Choc entre un sous-marin italien et un cargo

Il y a parfois de drôles de coïncidences. Ce 11 mai, le chantier naval de Muggiano, appartenant à Fincantieri, a livré le sous-marin S-529 « Romeo Romei » à la Direction des armements navals de la marine italienne (NAVARM).

Dérivé des submersibles de Type 212 développés par le constructeur allemand ThyssenKrupp Marine Systems (TKMS), ce bâtiment sera le quatrième de la classe Todaro à être mis en oeuvre par la Marina Militare. Mais il aurait pu en aller autrement.

En effet, dans la nuit du 10 au 11 mai, le second de cette série, le Sciré, entré en service en 2007, est entré en collision avec un cargo dans le golfe de Squillace, au large de la Calabre (sud). Le sous-marin, en immersion, était en cours de transfert en vue de prendre part à un exercice.

« Le choc n’a pas fait de blessé et le cargo a pu reprendre sa route normalement », a précisé la Marina Militare, via un communiqué. Le texte précise que le Sciré fait actuellement route vers sa base après être remonté à la surface. Une enquête a été ouverte pour déterminer les cause de cet incident.

Ce genre de choc n’est pas aussi rare qu’on peut le penser. Depuis 2000, au moins 7 ou 8 incidents de ce type ont eu lieu (en comptant le cas du Bugaled Breizh, où l’hypothèse d’une collision avec un sous-marin est régulièrement avancée pour explique le naufrage de ce chalutier). Le dernier en date remonte à juillet 2016, quand le SNA (*) britannique HMS Ambush heurta un cargo au large de Gibraltar.

(*) Sous-marin nucléaire d’attaque

19 commentaires sur “Choc entre un sous-marin italien et un cargo”

  1. Incroyable qu’un sous-marin avec tous ses sonars, parmis les plus pointus du monde, puisse ne pas voir un bateau de la taille d’un cargo… Surtout que les moteurs des navires commerciaux sont loin d’être aussi silencieux que les bâtiments militaires normalement! (Exception faite des Types-45 britanniques qui ne sont pas une réussite de ce point de vue là).
    Si tu loupes un cargo de 200m à 10m de toi, comment veux-tu détecter une frégate de 100m qui patrouille dans ta ZEE à 30miles de ton sonar??!

    1. Il y avait le match de foot Juventus de Turin-Monaco.probable que tout l’équipage était devant la télé.

    2. C’est pour cela qu’il existe la notion d’immersion de sécurité. :
      Immersion (lire bas de la fiche)
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Immersion_(navigation)

      Selon le récit de l’accident, l’événement s’est passé de nuit ce qui ajoute une difficulté et dans le golfe de Scillace, c’est à dire peut-être en station d’arrêt, ce qui limite les émissions de bruit.

    3. AdrienBZH je n’aurais pas dit mieux. Et puisqu’on parle du Bugaled Breizh, un drame pour nous bretons, Il était en pêche, c’est à dire moteur à haut régime pour tracter son filet. Au sonar, on devait l’entendre à 100 milles.

  2. Mais un cargo ça fait du bruit, non? comment ça peut passer à travers?

  3. Ben oui, ça arrive, même aux meilleurs. Ce n’est toujours pas un sport de masse. Pas de bobos, c’est l’essentiel.

  4. En règle générale, un sous-marin transite à l’immersion de sécurité ou au-delà, ce qui lui permet de passer sous les plus gros navires de surface connus. Sauf conditions particulières de propagation acoustique il est possible d’identifier les navires et de suivre leurs déplacements. Les risques de collision avec les navires de surface sont possibles dans 3 cas:
    1. Navigation de surface: dans ce cas, le SM utilise en principe un radar de navigation équivalent à celui des navires de surface, les risques de collisions sont alors identiques à ceux de bâtiments de surface.
    2. Navigation à l’immersion périscopique (IP), le SM étant à qq mètres sous la surface avec divers apparaux pouvant être déployés: péricope de combat pour une discrétion maximum, plus généralement péricope de veille, antennes de radio communication, radar..
    3. Reprise de vue: la situation la plus critique, le SM étant – sur le plan acoustique pratiquement sourd pendant le passage de l’immersion de sécurité à à l’immersion périscopique. La première opération réalisée à l’arrivée en surface est un 360° rapide au périscope pour détecter les éventuels dangers proches suivi d’un deuxième plus lent pour confirmer. Les surprises ne sont jamais agréables et la reprise de vue reste une opération anxiogène , notamment en méditerranée en raison du trafic important.
    Tous ceux qui ont navigué sur les cotes italienne savent ce que signifie une trafic maritime intense. La zone indiquée à proximité de Messine ne doit pas échapper à la règle.

    1. Magnifique ! Ça fait un bail qu’on a pas eu une intervention de qualité sur l’espace commentaires, merci beaucoup pour ces explications enrichissantes.

    2. De plus, la propagation sonore dans l’eau de mer ne se fait pas forcément en ligne droite! Selon la température de l’eau (paramètre essentiel, mais il y en a d’autres), le son peut « plonger », et on n’entend presque rien en surface, ou au contraire se propager loin en surface mais ne pas franchir la thermocline (zone de séparation d’une couche d’eau chaude et une couche d’eau plus froide).

    3. Merci pour ces éclaircissements, en effet je n’avais pas pensé à tout ça. Mais n’empêche que lorsque l’equipage du sous-marin veut passer de son immersion de sécurité à une immersion périscopique il devrait mettre les bouchées doubles sur la détection de l’eventuelle présence d’un navire à la surface avant d’être sourd lors de la remontée… Quand on sait qu’en situation critique les douches sont même interdites dans les sous-marins pour éviter de faire du bruit et risquer de se faire repérer : pas sur que dans le cargo ils aient pris autant de précautions, ça ne les a pas empêchés de rester invisibles jusqu’à la collision ^^

  5. Ce genre d’accident est arrivé très souvent …
    Pourquoi ne pas envoyer au préalable en surface une bouée munie de capteurs reliée par fil …Il serait préférable de perdre la bouée à cause d’une hélice …Que d’avoir un choc sur le sous-marin ou la coque d’un cargo
    On éviterait ainsi une collision !

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