Afghanistan : Entre le recours à des sociétés militaires privées et l’envoi de renforts, l’administration Trump hésite

Le mois de juillet se termine et l’administration de Donald Trump n’a toujours pas dévoilé la politique qu’elle entend mener en Afghanistan. Les seules décisions prises ont été de nommer un nouvel ambassadeur à Kaboul (en l’occurrence John Bass, alors en poste à Ankara) et de suspendre l’aide militaire accordée au Pakistan au motif, selon le chef du Pentagone, James Mattis, qu’Islamabad n’en fait pas assez contre les taliban afghans, et en particulier contre le réseau Haqqani, présent dans la zone tribale du Nord-Waziristan.

En juin, il était question de renforcer le contingent américain actuellement déployé en Afghanistan (8.500 hommes) dans le cadre de la mission Resolute Support de l’Otan. Restait en déterminer l’ampleur, l’option la plus probable consistant à envoyer près de 4.000 soldats supplémentaires. Et cela, alors que plusieurs membre de l’Alliance atlantique ont dit être prêts à revoir à la hausse leur participation militaire afin d’apporter un soutien accru aux forces afghanes.

Et, pendant que Washington tergiverse, le mouvement taleb afghan continue de gagner en influence (trois nouveaux districts dans les provinces de Paktia, Faryab et Ghor sont tombés entre leurs mains récemment) et la branche afghano-pakistanaise de l’État islamique (EI-K) fait preuve d’une résilience surprenante. Ce 31 juillet, encore, il vient de revendiquer l’attaque de l’ambassade d’Irak, à Kaboul.

Alors, quelle est la raison de cette hésitation de la Maison Blanche? D’après le Wall Street Journal, la décision que Washington est susceptible de prendre pourrait surprendre tout le monde. Ainsi, il serait question, ni plus ni moins, de retirer le contingent américain d’Afghanistan et de s’appuyer sur des sociétés militaires privées (SMP) pour faire le travail.

Le quotidien économique raconte en effet que la Maison Blanche étudierait avec intérêt une proposition faite récemment par Erik Prince, le fondateur de la SMP Academi (ex-Blackwater).

Ce dernier a expliqué que le président Trump a trois options : le retrait pur et simple des États-Unis, ce qui donnerait le champ libre aux « terroristes », continuer la « même folie » consistant à envoyer davantage de troupes et à dépenser plus d’argent pour obtenir peu de résultats ou bien commencer à voir cet engagement militaire « comme une faillite » et appliquer le plan qu’il propose, avec la nomination d’un « vice-roi » américain pour l’Afghanistan, qui jouerait le même rôle que celui du général MacArthur au Japon en 1945, l’adoption d’une approche similaire à la Compagnie des Indes Orientales, qui fut l’instrument de l’expansion coloniale en Asie, et le recours à des sociétés militaires privées, appelées à travailler avec les forces afghanes.

Selon Erik Prince, cela permettrait de réaliser de substantielles économies tout en continuant de maintenir la pression sur les taliban et autres jihadistes. Ce plan, défendu également par Stephen Feinberg, le propriété de la SMP « Dyncorp », aurait l’oreille de Steve Bannon, proche conseiller de M. Trump et de celle de son gendre, Jared Kushner.

En outre, Sebastian Gorka, un autre conseiller du président Trump, également proche de MM. Bannon et Kushner, a vanté les mérites du plan soumis par le fondateur de Blackwater. « À la Maison Blanch, nous ouvrons la porte à des idées extérieures. Pourquoi? Parce que […] les 16 dernières années, pour être honnête, ont été désastreuses. Des politiques élaborées par des gens qui étaient à la Maison Blanche ont mis le feu au Moyen-Orient. Et c’est l’EI (État islamique) aujourd’hui. Nous sommes donc ouverts à de nouvelles idées, car les 16 dernières années ont été un échec pour l’intérêt national américain et le contribuable américain », a-t-il plaidé lors d’un entretien donné à CNN, le 11 juillet.

Cependant, le chef du Pentagone et le conseiller à la sécurité nationale, le général H.R McMaster sont opposés au plan soumis par Erik Prince. Mais leur option, consistant à envoyer quelques milliers de soldats de plus en Afghanistan tout en continuant à mettre la pression sur le Pakistan et en cherchant l’aide de la Chine, ne fait pas consensus pour le moment. D’où les hésitations actuelles, qui ne peuvent que profiter aux insurgés et à l’EI-K.

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