Afghanistan : Le mouvement taleb et l’EI accusés d’avoir uni leurs forces pour s’emparer d’un district

Le mouvement taleb afghan a revendiqué, le 6 août, la prise du district de Sayad, un verrou stratégique situé à une quinzaine de kilomètres de Sar-e-Pol, la capitale de la province du même nom, dans le nord de l’Afghanistan. Et, dans le même temps, 50 personnes  ont été massacrées dans le village chiite (l’ethnie Hazara) de Mirza Olong.

Seulement, pour les autorités afghanes et les responsables locaux, le mouvement taleb n’était pas le seul à la manoeuvre. « C’est une opération conjointe de Daesh [État islamique ou EI] et des taliban, ils ont recruté des forces dans les autres provinces pour attaquer Mirza Olong », a accusé Zabihullah Amani, le porte-parole du gouverneur de la province de Sar-e-Pol.

Les assaillants, qui comptaient des combattants étrangers dans leurs rangs, ont d’abord visé un poste de sécurité implanté dans ce village, avant de s’en prendre aux habitants.

« Selon les bilans reçus du terrain jusqu’à présent, environ 50 personnes, en majorité des civils, ont été massacrées par les talibans. Elles ont été exécutées, abattues par balles et pour certaines, décapitées », a expliqué M. Amani. « Certains ont été forcés à se jeter dans le vide », a-t-il précisé. Et ces méthodes, effectivement, rappellent celles employées par l’EI au Levant.

Toujours d’après ce porte-parole, les assaillants étaient des taliban mêlés à des combattants de Daesh commandés par Sher Mohammad Ghazanfar, un commandant local ayant fait allégeance à l’EI.

Ce qu’a confirmé Sharif Aminyar, un autre responsable local. « C’était une opération commune entre Daesh et les taliban », a-t-il dit. Les « taliban étaient commandés par Mullah Nader et les combattants de Daesh étaient dirigés par Sher Mohammed Ghazanfar », a-t-il précisé.

Et d’ajouter que les demandes de soutien aérien et d’assistance auprès des forces spéciales afghanes ont été « ignorées par le gouvernement central. Ils nous ont dit que l’aviation était occupée dans d’autres provinces. »

Une source sécuritaire en poste à Kaboul a confirmé, dans les grandes lignes, les témoignages des deux responsables locaux. « Les taliban ont créé le chaos qui a permis ces atrocités », a-t-elle relevé, d’après des propos rapportés par l’AFP.

Cette coopération entre la branche afghano-pakistanise de l’EI (EI-K) et le mouvement taleb a de quoi surpendre étant donné la rivalité qui oppose ces deux formations. Récemment, les combattants de Daesh ont ainsi chassé les taliban des montagnes de Tora Bora, dans la province de Nangarhar.

Mais pour le responsable sécuritaire interrogée par l’AFP, ce n’est pas si surprenant que cela en a l’air. « Á part dans le Nangarhar et à Kunar, partout ailleurs les talibans et l’EI collaborent ponctuellement; ils jettent des passerelles entre eux quand ça les arrange. Il n’y a pas de distinctions idéologiques strictes entre ces groupes », a-t-il expliqué. Et cela serait arrivé à au moins trois reprises, dans les régions du Badakhshan (nord-est), de Zabul (sud) et dans celle de Kunduz (nord), « où le commandant taliban Mawlani Salam avait noué des alliance avec l’EI avant qu’on ne l’abatte l’hiver dernier », a-t-il indiqué.

Dans le fond, ces coopérations ponctuelles n’ont rien d’étonnant si l’on considère que de nombreux membres de Daesh sont d’anciens taliban afghans ou pakistanais. Et certains changent d’affiliation au gré des circonstances.

Cela étant, le mouvement taleb afghan a démenti être à l’origine du massacre commis à Mirza Olong et nié toute coopération avec l’EI-K. « C’était une opération indépendante de nos moudjahidine, Ghazanfar est notre commandant à Sare-Pul », a fait valoir Zabihullah Mujahid, son porte-parole des taliban.

Quoi qu’il en soit, en avril dernier, le général John Nicholson, le commandant du contingent américain en Afghanistan et de la mission Resolute Support (Otan), avait mis en garde contre d’éventuels rapprochements entre les organsations jihadistes présentes dans le pays, alors même que la rumeur prêtait au réseau Haqqani (dont le chef est le numéro deux des taliban) l’intention de discuter avec l’EI-K.

« L’une des choses qui nous préoccupe et pour laquelle nous pensons que le monde doit se focaliser sur l’Afghanistan est le potentiel de convergence entre les différents groupes terroristes », avait-il dit, lors d’une conférence de presse.

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