Des militaires maliens capturés par des jihadistes après l’attaque de leur base

Le camp des Forces armées maliennes (FAMa) implanté près de la localité de Bintagoungou, située à 80 km de Tombouctou, a été attaqué, ce 17 juin, à l’aube, par un groupe armé terroriste (GAT).

« Vers cinq heures, les jihadistes ont attaqué le camp militaire de Bintagoungou. Il y a au moins deux militaires tués », a en effet indiqué un élu de ce village à l’AFP. « Beaucoup d’autres (militaires) sont pour le moment portés disparus. Tout le matériel militaire du camp a été détruit », a-t-il ajouté.

« On ne voit plus de militaire malien. Le camp a été détruit. Les jihadistes sont repartis avec des otages militaires », a témoigné un habitant de Bintagoungou.

L’attaque a été confirmée par une source militaire malienne. « Je n’en dirai pas plus pour le moment », a-t-elle dit, en se gardant de donner un bilan.

Les camps militaires maliens sont régulièrement attaqués selon un mode opératoire identique, en particulier dans les régions du centre et du sud du Mali.

De même que les postes de gendarmerie et de douane, comme cela s’est encore passé à Hombori, le 15 juin, avec des assaillants repartis ensuite vers le Burkina Faso. Là, aucune victime n’a été à déplorer, ce qui n’est pas toujours le cas. Le même jour, un soldat malien a été tué par un engin explosif improvisé (IED) près d’Asongo, dans la région de Gao.

Ces incidents, auxquels il faut ajouter ceux ayant eu lieu dans la région de Kidal (nord) entre d’ex-rebelles de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) et des combattants de la Plateforme (pro-Bamako), surviennent alors que le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, a pressé le Conseil de sécurité des Nations unies d’adopter un projet de résolution qui, porté par la France, vise à soutenir politiquement et financièrement la création de la Force conjointe du G5 Sahel (Mali, Mauritanie, le Niger, le Tchad et le Burkina Faso).

Or, pour le moment, les États-Unis, sans lesquels la France aurait du mal à mener l’opération Barkhane, ne serait-ce qu’au niveau du ravitaillement en vol pour ses opérations aériennes au-dessus du Sahel, sont réticents à voter pour ce texte, estimant que le mandat qu’aura cette force conjointe du G5 Sahel manque de précision et que, par conséquent, une simple déclaration du Conseil serait suffisante.

Cela étant, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a défendu la nécessité d’une telle résolution, dans le dernier rapport sur la situation au Mali qu’il vient de remettre au Conseil de sécurité. « L’instabilité qui règne au Mali s’étendant de plus en plus aux pays voisins, il est nécessaire de renforcer la coopération et l’appropriation régionales, de manière à lutter contre les menaces qui pèsent sur la sécurité », a-t-il justifié.

45 commentaires sur “Des militaires maliens capturés par des jihadistes après l’attaque de leur base”

  1. Les Maliens n’ont aucune envie de se battre. Pourquoi les protégeons nous ? La France a donc tellement d’intérêts au Mali ?

    1. La routine.Encore un coup de notre ami Ag Ghali.Il connait le chemin vu qu’il est déjà venu a Bintagoungou,drapeau du CMA en tête ,faire la même chose,en pire en 2015(beaucoup de civils et enfants tués).

    2. Les Maliens de peuvent pas combattre seul les djihadistes, le terrorisme est une guerre totale nous devons le combattre tous. Et pour à ta question, bien sûr la France à un grand intérêt au Mali. « On fait rien pour rien »

      1. Non, la seule mine d’uranium au Mali (Faléa) est exploitée par une Sté Minière canadienne.

        C’est au Niger qu’AREVA exploite. Et ce n’est plus très stratégique depuis la diversification des sites miniers au Kazakhstan et au Canada.

        Par ailleurs, le pétrole de l’extrême-nord du Mali est exploité par la SONATRACH algérienne et exporté via l’Algérie.

    3. Il n y a pas d uranium au Mali…c est un pays voisin qui en a. Le Mali a de l or des diamants aussi, ainsi que et surtout du pétrole et sans doute du gaz non encore exploités (dans la partie justement convoitée par les djihadistes plein Est).
      C est un pays francophone situé entre deux Afriques et voie de passage millénaire donc stratégique et avec lequel nous avons justement des accords de défense. Accords que nous avons avec d autres pays africains. C est une question d image et de respect de la parole donnée qui se paie en soldats et financement : j appelle cela la dette par l honneur. Mais il y a les contreparties plus statégiques pour lesquelles l Armée intervient et c est son travail de le faire. De plus permettre un foyer étatique genre Daesh dans le coin est suicidaire pour nous si vous y réfléchissez un peu. Rien que pour cela on se doit d intervenir. On le fait depuis des années en  » sous main armée » du fait des diverses raisons invoquées plus haut…là on est intervenu directement comme au Tchad. J espère que l on va continuer et surtout fortement équiper et muscler notre armée qui en a un besoin vital maintenant. Les etatsuniens comptent sur nous dans ce coin du monde et nous prêtent une assistance diverse variée et…très riche nous permettant d intervenir sur le terrain vu que notre armée a l habitude de s y déployer, de s y maintenir surtout (une des rares du monde d ailleurs avec le Tchad maintenant) et notablement connue de nos ennemis et reconnue par alliés dans la région. Nos alliés sont bien plus nombreux que nos ennemis c est important.
      Pour ce qui est de l armée de ce pays il faudra faire comme au Tchad et donner le temps au Mali de se reconstituer une armee professionnelle mais à sa façon bien sûr car chaque pays a une armée qui lui ressemble…cela sera fait. Et dans quelques années les maliens rattraperont les tchadiens ne serait ce que par l expérience de la guerre… il faut être patient. D ici là on aide et on maintient en tapant et c est excellent pour l entraînement et surtout la motivation car rien de mieux qu une bonne Opex pour cela Sentinelle n est pas une OPEX de ce point de vue – mais 2000 ou 3000 pax ce n est pas suffisant il faudrait le triple sans doute voire plus…
      Sinon je rappelle que les tchadiens assurent la securité de leur territoire et maintenant sont capables d envoyer des corps expeditionnaires tres aguerris…et redoutés. Ainsi les djihadistes les traitent de « nuée de moustiques qui les harcèlent » (ils parlent de nous en nous traitant parmi d autres noms d oiseaux de « chiens enragés qui ne veulent pas lâcher leur proie »).
      Donc on continuera.

      1. Enfin je préciserais, pour info sur la valeur des soldats du Mali, que bien formés ceux ci dans le passé un peu moins récent composaient en grande partie les régiments de Tirailleurs…sénégalais qui ne venaient pas tous (comme leur nom ne l indique pas) des bords du Bafing ou du Bakoye…)

  2. Donc, les FAMA « reformés » par EUTM, non seulement ne sont pas en situation de protéger les populations, mais ne peuvent même toujours pas résister seuls à une attaque d’un de leurs camps militaires.

    Sachant que ce gros village était l’objet d’attaques récurrentes depuis des années http://maliactu.net/terreur-sur-bintagoungou-dans-le-nord-du-mali/

    Sachant qu’à 5 h du matin, heure assez habituelle d’attaque pour les djihadistes, tout le monde est censé être réveillé et avoir pris son repas du matin avant le jeûne du ramadan.

    Que sans doute, et comme l’armée du Niger, quand on mange, on oublie la garde …

    Qu’il n’y avait pas de système d’alerte d’urgence avec la grosse base internationale à l’aéroport de Tombouctou, à 75 kms de là (15 minutes d’une intervention, le temps de faire décoller 2 hélicos …) … ?

    Qu’au vu de la propension des FAMA et des FANiger à laisser filer leurs pick-up dans les mains des djihadistes à chaque attaque ou presque, on se demande pourquoi on n’insère pas discrètement des « mouchards » GPS dans les caisses des véhicules pour les suivre à la trace ensuite (en tout cas on n’a aucune nouvelle d’un véhicule qui aurait été retrouvé)

    Sachant enfin qu’aucun de ces villages n’est protégé d’une attaque par de très simples travaux de fortifications (comme l’ont fait les habitants de la très grosse ville de Maiduguri au Nigeria par exemple, avec un « mur de sable » autour des la ville), donc les villageois sont plus qu’incités à faire comme les 3 singes (« rien vu, rien entendu, rien dire »)

    On en arrive à un point où la situation est sous contrôle … de la hiérarchie parallèle mise en place par les bandes mafieuses & djihadistes (l’un et l’autre faisant bon ménage).

    A ce niveau on peut se demander combien de FAMA ont été capturés et combien ont déserté voire se sont ralliés aux attaquants ?

    Soutenir une force conjointe du G5 Sahel pour « régionaliser l’action » ne changera rien à la situation.

    1. Oui mais à Maiduguri, les gus de Shekau sont passés quand même en soirée du 07 Juin dernier après avoir mis en fuite une unité nigériane (valeur environ 1 section renforcée) et cela avec 4 technicals et environ 50 à 60 gonzes. Ils ont juste fait un trou dans le mur de sable et mis en place un pont fabriqué à l’avance. Ils s’adaptent… Bon, ils ont rompus le contact après environ 1 heure alors qu’ils étaient le long d’un axe appelé Polo road, au sud de la ville. Pour revenir sur la combativité des armées dans cette zone, les nigérians ont abandonné leur position dès qu’ils ont été sous le feu des technicals…

      1. Question par curiosité: Imaginons qu’une section de l’AdT d’un régiment X ou Y soit à la place de cette section nigériane sans possibilité d’appui aérien ou d’artillerie, quelles seraient les options des soldats français pour traiter le problème ?

        1. La victoire ou la mort.
          Si nous aimons célébrer Camerone ou Bazeilles, ce n’est pas par ce qu’elles sont des défaites et que nous n’avons pas assez de victoires à célébrer, c’est pour cultiver l’esprit du sacrifice.
          Jusqu’à la dernière balle, ensuite baïonnette au canon, on charge comme à Sarajevo!

        2. Si pas d’appui possible ça veut dire que ce poste est pourvu des hommes, munitions et matériel pour riposter ou tenir face aux menaces identifiées en amont. Et dans le cas présent cette attaque n’a rien d’exceptionnel.

        3. @Jyb a répondu. En l’espèce, on parle d’une unité en charge de sécuriser un accès Sud de Maiduguri, pas de gonzes lourdés au milieu de nulle part. Il y avait du mortier à environ 3 km, un hélico armé a été engagé mais trop tard, les gus étaient déjà dans les lisières sud de la ville et les Alphajets ont aussi été engagés mais les gars de Shekau ont rompus le contact dès leur décollage de Yola… Cela dit, les NAF ont quand même utilisé l’artillerie pour stopper la progression le long de Polo Road, zone habitée…

    2. Incompétence atavique, à tous les niveaux : politique et militaire. Perte de temps à soutenir ces ânes ; où alors on reconnaît officiellement le protectorat de la France sur ce pays , incapable de s’assumer.

      1. Au rythme de l ‘immigration il y aura plus de bambaras en France qu’au Mali. Ça va devenir un département comme Mayotte.

  3. …Dans ce pays sahélien comme dans bien d’autres il arrive que certains militaires changent de camp pour une raison ou une autre:souvent car parce qu’ils n’ont plus reçus de ravitaillement ou de solde depuis un certain temps , n’ont pas été relevés depuis longtemps ,ou ne sont pas en phase avec les chefs militaires issus de tribus différentes qui se révèlent maladroits , inaptes au cdt ou franchement c ..!
    Dans le cas présent ,il y a les pb liés au Ramadan ,il y en a un autre c’est les liaisons radios,un troisième les liaisons aériennes ,le quatrième l’appuis aérien qui semble inexistant …
    Probablement pas de moyens aériens de reconnaissance …et peu de carburant pour leurs véhicules !
    – En face des gens de Daesh et des maffieux trafiquants déterminés …souples et manoeuvriers ,bien armés et fugaces…Les pertes qu’ils infligent ,n’incitent pas au recrutement ,ils se ravitaillent sur leurs prises et emmènent avec eux des otages prisonniers qu’ils obligeront plus ou moins… à changer de camp, ou qu’ils questionneront avant de les liquider ou les revendre …
    Le G5 ,Cette armée Africaine composée de bric et de broc , n’a pas l’appuis suffisant des US , les « chefs » n’ont peut être pas le charisme nécessaire ,ils ne cherchent pas à s’impliquer sérieusement dans cette guerre dont ils ne maîtrisent pas la finalité …
    …En récupérant en France les Maliens déserteurs ou réfugiés économiques ,la France pourrait peut-être renforcer ces armées …Faut-il encore le faire et les motiver!

    1. Très bonne idée de récupérer les déserteurs Maliens ou réfugiés en France. J’étendrais même ce  » recrutement  » d’office à toutes les réfugiés africains ( qui n’ont pas le droit de travailler car en demande d’asile, mais qui ont leurs chambrées nettoyées par des femmes de ménage….) pour créer une Légion Africaine. Après si ils le veulent ils prendront le pouvoir chez eux.

      Quand je pense à la combativité des anciens tirailleurs sénégalais, et autres formations autochtones de l’époque, il y a bien un problème aujourd’hui.

    2. Ce G5 et la résolution du conseil de sécurité ont été demandés par la France,pour éviter de se retrouver seule et s’ensabler.Les Américains….et les Anglais, donnent leur bénédiction au projet,mais ne veulent pas de résolution qui les obligerait a le financer.La France va tenter une nouvelle résolution pour avoir le soutient des anglo-saxons,mais en attendant c’est l’Europe qui allonge 50 millions € et une poignée de soldats italiens en sus des allemands:autant dire rien.Ce G5 et ses 10 000 gus,seront de fait ,mal armés,sous commandement Malien, a Bamako,qui a montré,comme on a sait, toute son efficacité jusqu’ici:un machin de plus pour pomper du fric.

    3. Votre témoignage montre toute les lacunes des armées tiers-mondistes qui n’ont que d’armé que le nom . En effet, on s’imagine tous des soldats disciplinés dans leur camp avec un grand sens du devoir comme c’est le cas chez nous. Mais hélas, l’armée malienne fonctionne à l’image du pays, une armée composé d’hommes, peu entrainés, peu équipés, peu concernés et surtout qu’ils reçoivent leur solde et le ravitaillement de manière aléatoire (si ils la reçoivent) et qui sont presque abandonné dans le désert avec juste des messages d’encouragements sans parler des problème ethniques . Et après, on s’étonne pourquoi , il n’existe aucune discpline , un je m’enfoutisme à tout les niveaux et du coup au lieu d’être des chasseurs de djihadistes, ils se retrouvent dans la position de « chassé ». Surtout que les djihadistes s’adaptent et prennent systématiquement des otages pour couvrir leurs fuites en cas de contre attaque aérienne françaises.

  4. Avec cette situation le MONSIEUR de Sebenikoro prétend qu’ une campagne électorale est possible au Mali.
    Je l invite à faire un tour à Tombouctou Kodak Tessalit Labzenga Bourem Menaka.
    Le cas échéant s il n est pas en capacité de se rendre dans ces localités pour tenir des meetings alors le choix est clair.
    J ai l impression que ce monsieur ne respecte que le coup pied.
    Devant le NON Respect du peuple le citoyen malien ne peut plus accorder un égard à cet individu

  5. Le « camp » en question n’est qu’un avant-poste avec une vingtaine de soldats maliens.
    Selon le maire du village, les assaillants sont arrivés aux abords de Bintagoungou entre 4h30 et 5h du matin, à bord de 3 véhicules qu’ils ont laissés en périphérie de la localité pour progresser discrètement, à pied, vers le poste militaire. Un soldat, posté en sentinelle, a été tué à l’arme blanche, vraisemblablement pour maintenir l’effet de surprise. Les assaillants ont alors investi le camp, tuant 4 autres soldats et en blessant 8 autres, cette fois par balle. Le magasin de munition a été incendié, 8 véhicules détruits et un autre emporté. Des renforts, venus de Goundam, sont arrivés vers 8 heures du matin et ont entamé des recherches dans cette zone difficilement praticable, pour retrouver certains militaires portés disparus. Selon une source sécuritaire régionale, au moins 4 soldats manqueraient à l’appel. Les blessés, eux, ont été évacués vers Tombouctou, à bord d’un hélicoptère dépêché par la Minusma.
    Bilan : 5 soldats tués, 8 blessés et au moins 4 disparus.

  6. Le Niger a monté une nouvelle opération militaire à partir de la région de Tillabéri (ouest) pour mieux combattre les « terroristes » islamistes venus du Mali voisin et auteurs d’attaques sanglantes. « Cette nouvelle force dénommée Dongo (la Foudre en langue locale), est composée d’un bataillon de 245 hommes bien équipés pour combattre les terroristes venant du Mali » selon une source sécuritaire locale. Niamey a décidé « d’accroître les moyens matériels » en vue de « combattre l’ennemi » et a prorogé de trois mois l’Etat d?urgence en vigueur depuis mars dans plusieurs départements des régions de Tillabéri et Tahoua proches du Mali. Ces deux régions sont devenues très instables en raison de nombreuses attaques meurtrières attribuées à des groupes jihadistes visant régulièrement des positions de l’armée et des camps de réfugiés. Mi-mai, l’ONU dit y avoir répertorié « 34 attaques » perpétrées depuis février 2016 par des groupes armés.

    1. Ce faisant, les effectifs viennent de la zone de Diffa, donc affaiblissement face à l’Etat Islamique Afrique de l’Ouest… et donc ces derniers en profitent : dernier clash le 16 soir à Mainé Soroa… Le Niger ne maîtrise pas grand chose actuellement sur ses frontières.

  7. Echaudé par la situation au Mali, en Centrafrique ou encore en RDC, l’ONU se prépare à déléguer les opérations de maintien de la paix à l’Union africaine. Un passage de témoin qui reste conditionné à la mise en place d’un processus de financement de ses opérations par les Nations Unies.
    L’ONU est présente au Mali, Centrafrique, Sud- Soudan et en RDC, des zones où les casques bleus sont depuis le début 2017 dans la ligne de mire des différents groupes rebelles.
    http://afrique.latribune.fr/politique/2017-06-17/operations-de-maintien-de-la-paix-l-onu-veut-passer-le-temoin-a-l-ua-740476.html

  8. 130 000 maliens en france souvent jeunes et costauds…aller un treillis un famas réforme et en route pour leur patrie bien aimée indépendante il paraît depuis 1962…tout mort francais la bas est un de trop…

  9. J’espère que tout le monde a encore en mémoire les déclarations lénifiantes voire triomphantes du célèbre duo Hollande–le Drian à propos du Mali: courageuse et victorieuse intervention française, pacification du pays, élimination des menaces, action exemplaire de la France. Quelques années plus tard la réalité ramène tout le monde à la modestie. La peste islamiste s’est répandue dans tout le centre de l’Afrique et même au-delà, puisqu’on en vient déjà à fortifier jusqu’a la Côte d’Ivoire et que le Niger est déjà hérissé de bases..
    la France court derrière les Jihadistes, de plus en plus loin et elle s’essouffle de plus en plus. Il y a un moment, il faut savoir dire stop et débrancher les tuyaux. L’acharnement militaire, c’est comme l’acharnement thérapeutique.
    Il y a beaucoup de travail à faire en France pour y supprimer définitivement toute menace islamiste radicale, et toutes les troupes françaises actuellement en Afrique pour pas grand-chose, seraient bien plus utiles sur notre territoire, pour y participer au grand ménage qui est à faire.
    Une bonne fois pour toutes, que l’Afrique , »le continent d’avenir », d’après ce que disent certains intellos français, prenne ses affaires en main et les règle toute seule comme une grande.

    1. @Jacques29,
      .
      Quand vous parlez d’associer l’armée française à « un grand ménage » à faire en France, vous parlez de quoi, au juste? Pas des trucs de vieux dégueulasses, encore?
      .
      Bon, sinon, laisser le champ libre aux islamistes dans la BSS, vous trouvez que c’est une bonne idée?
      .
      En tout cas, si je vous suis bien, vous préconisez une stratégie de repli dans la forteresse France, expurgée ses éléments islamistes à l’aide de l’armée.
      .
      Mais, vous-vous attendez à quoi, au juste? J’veux dire, comment vous figurez-vous les islamistes en France? Comme des insurgés retranchés dans un nouveau fort Chabrol, dont l’adresse se trouve dans le bottin des téléphones, qu’on peut investir et prendre d’assaut, de vive force? Seriez-vous également persuadé que le mot « islamiste dangereux » est marqué en lettres fluo sur le front de chaque islamiste?
      .
      Je vous pose ces questions, parce que si c’est effectivement ça que vous avez en tête, je crains que vous ne soyez pas l’homme de la situation.
      .
      Daesh essaime partout dans le monde. L’idée, c’est de tenir la BSS, pas de se barrer. Sinon, tout ce qu’on a fait jusqu’à maintenant n’aura servi à rien. Je vous explique. Si on lâche la BSS, on fait trois choses, qui ont des conséquences graves:
      – On fournit aux djihadistes un sanctuaire de la taille du Canada,
      – On leur permet de réaliser un continuité territoriale de l’Atlantique à la Mer Rouge, entre le foyer historique du djihad qui se trouve au PMO et la zone cible d’expansion du djihad vers l’ouest: l’Afrique Occidentale, où est déjà implanté Boko Haram, notamment,
      – On leur offre la possibilité de prendre à revers les pays du Maghreb pour les déstabiliser et créer en leur sein les conditions du djihad. C’est-dire, en gros, de refaire à l’échelle de toute l’Afrique du Nord ce qui s’est passé en Algérie dans les années 90.
      .
      Perso, c’est pas ce que je ferais. Mais peut-être n’avons-nous pas la même appréciation de la situation?
      .
      Peut-être pensez-vous que c’est le moment rêvé pour revenir dans le ventre de môman et s’y planquer en attendant que ça passe? Aaaah, les hommes et leur môman chérie, c’est toute une histoire.

  10. Le défaut chronique et symbole de l’Afrique dans tout les domaines et le militaire n’y est pas épargné. Manque de conviction, troupe indisciplinée, mal payé et équipé, matériel laissé à l’abandon et non entretenu, incompétence, corruption, hiérarchie paresseuse et absente, état prédateur avec une administration parasite et une armée qui ne sert qu’a rançonner les pauvres civils ou a fomenter des coups d’états.

  11. Rien à faire, les occidentaux ne retiennent toujours pas les leçons du passé : on prétend « former » des armées africaines en leur inculquant les méthodes et les procédures de nos armées professionnelles et suréquipées. Sauf que la culture est différente, et surtout que le contexte n’est pas le même : peu d’équipement moderne, des conditions de vie difficiles pour la troupe, un encadrement limité et souvent défaillant… Il serait intéressant de savoir où étaient les officiers de cette unité malienne lors de l’attaque, d’ailleurs. Avant de dire que les soldats maliens ne veulent pas se battre, il faudrait commencer par se mettre à leur place : pour la plupart, ils se sont engagés pour pouvoir nourrir leur famille dans un des pays les plus pauvres du monde. Ils se retrouvent dans une « armée » misérable et mal encadrée : pourquoi risqueraient-il leur peau dans ces conditions ? Tant qu’on ne se posera pas les bonnes questions, ce genre de désastre arrivera à nouveau : il suffit de se rappeler les déboires des américains avec l’armée sud-vietnamienne.

    1. Vous pensez que nos appelés qui se sont retrouvés engagés dans des guerres avaient la foi?
      Le soldat répond à la contrainte et a un système qui l’enferme mentalement dans un monde à part, ou il ne devient qu’un pion que des officiers manipulent.
      Les officiers maliens sont peut être un peu trop mou, manque de charisme et d’autorité…
      Tu marches ou tu crèves!

  12. Soyons positif. Prise d’otages = retour aux fondamentaux.
    Ça veut dire qu’on va savoir exactement à quoi on a à faire.
    Ça veut dire que les pseudo djihadistes veulent quelque chose.
    Ça veut aussi dire que la vie de leur ennemi
    Vaut quelque chose; ce qui n’était plus le cas ces derniers temps…

    1. Prise d’otage dit aussi, échange de prisonniers, la vie de leur ennemi ne vaut rien!

  13. Le grade dans les armées africaine de mesure tout autant par le tour de taille (plus révélateur du pouvoir réel) qu’aux épaulettes, et souvent une bonne volonté des troupes est réduite à néant par leur hiérarchie. Et le vrai chef est celui qui audience ses subordonnés dans son bureau climatisé avec antichambre; caricatural, mais de peu… De mo point de vue l’encadrement est le cheval de Troie de ces armées.
    La perméabilité des « camps » est logique, vu qu’il reste la culture de rezzou. Pourquoi se battre si le camp d’en face est plus généreux ? A cela s’ajoute les liens informels qui font le charme de l’Afrique et dont nous ne percevons pas toujours la profondeur (famille, réseau de dépendance, dettes, assujettissement traditionnel ou familial…)
    L’idée du G5 est intéressante si on l’exploite cyniquement en déplaçant des unités d’un pays à l’autre pour ne pas avoir de collusions locales (ce que faisait déjà Rome). La grande faiblesse est la capacité de réponse rapide à des attaques vu l’immensité et la capacité à organiser les réponses locales et ponctuelles. Le schéma d’attaque est connu, mais les hommes sur place étaient-ils informés par leur hiérarchie et organisés?

    1. Je pense la même chose, c’est un mauvais encadrement qui et si on aurait des français qui encadreraient des soldats maliens, les résultats seraient différents, avec les mêmes moyens.

  14. Les djihadistes sont présents au Sahel depuis 1996 environ (ce qui correspond à l’arrivée de Mokhar Bel Mokhtar dans la région). Cela fait donc déjà plus de 20 ans. Profitant des difficultés économiques, des rivalités ethniques et des conflits politiques, mais aussi disons-le, d’un certain vide idéologique et éducatif, ils se ont durablement enkystés dans la région. Il ne sert donc à rien aux autorités de notre pays de prétendre, comme elles le font tous les six mois, que la situation est sur le point d’être réglée. Il en va de leur crédibilité. Pour réussir à mettre un terme au conflit, il faudrait mettre 200 000 hommes sur le terrain, injecter des milliards pour rebâtir un tissu socio-économique en ruines et y nommer des préfets pour gouverner le tout… bref recoloniser toute la région. Et encore, il n’est pas sûr que cela fonctionnerait. Et pourtant, il n’est pas possible non plus de laisser les djihadistes créer un émirat au Sahel. Et non pas tant pour des raisons idéologiques que stratégiques, car un tel Etat servira de base à des attaques meurtrières jusqu’en Europe et déstabilisera toute la région. La solution ? Laisser une task force internationale de 2 000 à 3 000 payés par l’Europe, les Etats-Unis et les Nations Unies, qui se contentera d’élaguer un peu le problème et d’éviter qu’il ne prenne des proportions trop importantes… et cela pendant quelques décennies. D’ici là nous serons tous morts et qui sait, peut-être que de nouveaux dirigeants africains auront émergé avec de vrais solutions, car ils sont les seuls à pouvoir les donner.

  15. À voir le commentaire de certains, moi j’appelle ça  »racisme » la France n’est pas au Mali par charité et les maliens seront les 1er heureux du monde, si elle venait à foutre le camp. mais c’est plus facile de cracher sa haine des maliens en étant de l’autre côté de la méditerranée. Je ne suis pas francophope mais des soldats français ne se sont-ils pas faits égorgés en Afghanistan ?

    1. Les maliens qui combattent l’armée française seraient bien content de voir l’armée française, je pense que vous êtes de leur côté.
      Dans le cas contraire, n’espérez pas de meilleurs jours pour le Mali, le pays basculera très vite comme en 2012 et vous serez ici, a vous plaindre d’une France qui vous a abandonné à votre sort.
      Quand on voit les individus comme vous, on se demande effectivement pourquoi des soldats français meurt, vous n’avez qu’a vivre dans vos malheurs, vous n’avez qu’a vous massacrer, vous ne faîtes que montrer que vous ne valez rien de mieux.
      Mais heureusement les maliens ne sont pas tous pareil, vous n’avez aucune légitimité pour prétendre parler en leur nom et faire de votre désir de voir la France partir, une idée partagée de tous. Tous ne prêchent pas un discours qui feraient plaisir aux terroristes, d’ailleurs ce sont des gens comme vous, qui détestent bien plus les français que les terroristes qui sont susceptibles de rejoindre les rangs de ces derniers.
      Personne ne « crache sa haine » des maliens et il n’y a aucun racisme (il n’y a pas besoin d’être un africain pour dire que d’autres africains sont des brêles sans que cela ne soit jugé comme « raciste »), mais tout le monde constate une vérité que vous vous efforcez d’ignorer.Cette vérité c’est celle d’une armée malienne qui est incapable de se défendre, encore moins le pays et si elle le pouvait, ni l’ONU ni la France ne s’y trouverait.On constate que l’armée malienne subit beaucoup de coups sans en donner en retour, ou si peu.On voit des attaques qui doivent appeler a réflexion, a une prise de conscience, mais visiblement pour vous, le problème, c’est la France et si la France s’en va l’armée malienne se verra pousser des ailes qui intimideront tout le monde, même les américains trembleront devant elle et accrochez vous, elle va régler en quelques semaines l’ensemble des problèmes du Mali, car bien entendu, on sait que pour vous, s’il y a des problèmes, c’est la France.
      Il est évident qu’en voyant le Mali et la France, que ce soit la France qui doit prendre comme modèle le Mali.
      .
      L’Afrique ne changera jamais en raison d’individus comme vous et ceux qui l’ont compris, ce sont ceux qui émigrent.

    2. @Patte Blanche …Vous avez l’âme bien noire pour avoir de telles pensées …
      – Savez vous que 80 % des commentateurs « parlent d’expérience » pour avoir été confrontés à ces problêmes à différente périodes de ces 70 dernières années ?…Que nombre d’entre eux les ont parfois ont combattus fut un temps puis réunir et reconstruire et rééquiper leurs armées ,combattus à leurs cotés? Savez-vous que nous avons aussi longtemps partagés nos rations et nos misères sur le terrain?soignés et évacués leurs blessés et leurs familles ?…
      Nous connaissons leurs problèmes mais aussi les réalités ,sans racisme ni a priori!

    1. Mettre le Mali sous protectorat français ne serait-il pas la meilleure solution ?

  16. La France équipe, forme, soutien et entraîne les armées d’Afrique sub-saharienne depuis 1960 (57 ans déjà !). Et pourtant, à chaque fois, elle s’effondre comme un château de cartes à la moindre crise : le Zaïre en 1996, la Cote d’Ivoire en 2002, le Mali en 2012 et la Centrafrique un nombre incalculable de fois. Alors c’est peut-être que quelque chose ne fonctionne pas, que l’analyse de fond n’est pas bonne, que le retour d’expérience n’est pas correctement fait ?! Apparemment non puisqu’à chaque fois on nous ressort que la coopération, l’équipement et la formation sont les clés du succès ! Quant à ceux qui parlent de l’armée tchadienne comme d’un exemple à suivre, ils se trompent car il n’y a pas d’armée tchadienne, il y a la troupe de Mr Deby, une troupe qui lui est attachée par des sentiments tribaux et familiaux très forts, … la fidélité de ces soldats va à Mr Deby et non pas à l’Etat tchadien. Et il en va de même pour la plupart des armées fonctionnelles d’Afrique (Rwanda, Ouganda, etc.). En réalité, le système monarchique est celui qui correspond le mieux à la mentalité africaine. Et si l’on suit l’analyse wébérienne, on dira que la légitimité politique y est avant tout d’essence traditionnelle et charismatique, beaucoup plus que rationnelle et légale. La réalité se chargera toujours de venir démentir les analyses qui ne s’appuient pas suffisamment sur elle.

Les commentaires sont fermés.