facteur aggravant et le referendum du 25 septembre des kurdes irakiens n’arrange pas les choses. Il faut dire que la position prise par les occidentaux est plutôt une position molle à l’image de tillerson qui a indiqué en aout qu’il serait sage de repousser ce referendum à plus tard sans plus de conviction. Hors le referendum focalise toutes les attentions régionales. Irak, turquie, iran, ligue arabe, ccg y sont opposés…
    Pour l’instant haider al abadi considère le kurdistan irakien comme sous souveraineté irakienne…il est possible qu’après le 25 septembre, il soit plus tolerant à l’égard des forces turques stationnées au kurdistan, et peut etre même un peu plus.

    1. Il est clair que les US veulent créer un Kurdistan au depend des pays existant. Il faut donc qu’il s’arme rapidement pour faire face à la menace des avions US. Et pour cela rien de tel que le S400.

    2. Bonsoir Jyb, ne trouvez vous pas que les US et Israël jouent plutôt à fond la carte Kurde, en particulier pour la course à l’échalote: Deir-el-Zor/Abu Kamal ?…
      Intéressant ce jour l’interview d’un ex top général Israélien sur son avis sur le PKK et Daesh … https://twitter.com/newsintelligenc/status/907348088985190400
      Fascinant son l’analyse de l’Iran,vraie menace parce que réelle civilisation (pas comme Daesh vue comme des barbares inoffensifs)
      http://syria.liveuamap.com/en/2017/11-september-yair-golan-major-general-and-former-deputy-chief
      C’est de bonne guerre … mais ça montre bien que rien n’est plié en Syrie … Le grand jeu continue …

      1. Les Américains sont en plein colloque avec les chefs des tribus sunnites de Der Azzor,Raqqa et environs,qui étaient ,il y a quelques jours à peine,mano en la mano avec l’EI.On en est qu’au début de la guerre en Syrie.Maintenant on va passer aux choses sérieuses:le partage du gâteau.

      2. @jesse38
        non les kurdes sont fixés sur raqqah. Les us ont dans l’urgence constitué une force arabe (d’ou les opé aéroterrestres) qu’ils progètent en pointe pour contrarier l’avancée de l’aas à deir ezzor. De ce point de vue là, on va inévitablement à une épreuve de force. Il va y avoir un cadrage rapide de la com us parce que c’est un peu cacophonique pour l’instant. J’observe que coté irakien ça bouge du coté de la base d’ain al assad et que les forces irakiennes se positionnent dans la zone de sakra. Logiquement les irakiens vont viser abou kamal via anah. Cette nouvelle offensive devient elle prioritaire par rapport à celle de hawija ? A hawija on reste au stade des opé aériennes.
        Pour israel, les kurdes sont peut etre les acteurs qui vont maintenir de l’instabilité chez ses adversaires mais pas beaucoup plus. Je ne dirai pas qu’elle joue la carte kurde. En revanche c’est la confirmation qu’israel a fait une définitivement une croix
        sur la Turquie. Le problème d’israel aujourd’hui c’est la fiabilité de ses alliances tacites qui ne resistent pas aux succès des russo-syriens et dans une moindre mesure des iraniens.
        Je m’explique. La jordanie dans la foulée de la décision us d’abandonner le front sud a exigé de ses groupes rebelles qu’ils quittent le sud syrien. Dans le même temps ils ont repris langue avec les dirigeants syriens pour securiser la frontiere sud ( 370 kilo)
        et pour réouvrir au moins un poste frontière. L’enjeu pour la jordanie est sécuritaire et économique. Même chose pour l’égypte qui soutien le régime syrien depuis longtemps. Enfin les saoudiens empétrés dans leur guerre au yémen, dans leur brouille avec le qatar et en proie à de graves crises intérieures ont quasiment laché les islamistes qui opéraient entre autre à la frontière syrienne.

      3. Le second lien est en effet très intéressant et finalement très lucide. Ce général précise bien qu’il parle du point de vue d’Israël ; aussi une bande d’exaltés en sandales et Kalash n’impressionneront jamais Israël. En Europe évidemment c’est une autre histoire, notamment du fait des larges communautés musulmanes installées, pourvoyeuses de recrues Daesh. On a pas trop entendu parler d’arabes israéliens rejoignant Daesh, et Israël a depuis longtemps pris les mesures qui s’imposaient contre le terrorisme sur son sol. En gros Israël possède les outils pour contrer la menace Daesh facilement (de leur point de vue donc).
        .
        L’Iran pour eux est une autre paire de manche, parfaitement résumée par le général : « They are very similar to us. Because they are very similar to us, they are much much of a threatening to us. » Pour ces mêmes raisons, la menace iranienne est beaucoup moins perçue comme telle par les européens.

        1. @vince
          – un peu facile à posteriori de faire de daesh une bande d’exaltés; quand il aura fallut plus de trois ans, des centaine de milliers d’hommes ( syrak) et l’appui des meilleurs armées du monde pour en venir (presque) à bout.
          – arabes israéliens/daesh : attention, il ne faut pas regarder vers la syrak mais vers le sinaï. Il semble que des bédouins arabes israéliens aient rejoint les rangs de la wilayt sinai ( daesh au sinai)

          1. @jyb Parce que Daesh a pu s’incruster comme dans du beurre dans un tissu urbain, par la grâce d’une armée syrienne quasi désintégrée par la guerre civile, et de l’irakienne qui s’est débandée à la vue du premier « technical ». Déloger des types déterminés est ensuite toujours très compliqué dans un milieu urbain (cf Varsovie pdt 2° GM par ex). Mais on est à des années lumières de la situation d’Israël et de Tsahal. On comprend donc le point de vue du général que jamais Daesh n’a pu constituer une menace pour Israël – c’est une menace militaire pour les Etats délabrés seulement.
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            Pour le point 2 l’info est intéressante ; il faudrait avoir une idée précise du nombre, mais là encore Israël dispose de tous les outils et de l’expérience pour faire en sorte qu’ils ne soient jamais une menace pour eux (et encore une fois ils ne sont rien comparés à la capacité de nuisance de l’Iran).
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            en revanche le point de vue européen est globalement exactement l’inverse.

    3. Vers le clash. Le parlement irakien vient d’approuver un train de mesure dont des mesures militaires contre le referendum kurde.

    4. L’Irak est déjà de fait divisé en 3 zones et elles seront bien délimitées après les règlements de compte qui vont suivre la « disparition » de l’EI.Je doute que Bagdad puisse réunir ces 3 sous un même toit et ait les moyens de dicter quoi que ce soit aux Kurdes irakiens.Pour les Turcs,ce sont les Kurdes syriens leurs principaux ennemis.Bizarrement ils ont toujours été en bons termes avec Barzani et les kurdes irakiens.De toute façon l’existence d’un Kurdistan indépendant (irakien) dépend de la volonté et du soutient des USA et Russie.J’ai peur qu’ils ne refassent le coup foireux Sykes-Picot.Avis SGDG

  4. Simple, il suffit d’arrêter toute coopération industrielle avec la Turquie, les sortir de l’OTAN et maintenant que tout le monde est d’accord, arrêter les mascarades avec l’UE.

    1. Et permettre l’ouverture totale de la Méditerranée à la flotte russe via le détroit du Bosphore ?
      meme si la Grèce devait prendre le détroit (sacré conditionnel quand meme), la Grèce est très favorable à la Russie, la soeur orthodoxe.

    2. @Pierro
      L’OTAN et l’union européenne sont deux entités bien distinctes quand-même.
      La question est inédite pour L’OTAN mais je ne crois pas que l’option de se séparer de la Turquie soit envisagée.

      1. J’ai pensé à la même chose, mais la coopération turco-européenne fait peser le même risque sur notre technologie.

    3. La sortir de l’OTAN?? Vous êtes sérieux ? C’est le seul pays moyen oriental de l’OTAN et vue sa position stratégique ( frontières communes avec l’Iran, l’Irak, la Syrie, la Géorgie) personne ne la souhaite sortir de l’OTAN. Pour info le USA ont installé des missiles sol sol balistiques nucléaire durant la guerre froide ( ils y sont peut-être encore) puisque la Turquie partageait une frontière terrestre avec l’URSS. Sans oublier que la Turquie contrôle l’accès à la mer noire; donc ils peuvent par exemple bloquer la flotte russe en Crimée . Dernier point les Trucs accueillent sur leur sol 3 millions de réfugiés syriens.

    4. @pierro les grecs aussi ont des missiles s300 et on en fait pas un drame. Pour ce qui est de l’adhésion faut allé remettre se plaindre chez les allemands qui ont promis des chaussées et qui font le contraire maintenant.

      1. @Pong
        Si la Grèce possède bien des systèmes S-300, pourtant ce n’est pas elle qui les a acquis … Chypre a acheté au milieu des années 1990 des systèmes de missiles sol-air S-300 à la Russie. Toutefois, suite à une vive réaction d’Ankara, ces équipements ont été déployés sur l’île de Crète dans un soucis d’apaisement, puis transférés à la Grèce. Suite à ce fait, la Grèce est le seul pays de l’Otan (jusqu’ici …) armé de missiles russes S-300. Elle dispose également de 6 batteries de Patriot PAC II/ PAC III …

    5. A mon avis ça n’a rien de simple.
      Cependant, tout ou presque est possible s’il existe une volonté politique forte. Mais, vous l’aurez peut-être remarqué, c’est une chose dont nous européens avons oublié l’existence depuis longtemps. Alors nous pouvons toujours nous gargariser de notre potentiel qui est réel, mais la seule chose qui compte c’est que nous n’oserons jamais nous en servir. Et tous nos adversaires ou partenaires l’ont compris.

    6. Ahw t’es blessé dans ton amour propre mais j’ai une question. Les revenus des achats des matériels militaires achetés par les pays l’OTAN vont dans la poche de qui? Surement les Lockheed Martin ,Boeing etc.Donc je ne vois pas en quoi ca impacterait les industries de d’armement de la France qui ne grappillent que quelque pourcentage en termes de part de marché global sur le continent de l’OTAN.Ceci dit avec tous ces revenus , les entreprises du Complexe Militaro_industriel americains seront toujours en forme financièrement pour maintenir leur R&D a flot.ils seront toujours capable de s’aventurer dans des projets faramineux comme le F-35, Dassault Aviation peut il se permettre un tel luxe? donc l’OTAN n’est qu’une vache a lait trait par les entreprises militaires des USA. la Grece possède des S-300 et je n’ai jamais entendu de battages médiatiques a propos de cela.Les S-400 sont une décision qui appartient a la Turquie et l’OTAn n’a pas le droit de s’y ingerer ,l’UE non plus parce que la Turquie est indépendante (en fait j’espere qu’elle le soit)

  5. C’est bien joué de la part de Poutine ! L’Ouest ferait mieux de se préparer au grand choc contre cette alliance.

    1. Poutine n’y est pour rien… c’est les circontances et la politique américaine qui pousse Erdogan a réviser ses alliances.

  6. Je ne comprend pas qu’on puisse continuer a travailler avec les Turcs.Ils vont a la pêche aux technologies de tous bords et se construisent sur notre bosse une industrie d’armement qui nous concurrence, qui tôt ou tard rivalisera avec la notre en qualité et nous menacera.
    Je m’inquiète pour rien?

    1. Ca s’appelle la Realpolitik. La Turquie, par sa situation géographique au carrefour de l’Asie, du Moyen-Orient et de l’Europe, et son poids démographique, reste un pays et un partenaire incontournable des Occidentaux dans la région. Erdogan le sait bien, cela détermine et explique en partie son attitude à l’égard des pays européens.

  7. Quand tout le beau monde dont parle jyb sera officiellement ligué contre l’installation des kurdes, il ne restera à l’Occident que deux options: 1 forcer le passage et s’exposer au terrorisme. 2 lâcher les kurdes…..
    J’espère que nous allons forcer le passage , et rendre au peuple kurde ses terres, parce que de toutes manières nous auront le terrorisme.

  8. Résumons : un pays de l’OTAN va s’équiper avec des S400 : il suffira d’une aimable pression et de quelques avantages pour que les services secrets US, voire israéliens, s’en procurent un exemplaire 🙂

    1. m’est avis que s’ils se rapprochent trop de la Russie, leur F35 seront désactivés à distance voire complètement détruits par une salve de missiles

      je vois mal les USA laisser leur technologie tomber aux mains des russes

  9. Un membre de l’Otan et candidat en cours d’adhésion à l’Union Européenne, achète des armes à la Russie … Cherchez l’erreur ! Et pendant ce temps, Bruxelles soutien et continue à financer l’adhésion de l’Etat islamique de Turquie !

  10. La Turquie n’ayant que des amis autour d’elle , il est normal qu’elle s’en protège de tous les côtés. Erdogan est très logique. En effet, il a envoyé un contingent de soldats turcs pour l’exercice Rapid Trident 2017 : cet  » exercice de l’OTAN  », organisé en Ukraine ( qui ne fait pas partie de l’OTAN° . qui donne des boutons au président moldave Dodon parce que 57 de ses soldats ont fait le mur pour y participer aussi .

  11. Cette affaire des S-400 turcs est un splendide « coup » pour Moscou. C’est un coin placé entre Ankara et le reste de l’OTAN. Si la question kurde dégénère pour la Turquie (et de sombres nuages s’accumulent en Syrie et en Irak), qui peut dire si les Russes ne seront pas installés sur les Détroits dans 50 ans et ne joueront pas le rôle de « protecteurs  » de ce qui restera de la République de Turquie (si c’est encore une république…)…

  12. Cela étant, et outre ce contrat concernant les S-400, la Turquie a signé, en juillet dernier, un accord de coopération avec Eurosam afin de développer des « systèmes de défense antimissile ».
    .
    L’accord en question est de facto caduque car la Turquie n’a plus besoin d’aligner des Aster 30 avec S-400; et ce n’est pas le premier pied de nez que Erdogan fera et continuera de faire à l’OTAN et à l’UE.
    .
    Ce contrat entre Turquie et Russie retentit comme ce qu’on peut interpréter comme « un heureux échec » de MBDA à l’export qui proposait de SAMP/T avec Aster 30.
    .
    Un heureux échec car les importations turques n’ont pas d’autres buts que de donner accès à des transferts technologiques au missilier indigène « Roketsan » qui s’est déjà illustré par ses capacités en rétro-ingénierie sur des systèmes américains et israéliens.
    Maintenant ce sera les russes et que grand leur fasse.
    Les industriels israéliens, eux, ne se sont d’ailleurs pas bousculé pour répondre à cet appel d’offre turc.
    .
    Sur le plan de l’industrie militaire, Erdogan conserve un Cheval de Troie à l’échelle de l’OTAN avec le RU qui co-développe le projet TF-X et deux autres en Union Européenne avec Navantia pour la construction d’un voire deux BPE et bien évidemment la Pologne au niveau des blindés.

    1. Je suis pas d’accord, n’oublier pas qu’il s’agit d’acquérir seulement 4 batteries S400, c’est très loin de combler les besoins en missiles sol-air de la défense turque (encore moins le besoin mer -air) , l’achat du S-400 est pour une mise en service urgente vue les circonstances … mais la Turquie c’est 780milles km² de territoires avec des sites stratégiques très lointaine et des voisins instables ou en contentieux pour les ZEE
      Le projet de ce doté d’un système de défense antiaérien national (HISAR-O) n’est pas envisageable avant 10 ans
      Dans le cadre du projet national de construction des navires de guerre (MILGEM/TF2000 pour frégate de défense antiaérienne ) les sm3 sont souvent évoquée mais le choix n’est pas fait et les relations avec les USA se dégrade. Une commande chez MBDA est bien possible, d’ailleurs si les négociations avec la Russie n’aboutissais pas le consortium MBDA étais le prochain choix devant Raytheon et son Patriote .
      Les Israéliens n’ont pas été sollicité du tous.
      Pour TF-x monsieur Lagneau ne la jamais évoqué mais Dassault système est aussi intéressé pour prendre part dans le projet en phase de conception détaillé grâce à sont expérience en modélisation 3D ect..

    2. Et on ne s`épanchera pas sur le fait qu`entre un Aster 30 et un S400, il n`y a pas photo. Bonne occasion de se metre au cyrillique. C`est assez etonnant de constater que l`avance technologique prise par les sovi1tiques (à l`époque) dans le domaine des SAM (en grande partie grâce aux ingénieurs allemands capturés), s`est conservée tout ce temps.

    3. On en les veut pas en Europe, et ils ne trouveront plus d’intérêt à rester dans L’OTAN.
      La Russie, et l’Ian vont les courtiser, et la Turquie va en profiter pour jouer sur plusieurs tableaux.
      Faut pas non plus, que les usa sous prétexte de garder la Turquie dans L’OTAN, force l’Europe à l’intégrer, pas question.

  13. Je ne vois pas où est le problème, la Grèce, membre de l’OTAN possède déjà des S-300 PMU sans aucun soucis.

  14. Aujourd’hui tout se vend, surtout si on est capable, comme les Russes, de produire de nouvelles versions de S400 plus performantes et de bloquer, à distance, le « mauvais usage » éventuel des matériels plus anciens par les acheteurs…

  15. Donc après le soutien aux mollah iraniens, à l’émir du Qatar, aux talibans afghans, au rétablissement de la charia en Tchétchénie et aux terroristes du Hezbollah, la Russie s’engage avec une Turquie qui vire dictature islamiste…
    ha oui, j’oubliais ça aussi : https://www.youtube.com/watch?v=Kn305RFTzO8

    1. Gaston, y a le téléfon qui son, et y a person qui y répond. Au lieu de débiter vos idiosyncrasies, rendez-vous utile.

  16. @Popov
    @Pong
    SVP pouvez-vous développer ce que vous indiquez à propos des S-300 et de la Grèce ? Sont-ils connectés au réseau de l’OTAN ? Sont-ils opérationnels ? Sont-ils maintenus par la Russie ? Etc.

  17. @ jyb
    Effectivement l’exercice Indra 2017 aura lieu en septembre/ octobre dans le Krai de Primoskii et à la différence de l’année dernière ce sera un exercice interarmées au lieu de trois exercices séparés Avia Indra, Indra Navy et Indra, signe que l’interopérabilité progresse.

  18. Cela fait partie du détachement inéluctable de la Turquie du bloc Occidental.
    Pour une multitude de raisons la Turquie n’a rien a faire dans l’Europe.

    Erdogan veut devenir un nouveau dictateur, et les dictatures ne parlent qu’entre elles.

    Il vaut mieux intégrer l’Ukraine et faire partir la Turquie, cela sera plus cohérent.

    Quand a la Russie, elle joue toutes les cartes possibles pour mettre des coins dans l’OTAN, et elle a trouvé sa cible.

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