Le nouveau chef de la branche afghano-pakistanaise de l’EI tué par un bombardement américain

L’espérance de vie des chefs de l’EI-Khorasan, la branche afghano-pakistanaise de l’État islamique, n’est pas longue. À peine trois après avoir été désigné pour diriger les opérations de l’organisation jihadiste, Abou Sayed a été tué lors d’un bombardement américain effectué dans la province de Kunar, dans l’est de l’Afghanistan.

« Les forces américaines ont tué Abou Sayed », chef de l’EI-K, lors d’une « frappe sur le quartier général du groupe » jihadiste le 11 juillet, a ainsi annoncé Dana White, une porte-parole du Pentagone. Ce raid aérien « a également tué d’autres membres de l’EI-K et va considérablement perturber les objectifs du groupe terroriste d’intensifier sa présence en Afghanistan », a-t-elle ajouté.

« C’est évidemment une victoire de notre côté pour ce qui est de les repousser. C’est la bonne direction », a, de son côté, réagi l’ex-général James Mattis, le chef du Pentagone. « Nous allons continuer jusqu’à ce qu’ils soient anéantis », a commenté le général américain John Nicholson, qui commande la mission de l’Otan Resolute Support et le contingent américain déployé en Afghanistan, en référence aux membres de l’EI-K, dont le nombre est estimé à moins d’un millier.

En un peu plus d’un an, Abou Sayed est le troisième chef de l’EI-K à avoir été éliminé par les forces américaines et afghanes. En juin 2016, le premier « émir » de l’organisation jihadiste, Hafiz Saeed Khan, un ancien membre du mouvement taleb pakistanais [ndlr, Tehrik-e Taliban, TTP], ayant fait allégeance au chef de l’EI, Abu Bakr al-Baghdadi, deux ans plus tôt, a été tué par une frappe américaine menée dans le district d’Achin, situé dans la province de Nangarhar.

Son successeur, Abdul Hasib, a ensuite été tué lors d’une opération des forces spéciales américaines et afghanes conduite le 27 avril dernier, également dans la province de Nangarhar. « C’est le second émir de l’EI que nous tuons en neuf mois avec des dizaines d’autres chefs et des centaines de leurs combattants. Depuis plus de deux ans, l’EI-K mène une campagne barbare d’assassinats, de tortures et de violences contre la population afghane », avait commenté, à l’époque, le général Nicholson.

Seulement, l’élimination des cadres de l’EI-K n’empêche pas l’organisation jihadiste de progresser. En juin, elle a ainsi chassé le mouvement taleb afghan des montagnes de Tora Bora, dans le sud-est de la province de Nangarhar. La frappe qui a permis d’éliminer Abou Sayed montre qu’elle s’est donc implantée dans celle de Kunar, plus au nord.

14 commentaires sur “Le nouveau chef de la branche afghano-pakistanaise de l’EI tué par un bombardement américain”

  1. Bravo !
    .
    Moins d’un millier de membres de l’ EI-K me paraît très peu … Réaliste , certes , mais trompeur …

  2. Je pense que c’est une histoire sans fin qui ne pourra pas être réglée du seul fait des armes.
    L’implication au bon niveau de tous les pays du Moyen Orient est indispensable pour mater le monstre qu’ils ont créé.
    Le cas échéant, la défaite sera notre seule partenaire au grand dam de tous les soldats qui y perdent leur vie.

  3. Je fais deux constats : quand les américains annoncent l’élimination d’un chef terroriste, le doute n’est jamais permis . Quand ce sont les Russes qui en font de même, la suspicion est omniprésente. L’exemple récent de El Baghdadi est à ce titre, très significatif.
    Ensuite, plus des « chefs » ou prétendus tels, de milices terroristes islamistes, sont éliminés, plus il en repousse et plus cette mouvance s’étend.
    Ne serait-il pas temps d’arrêter de double petit jeu médiatique et idéologique, qui ne fait en rien avancer les choses ?

    1. Le problème des Russes, c’est que, tant qu’ils utiliseront Sputnik pour faire leurs annonces, il sera tout simplement difficile de prendre celles-ci au sérieux !:)

      1. MD,
        Je veux bien suivre votre raisonnement.
        Donc, si Sputnik ou RT sont contraires à la déontologie et de la pure propagande, c’est parce qu’ailleurs cela ne se passe pas comme ça?
        En France, aux USA, pas de ça ?
        Donc, les trois journalistes qui ont avoué avoir inventé un complot russe au moment des élections américaines sans preuves n’ont jamais existé ?
        Et, en France, quasiment l’ensemble de la grosse presse, qui cache ou minimise des informations, transmet sans aucun réserve des manipulations comme la photo du petit Eylan, l’affaire Adama Traore ou tant d’autres, cela c’est de l’information ?
        Je veux bien votre affirmation, mais pour qu’elle soit valide, elle doit pouvoir être universelle. Quand nos médias cesseront de manipuler l’information à longueur de temps, les critiques contre Sputnik, peut-être justifiées je ne regarde pas ce média qui n’existe que sur internet ce qui minimise son impact, seront pertinentes et recevables.
        Et ne venez pas nous dire que c’est du « french bashing » il existe de très bons médias en France, mais diabolisés et pauvres.

    2. @ Jacques 29
      effectivement, la crédibilité des journalistes ou militaires agissant comme tels est sérieusement érodée. C’est d’ailleurs pour ça que nous visitons ce blog n’est ce pas?
      Quand à ce que l’O.T.A.N. réussirait et que les Russes ne feraient pas (notez les conditionnels), j’ai eu une remontée de bile en suivant le défilé de vendredi, avec les journalistes qui accumulaient les exclamations et approximations; (c’était bien la peine de virer le somnanbule des relations étrangères, lui confondait encore Kadhafi et Al Assad après quatre années de conflit) Et qui annoncaient pompeusement la reprise de Mossoul et la mort d’al Bagdadi.
      Combien de fois Bel Moktar est il mort, déjà?
      Sur ce, cette élimination potentielle reste une bonne nouvelle: m’en vais fêter ça avec un bière!

    3. Le Kremlin dispose d’informations « contradictoires » sur la mort du chef de l’organisation jihadiste Etat islamique (Daesh), Abou Bakr al-Baghdadi.
      « L’information qui nous arrive est contradictoire et est en train d’être vérifiée par nos agences de renseignement », a indiqué aux journalistes le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. « Nous n’avons pas d’information sûre », a-t-il ajouté.
      http://www.bfmtv.com/breves-et-depeches/mort-du-chef-de-l-ei-le-kremlin-a-des-informations-contradictoires-1218353.html#xtor=AL-68

  4. Tant que EI-K aura l’argent des Saoudiens et que les Afghans seront pauvres, il progresseront.

      1. Voilà qui est bien dit ! On sait tous que tuer leurs chefs ne nous ferra pas gagner la guerre, mais c’est mieux que de ne rien faire.

  5. Grosse méconnaissance de la manière afghane de faire la guerre… Les Américains n’ont rien appris de la guerre afghano-soviétique (entre autres, velléité de destruction totale de l’ennemi).

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