L’Union européenne va évaluer les besoins en équipement des garde-côtes libyens

Le 11 avril, Fayez al-Sarraj, le chef du gouvernement d’union nationale qui ne contrôle pas grand chose en Libye, s’en était pris à l’Union européenne (UE) en l’accusant de ne pas tenir ses engagements en matière de lutte contre les trafics de migrants. « Nos demandes n’ont pas reçu de réponses pour l’instant. Si cela ne change pas, le résultat sera encore plus de trafiquants et davantage de réfugiés », avait-il lancé, en parlant de « promesses en l’air ».

Lors d’une réunion organisée un mois plus tôt à Rome, M. al-Sarraj aurait demandé « des radars, des embarcations, des hélicoptères et des véhicules tout terrain » pour un motant total de 800 millions d’euros afin de, selon la presse transalpine, de « contrôler les frontières sud et les eaux territoriales » libyenne.

Seulement, cette liste serait encore plus longue, à en croire le média public allemand ARD. Ainsi, d’après une liste envoyée à la commission européenne, le GNA voudrait que l’UE lui fournisse pas moins de 130 navires, dont certains armés et longs de plus de 100 mètres, des radars, des radios, des lunettes de vision nocturne ainsi que des gilets pare-balles.

D’après des rapports de l’agence Frontex et de la mission d’assistance aux frontières (EUBAM), cités par l’AFP, les garde-côtes libyens n’auraient pas besoin d’autant d’équipements étant donné que la zone que ces derniers ont à surveiller ne fait que 300 km de long. En outre, la Libye ne dispose pas du personnel technique nécessaire pour l’entretien d’une flotte importante.

En outre, d’après EUBAM, il faudrait également veiller à ce que les garde-côtes du GNA puissent effectivement se déployer dans les zones d’où partent les embarcations chargées de migrants à destination de l’Europe, en particulier autour de Sabrata et de Zouara.

Cela étant, à l’occasion d’une réunion des ministres européens de la Défense à La Valette (Malte), le 27 avril, Federica Mogherini, la Haute Représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, a assuré que les besoins des garde-côtes libyens seraient évalués dans les « mois qui viennent ».

« Nous sommes en train d’évaluer les besoins avec les autorités libyennes. Ce processus va avoir lieu dans les mois qui viennent », a en effet déclaré Mme Mogherini. « Il s’agti de matériel non militaire », a-t-elle ajouté, avant de préciser que des patrouilleurs libyens retenus en Italie en raison de l’embargo sur les armes pourraient être remis à Tripoli.

« La plupart des tragédies ont aujourd’hui lieu près de la côte libyenne », a continué Mme Mogherini. « Nous essayons de renforcer les Libyens (…) pour régler le problème des passeurs et sauver des vies », a-t-elle insisté.

Toutefois, plusieurs membres de l’UE sont réticents à livrer les équipements réclamés par Tripoli. Et pour cause : la situation politique libyenne demeure instable et le GNA est loin de contrôler tout le littoral. En outre, il n’est pas exclu de voir le matériel éventuellement fourni tomber entre de mauvaises mains, voire être détourné au bénéfice du trafic de migrants.

Pour le moment, l’accent est mis sur la formation des garde-côtes libyens, laquelle est assurée par l’opération navale européenne EUNAVFOR Sophia. Lancée en juin 2015, cette dernière est loin d’avoir atteint l’objectif qui lui avait été fixé : faute de pouvoir opérer dans les eaux territoriales libyennes, elle n’a en effet pas été en mesure de « casser » le modèle économique des passeurs de migrants.

Pire : la présence des navires européens en Méditerranée centrale a eu pour conséquence de faire augmenter les flux de candidats à l’immigration vers l’Europe, étant donné que, en vertu du droit de la mer, ces derniers sont tenus de porter assistance à toute personne se trouvant en détresse. Du coup, les trafiquants envoient des embarcations chargées de migrants avec juste assez d’essence pour arriver à la limite des eaux territoriales libyennes.

Les chiffres avancés par les Nations unies parlent d’eux-mêmes : si, malheureusement, 1.092 migrants ont perdu la vie en Méditerranée depuis le début de cette années, les arrivées en Italie ont bondi de 45% sur un an, à plus de 36.900.

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