Deux cargaisons nord-coréennes destinées à la Syrie auraient été interceptées

En septembre 2007, l’aviation israélienne mena un mystérieux raid contre le site d’Al-Khibar, près de Deir ez-Zor, en Syrie. Quelques mois plus tard, la raison de cette opération aérienne fut donnée : la zone bombardée abritait le chantier d’un réacteur nucléaire, construit selon les mêmes plans que celui de Yongbyon, en Corée du Nord.

« Nous sommes convaincus, sur la base de diverses informations, que la Corée du Nord a apporté son assistance aux activités nucléaires clandestines syriennes avant et après la destruction du réacteur », fit en effet savoir la CIA, en avril 2008.

Ces révélations conduisirent l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) à ouvrir une enquête. Et les conclusions de cette dernière confirmèrent les accusations américaines. Malgré les efforts de Damas pour dissimuler les preuves, les experts parvinrent à établir la présence de particules de graphite et d’uranium non-naturel sur le site désertique d’Al-Khibar.

Aussi, cette affaire n’était alors pas étonnante, étant donné les rapports étroits de la Syrie et de la Corée du Nord, instaurée depuis l’époque d’Hafez el-Assad [le père de Bachar, ndlr]. Et ces bonnes relations continuent encore aujourd’hui. Certes, elles ont donné lieu à des informations dont il n’est pas possible de vérifier la véracité.

Ainsi, en 2013, il fut dit que des pilotes nord-coréens d’hélicoptères avaient été envoyés auprès des forces gouvernementales syriennes. Ce qui Pyongyang réfuta. « Certains médias étrangers diffusent de fausses informations selon lesquelles la RPDC [République populaire démocratique de Corée] aurait fourni de l’équipement de guerre à la Syrie et ses pilotes seraient directement impliqués dans des raids aériens contre les troupes insurgées », avait rapporté l’agence de presse officielle KCNA.

En mars 2016, la présence, en Syrie, de deux unités nord-coréennes – Chulma 1 et Chulma 7 – décrites comme étant « redoutables » par un responsable du Haut Conseil des négociations (HCN), la principale alliance de l’opposition syrienne fut avancée. Là encore, il est difficile de démêler le vrai du faux. En tout cas, ces commandos nord-coréens auront été très discrets…

Cela étant, une chose est certaine : le régime nord-coréen est un soutien indéfectible du président el-Assad. Encore récemment, Kim Jong-Un a adressé des messages de sympathie à l’égard de son homologue syrien, comme en avril, à l’occasion des 70e anniversaire du Parti Baas.

« Aujourd’hui, le Parti Baas, sous votre direction, a écrasé les invasions des forces hostiles qui relèvent des provocations odieuses et a mené la lutte pour protéger la souveraineté et l’unification du territoire », a ainsi écrit Kim Jong-Un. « Le peuple syrien remercie la Corée du Nord qui l’a aidé à surmonter ses difficultés », lui a répondu Bachar el-Assad.

De quelle aide s’agit-il? L’agence Reuters vient d’apporter sans doute une partie de la réponse, après avoir pu consulter un rapport sur les violations des sanctions commises par Pyongyang et récemment soumis au Conseil de sécurité par un groupe d’experts indépendants des Nations unies.

Ainsi, selon ce rapport, deux cargaisons nord-coréennes destinées au Centre syrien d’études et de recherches scientifiques (CERS), lequel supervise le programme d’armes chimiques, ont été interceptées au cours des ces six derniers mois.

« Deux États-membres [des Nations unies] ont intercepté des livraisons destinées à la Syrie. Un autre État membre a informé le panel qu’il avait des raisons de croire que ces produits font partie d’un accord entre la société Korea Mining Development Corporation (KOMID) et la Syrie », indiquerait ce document, selon Reuters.

« Les destinataires étaient des entités syriennes désignées par l’Union européenne et les États-Unis comme des société de façades pour le Centre syrien d’études et de recherches scientifiques, une instance identifiée par la commission comme coopérant avec KOMID dans des transports interdits par le passé », y serait-il expliqué.

Pour rappel, la Syrie a accepté de détruire son arsenal chimique en 2013, en vertu d’un accord conclu entre la Russie et les États-Unis, après l’attaque au gaz sarin commise contre le quartier de la Goutha.

Cependant, et alors que, officiellement, il ne dispose plus d’armes chimiques, le régime syrien est aussi accusé d’être le responsable du bombardement de la localité de Khan Cheikhoun, en avril dernier, avec une substance neurotoxique.

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