La Turquie a signé un contrat portant sur l’achat du système de défense aérienne russe S-400

Qui aurait dit, en novembre 2015, c’est à dire au moment où les relations russo-turques étaient exécrables, que la Turquie allait se doter du système de défense aérienne russe S-400? Depuis, et même si tous les contentieux qui les opposent n’ont pas été aplanis, Ankara et Moscou ont opéré un spectaculaire rapprochement, y compris dans le domaine militaire.

Ainsi, le 12 septembre, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a annoncé la signature d’un contrat portant sur l’acquisition du système S-400 « Triumph » (code Otan : SA-21 Growler), pour un montant qui n’a pas été précisé. « Un acompte a également été versé pour autant que je le sache », a-t-il même précisé. « Le président Poutine et moi-même sommes déterminés sur cette question », a-t-il ajouté.

Selon des informations ayant « fuité » cet été, la commande turque porterait sur 4 systèmes S-400, pour un montant de 2,5 milliards de dollars. Les deux premiers exemplaires seraient livrés d’ici la fin de l’année 2018 tandis que les deux derniers devraient être produits en Turquie.

Initialement, dans le cadre de son programme T-Loramids, Ankara avait sélectionné, en 2013, le système chinois Hongqi-9/FD 2000, basé sur le S-300 russe. Et cela, aux dépens du consortium franco-italien Eurosam (SAMP-T) et du tandem américain Raytheon/Lockheed-Martin (Patriot PAC-3).

Ce choix fut vivement critiqué étant donné que ce système chinois était incompatible avec ceux mis en oeuvre par l’Otan, dont la Turquie est membre. Sauf à livrer à Pékin des informations confidentielles de nature à compromettre les procédures entre les membres de l’Alliance atlantique.

Puis, finalement, Ankara renonça au système Hongqi-9/FD 2000, non pas pour des raisons liées à l’Otan mais à cause d’une mésentente sur les transferts technologiques consentis par Pékin. Ce renoncement redonna de l’espoir aux industriels qui avaient été éconduits quelques mois plus tôt. Et même à d’autres, comme le consortium MEADS (Medium Extended Air Defense) qui, réunissant Lockheed-Martin et les filiales italienne et allemande de MBDA, se risqua à faire une proposition à la Turquie.

Dans le même temps, des bruits coururent sur un intérêt turc pour le S-400, notamment après le rapprochement de Moscou et d’Ankara à l’été 2016. Mais là-encore, le choix du système russe posait des problèmes de compatibilité avec ceux de l’Otan. « Généralement, c’est plutôt une bonne idée pour des alliés d’acheter des matériels compatibles entre-eux », fit ainsi valoir le Pentagone.

Mais visiblement, tel n’est pas le souci des dirigeants turcs. « Nous prenons seuls les décisions relevant de notre indépendance », a ainsi affirmé M. Erdogan. « Nous sommes obligés de prendre des mesures de sécurité et de défense pour défendre notre pays », a-t-il insisté. Qui plus est, la Russie est prête à faire quelques facilités de paiement, le président turc ayant évoqué le « transfert d’un crédit russe » afin de permettre de financer ce contrat.

Côté russe, on a confirmé les propos de M. Erdogan. « Le contrat a été signé et on se prépare à le mettre en oeuvre », a dit Vladimir Kojine, conseiller pour la coopération militaire et technique du président Poutine. « Les S-400 sont un des systèmes les plus compliqués, composé d’un ensemble de matériels techniques », d’où un grand nombre de « subtilités » à régler, a-t-il ajouté. « Je peux seulement dire que toutes les décisions prises sur ce contrat correspondent à nos intérêts stratégiques », a-t-il encore fait valoir.

Actuellement, la Turquie entretient des rapports tendus avec plusieurs membres de l’Otan, dont les Pays-Bas et l’Allemagne, au sujet de laquelle le président Erdogan multiplie les provocations. Et c’est aussi le cas avec les États-Unis, ces derniers ayant fait le choix, dans le cadre du combat contre l’État islamique (EI ou Daesh), de soutenir les milices kurdes syriennes, considérées comme terroristes à Ankara.

Cela étant, et outre ce contrat concernant les S-400, la Turquie a signé, en juillet dernier, un accord de coopération avec Eurosam afin de développer des « systèmes de défense antimissile ». Et cela, dans le cadre d’un programme « national », impliquant les groupes turcs Aselsan (électronique) et Roketsan (missile).

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