Eurofighter : Pour Airbus, l’Autriche sape la réputation de l’industrie aéronautique européenne

La décision, prise en 2003, de doter la force aérienne autichienne de l’avion de combat Eurofighter Typhoon n’a cessé, depuis, d’alimenter la polémique en Autriche. Et pour cause : ce contrat fait l’objet d’enquêtes portant sur des soupçons de corruption. Plusieurs responsables militaires et politique autrichiens ont ainsi été (ou le sont encore) inquiétés, de même que des dirigeants d’Airbus [membre du consortium Eurofighter avec BAE Systems et Leonardo, ndlr], dont Tom Enders, le patron du groupe européen.

En février, le ministère autrichien de la Défense a sorti l’artillerie lourde, en disant avoir été « délibérément trompé » tant sur « le vrai prix que sur les vraies capacités de livraison et les vrais équipements » des Eurofighter Typhoon. Et d’exiger des dédommagements, dont le montant, compris entre 183 millions à 1,1 milliard d’euros, correspondrait aux commissions facturées en catimini par Airbus.

Depuis, Vienne a annoncé son intention de retirer du service des 15 Eurofighter Typhoon d’ici 2020, en mettant en avant le coût trop important de ces appareils. Désormais, la force aérienne autrichienne est à la recherche d’une autre solution qui lui permettrait de mener à bien ses missions de police du ciel.

Mais cette polémique concernant l’Eurofighter Typhoon n’est pas du goût d’Airbus, qui vient de répliquer en adressant une lettre au à Harald Mahrer, le ministre autrichien de l’Économie.

« La tendance à criminaliser les fournisseurs et leurs partenaires dans une commande d’une telle importance internationale n’est pas acceptable pour nous en tant que secteur », a ainsi écrit Peter Denker, le représentant d’Airbus en Autriche, dans une missive datée du 11 juillet et dont l’agence Reuters a obtenu une copie. Et de dénoncer que la campagne électorale, sur ce dossier, a « depuis longtemps dépassé les limites raisonnables. »

Cette lettre s’inscrit dans le fil des déclarations faite par Tom Enders en avril dernier. À l’époque, il avait dénonce un « un détournement du système juridique » autrichien à « des fins politiques ». Et cela, alors que des élections législatives doivent avoir lieu en Autriche en octobre prochain.

Cette affaire des Eurofighter Typhoon a donné lieu à une enquête parlementaire. Ayant officiellement pris fin le 12 juillet, ses conclusions devraient être rendues publiques d’ici quelques jours.

13 commentaires sur “Eurofighter : Pour Airbus, l’Autriche sape la réputation de l’industrie aéronautique européenne”

  1. Bonjour,
    toujours au sujet d’Airbus DS, un mot par rapport à l’article du Next Generation Weapons Systems où les commentaires clôturés.
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    Rappelons comme ce n’était pas forcément lisible dans l’article, que ce projet ne sera pas binational.
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    Ce projet ne sera pas comme les Transall et Alphajet franco-allemand car il est déjà initialement germano-espagnol.
    Ce qui est logique car Airbus DS est une entité d’Airbus Group essentiellement allemande dont le principal site d’assemblage est à Séville en Espagne. Ceci expliquant cela.
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    http://www.globalsecurity.org/military/world/europe/fcas.htm
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    L’Espagne qui n’arrivera peut-être pas recevoir ses derniers Typhoon est donc déjà soumise au projet d’Airbus DS à l’horizon 2035.
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    Alors plutôt qu’une réelle coopération binationale franco-allemande il s’agira d’un projet européen dont le maitre d’oeuvre sera bel bien allemand comme l’indiquait Merkel en évoquant à Macron le modèle à suivre drone MALE européen RPAS (30% Allemagne 23% Espagne, Italie et… France), qu’elle estime être une « réussite ».
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    Le modèle de coopération autour de ce Next Generation Weapons Systems sera donc plutôt comparable à celui du Typhoon,
    Airbus et Berlin espérant ainsi grâce à la déclaration d’intention de Macron mettre fin aux réticences italiennes et suédoises.
    Si Italie et Suède rejoignent ce projet, ça aura été stratégiquement hyper bien joué par Merkel et von der Leyen profitant de la réelle naïveté de Macron et Parly.
    C’est malheureux,
    car suite au succès du nEUROn réunissant France, Italie, Suède, Espagne, Grèce et Suisse, suivi le lancement franco-britannique du SCAF/FCAS, la France via Dassault avait toutes les cartes pour rester au centre du jeu européen !
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    Marron nous tire une superbe balle dans le pied de notre industrie aéronautique de défense où la France d’assumer un leadership que se dessine. Un des derniers domaines industriels où nous sommes performants et une référence mondiale.
    Pour un président qui a de l’ambition pour notre pays, ça commence plutôt très mal.
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    Alors ce qui se présente comme un FCAS germano-espagnol sera t’il concurrent du FCAS franco-britannique ?
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    Observons un début d’indice sur le dessin (source Airbus DS) présentant le concept NGWS pensé par Airbus DS qui bien avant la Bundeswehr, est le véritable initiateur de ce projet.
    https://www.aerosociety.com/Assets/Images/Insight%20Blog/AirbusDS%20reveal%20Tornado%20successor/Airbus%20DS%20FCAS%20-2-web.jpg
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    Que voyons-nous accompagnant un avion de combat qui s’apparente (avec ses plans inclinés pour réduire sa SER) à un appareil dit de « 5e génération » ?
    _ Nous retrouvons un drone MALE « Talarion » avec ses deux turboréacteurs caractéristiques:

    http://www.air-cosmos.com/upload/18/pics/2014/05/paper/5379d7c8b59ee.jpg
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    Les deux en compagnie d’un autre produit d’Airbus DS, un UCAV, avec ici l’équivalent germano-espagnol du nEUROn qui était le « Barracuda » :

    http://avia.pro/sites/default/files/images/uav-barracuda-920-9.jpg
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    « Talarion » et « Barracuda » sont depuis devenus des échecs technologiques patents.
    Le Talarion est aujourd’hui abandonné face au RPAS qui suivrait une conception proposée par Dassault:

    https://www.dassault-aviation.com/wp-content/blogs.dir/1/files/2017/05/Male.jpg
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    Et le SCAF/FCAS aurait toute sa place pour assurer le volet UAV ou plutôt UCAV du « NGWS », car n’oublions pas qu’à l’instar du SCAF/FCAS ces systèmes d’armes du futur établissent des vecteurs avec et sans pilotes.
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    Le SCAF/FCAS est aussi pensé et prévu à moyen-terme avec un avion de combat piloté, destiné à remplacer les Rafale et Typhoon à l’horizon 2040 et ceci au delà de l’UCAV qui lui est financé actuellement et en cours de développement pour voir voler un démonstrateur à l’horizon 2023/25 qui entrerait en service vers 2030/35.
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    Les britanniques devront aussi à l’horizon 2035/2040 commencer à remplacer leurs Typhoon et rien n’indique que ça se fera avec des F-35A.
    Le RU passera donc aussi par la case développement d’un nouvel avion de combat piloté (seuls les auteurs des magazines tels que DSI, Air & Cosmos ou Sciences & Vie croient à la fin des avions de combats pilotés dès 2030), qui n’est pour l’instant évoqué qu’au travers du volet avion piloté du SCAF/FCAS
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    Rien n’exclue que les allemands joignent le volet UCAV du FCAS qui resterait sous direction franco-britannique avant de négocier la définition et la répartition des taches du développement de ce FCAS/NGWS entre la France, le RU, l’Allemagne et donc l’Espagne, entrainant probablement l’Italie, la Suède, la Grèce et même la Pologne pour remplacer leurs Typhoon, Gripen et F-16…
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    Dernier point,
    beaucoup de commentateurs lambda comme journalistes spécialisés, ont tendance à conjuguer le Brexit avec la fin de toute coopération franco-britannique avec en premier lieu les accords bilatéraux de Lancaster House ou « Traité de Londres » de 2010.
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    Ces accords franco-britanniques furent justement établis pour contourner la lenteur européenne en matière de défense, une Europe de la Défense à la laquelle le RU préfère des accords bilatéraux.
    Le Brexit n’a donc aucune incidence sur ces accords puisque les accords de 2010 sont une sorte de « Brexit militaire » avant l’heure (puisqu’il n’existe pas vraiment de « UE de la Défense »).
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    Rappelons que ces accords franco-britanniques ne sont en rien indexés à l’OTAN et donc encore moins à l’Union Européenne.
    Pour ce type de coopérations franco-britanniques, il suffit de se reporter à celles qui ont vu naitre Concorde et Jaguar ou autour des Lynx, Puma et Gazelle, pour constater qu’elles n’ont rien d’inédit.
    Le RU était-il à l’époque membre de la CEE ou la France était-elle membre commandement intégré de l’OTAN à cette époque (fin années 60/début années 70) ?
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    Ce n’est donc pas le Brexit qui mettra fin aux coopérations militaires franco-britanniques dont la création d’une force commune de projection (qui voit depuis 7 ans voit de nombreux échanges entre parachutistes et infanterie de marine des deux pays) avec un commandement commun et l’accès donné au RU à nos moyens de recherches et nos modélisations pour maintenir leur capacité de dissuasion nucléaire. Ce qui passe la création d’un centre de recherche commun à Valduc.
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    Et le Brexit ne condamnera certainement pas d’importantes coopérations industrielles bilatérales telles que:
    – la tourelle CTAS de 40 mm,
    – l’Anti Navire Léger/FSGW-H,
    – l’Aster 30 Block 1NT,
    – le SLAMF « Espadon/Sworfish »,
    – CVS401 «Perseus » et
    – le SCAF/FCAS,
    qui comptent parmi les programmes les plus emblématiques.
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    On remarque au passage que 3 de ces projet sont portés par MBDA qui bien avant d’être un géant mondial et européen est un géant … franco-britannique (pour 80% des missiles produits).
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    En tout cas, il serait difficile de voir quel serait l’intérêt de la France à mettre fin à ces coopérations et qui plus pour les britanniques pour qui elles représentent une ouverture positive du marché européen dont ils sortent et où ils devront tout renégocier par ailleurs.

  2. « Pour Airbus, l’Autriche sape la réputation de l’industrie aéronautique européenne »
    C’est l’Eurofighter qui sape la réputation de l’industrie aéronautique européenne, et qui met à mal la défense et le budget des pays qui l’ont acquis. Mais ça, les industriels n’en ont que faire…

  3. Il semble que Airbus est adopté les habitudes françaises de vente, à savoir la corruption. Rien d’étonnant si les pays européens préfèrent acheter US. D’autant que ceux-ci proposent des avantages industriels et technologiques. Ainsi la Belgique a fait une bonne affaire en achetant des F16 plutôt que des F1. Car non seulement c’était un appareil révolutionnaire: commandes électriques, régulateur de vol par ordinateur, manche latéral, siège à 30%, mais surtout il fut construit à plus de 4.000 exemplaires fournissant du travail à l’industrie aéronautique belge des transferts techno et du travail pour plus de 30 ans.

    1. de Virgile
      Il semble que Airbus est adopté les habitudes françaises de vente, à savoir la corruption.

      Toi tu sembles colporter des choses que tu ne peux en aucun cas prouver. Toi être un mega gros troll. Toi comprendre j’espère !

    2. Le F1 n’ était pas à la hauteur du F-16 ; il a fallu attendre le 2000 pour rattraper le retard et aligner notre équivalent .
      Bon , les USA peuvent se permettre beaucoup de choses , la France beaucoup … moins …
      Quant à Airbus et la corruption , vaste sujet !
      Et si vous-vous imaginez que les américains sont blanc-bleu dans toutes ces transactions et ces marchés , vous-vous égarez quelque peu …
      Tout le monde fait à peu près pareil , regardez Saab …

    3. @Virgile
      Votre commentaire frôle le trollisme. Les dessous de table ne sont pas une tradition française mais une règle établie et établie partout ! Quand on ne dispose pas du poids politique des Etats-Unis, tout les pays passaient par des commissions pour obtenir des gros contrats et la France n’est pas été plus coupable qu’un autre pays ayant une industrie à faire tourner.
      Pour revenir aux achats des F16 Belges, ce choix était le plus évident car le Mirage 2000 était encore en développement et qu’il n’y avait pas d’autres mono-réacteur occidentale performant à cette époque. Par contre, je doute que avec le F35, la Belgique puisse récupérer quelques chose dans le mécano industriel du JSF étant donné que les italiens et les britanniques se sont déjà battus avec acharnement pour obtenir les maigres restes que Lockheed a bien voulu laisser…

  4. C’est juste l’Eurofighter qui est décevant, et ça ne s’arrange pas. C’est l’Eurofighter qui la fout mal pour les avionneurs européens.

  5. Les contributions sur un éventuel achat d’avions de combat croates étant clôturé, je poste içi pour faire acte de contrition:
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    @ Nenel: j’ai déclarés que les 2000N avaient réalisé des missions de permanence opérationnelle pour faire du guet aérien, et comme vous vous en doutiez, je n’ai pas retrouvé les sources le confirmant. Cependant, c’est une mission que les 2000D pourraient reprendre à leur charge pour soulager les Rafales une fois qu’un pod canon leur sera greffé.
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    @ Nico St Jean: j’ai photographié un rafale de très près mais aucune image ne montre la veine d’entrée d’air: La faute à un manque d’intérêt manifeste, et à l’absence de turbine, constatée par mes soins au fond de la dérivation.

    1. @Fabien
      Pour votre réponse à Nenel : C’est à l’été 2012 que l’AdA a prévu de faire participer les Mirage 2000N à la permanence opérationnelle, mais il semble qu’elle y ait finalement renoncé, notamment en raison du fait que le 2000N ne possède pas de canon et que son radar n’était pas vraiment adapté…
      Pour votre réponse à Nico St-Jean
      Ci-joint une photo de la veine d’entrée d’air du Rafale …
      http://1.bp.blogspot.com/-BSiM4escO-g/UoD7w2X7dGI/AAAAAAAAHoE/RkOn9ox0gqw/s1600/rafale_b_tlp_051_of_144+(1).jpg
      Notez la structure en « dents de scie » dans l’entrée d’air, faite en matériaux RAM, structures que l’on trouve un peu partout sur le Rafale (bords de fuite ailes, canards, trappes de train avant et principaux, …)… On trouvait ce système en dents de scie sur le F-117, souvenez-vous …
      https://www.bing.com/images/search?view=detailV2&ccid=QOfGnf9j&id=B624DAD9F68F5C9A2D9A7E22FAC02B074E5C60D8&thid=OIP.QOfGnf9jMyNxHd0zmd9qoAEOEs&q=f-117+nighthawk&simid=608023686877151677&selectedIndex=270&ajaxhist=0
      Et ces « dents de scie » ne sont pas faites pour faire joli ! … 😉

      1. L’important ce n’est pas tant les matériaux RAM mais bien le fait que l’on voit pas le réacteur par la prise d’air. Cela veut dire que les ondes ont beaucoup plus de chances d’aller frapper les matériaux RAM plutôt que de rebondir sur le réacteur (et renvoyé un écho ..) Mais pour en avoir vraiment le coeur net, il faudrait de meilleurs angles internes et voir si la turbine du réacteur est visible, si ce n’est pas le cas, cela veut dire que les réacteurs sont bien caché et 100% étanche comme les F-22/F-35 sinon, il faut vérifié en chambre anéchoïque pour en avoir le coeur net car même si vous pouvez voir la turbine, il se peut que raccords soient suffisamment courbés pour caché les réacteurs. Je peut cependant vous dire que ce que je vois est un plus puisque l’on ne voit pas la turbine sur la photo.

        1. @ Nicolas St Jean
          Je vous promet que les moyens de l’ONERA ont été mis à contribution pour contrôler la SER du Rafale. Le dessin des entrées d’à coûté 0.2 mach à l’l’avion entre le prototype et la présérie .

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