Le chef du Pentagone ne veut pas d’un autre « Hezbollah » au Yémen

Il y a encore quelques mois, les analystes ne manquaient pas pour commenter la prise de distance apparente des États-Unis à l’égard des monarchies sunnites du Golfe arabo-persique en général et de l’Arabie Saoudite en particulier, même si cela n’a pas eu trop d’impact sur les ventes d’armes américaines dans la région.

La volonté de Washington à trouver un accord sur le programme nucléaire iranien expliquait en partie ce sentiment. En effet, à Riyad, l’on craignait un rééquilibrage de la politique américaine au profit de l’Iran alors que la plus grande crainte des monarchies du Golfe est de voir progresser un « croissant chiite », synonyme pour elles de déstabilisation.

Cependant, l’élection de Donald Trump à la Maison Blanche a rebattu les cartes. Et la politique étrangère, du moins pour ce qui concerne le Moyen-Orient, tend à revenir vers ses fondamentaux, qui remontent au pacte de Quincy, conclu en février 1945 par le président Roosevelt et le roi Ibn Saoud, fondateur du royaume saoudien.

S’agissant de l’accord sur le programme nucléaire iranien, trouvé à Vienne le 14 juillet 2015 et considéré comme étant l’un des principaux succès diplomatiques de Barack Obama, le président Trump n’a jamais caché son hostilité à son égard. Et Rex Tillerson, le secrétaire d’État, a sonné la charge, le 19 avril, en estimant qu’il « échoue » à remplir ses objectifs, c’est à dire à empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire.

Selon lui, cet accord ne serait qu’une façon « d’acheter » le régime iranien et, par conséquent, il ne ferait que retarder le programme nucléaire de Téhéran étant donné qu’il s’inscrit dans « la même approche défaillante passée qui nous a amené jusqu’à la menace imminente actuelle venant de Corée du Nord. »

Affirmant que « l’Iran reste l’un des principaux pays qui parraine le terrorisme », M. Tillerson a indiqué que l’allègement des sanctions envers l’Iran prévu par l’accord de Vienne allait être évalué, à la demande du président Trump, pour vérifier s’il correspond « à l’intérêt national des États-Unis. »

« Nous allons donc réévaluer complètement le JCPOA [Joint Comprehensive Plan of Action, nom de l’accord sur le nucléaire, ndlr] lui-même… C’est un nouvel exemple de comment acheter une puissance qui a des ambitions nucléaires et de comment nous les achetons sur une courte période et quelqu’un doit ensuite s’en charger plus tard », a ainsi affirmé le chef de la diplomatie américaine. « L’administration Trump n’a pas l’intention de renvoyer la balle au prochain gouvernement sur l’Iran », a-t-il assuré.

Dans le même temps, le chef du Pentagone, le général James Mattis s’est rendu à Riyad pour « revigorer l’alliance entre les États-Unis et l’Arabie Saoudite ». Et les propos qu’il a tenus après avoir rencontré le roi Salmane et le ministre saoudien de la Défense, vice-prince héritier Mohammed ben Salmane, ont été sans ambiguïté.

« Où que vous regardez », au Moyen-Orient, « s’il a des problèmes il y a l’Iran », a accusé James Mattis, avant de louer les efforts faits par l’Arabie Saoudite pour « restaurer la stabilité dans cette cruciale région du monde ». Et de souligner qu’il est dans l’intérêt des États-Unis « de voir des forces amrées et des services de renseingnement saoudiens forts ».

L’Arabie Saoudite est à la tête d’une coalition arabe qui intervient actuellement au Yémen afin de soutenir le président Abdrabbo Mansour Hadi, dont l’autorité est contestée par des partisans de son prédecesseur ainsi que par des milices Houthis, soutenues par l’Iran. Et, dans le chaos créé par cette situation, des groupes jihadistes comme al-Qaïda dans la Péninsule arabique (AQPA) et l’État islamique en profitent pour étendre leur influence.

Le Yémen est important à plus d’un titre. Outre le développement de foyers jihadistes, il faut aussi prendre en compte la question du contrôle du détroit de Bab el-Mandeb, dont le blocus empêcherait tout commerce maritime entre l’Asie et l’Europe, ce qui ne serait pas sans conséquence pour l’Égypte étant donné que le trafic du canal de Suez serait réduit à néant.

Or, si les milices Houthistes l’emportent, l’Iran aurait indirectement la mainmise sur le détroit le Bab el-Mandeb ainsi que sur celui – directement cette fois – d’Ormuz. D’où les déclarations du général Mattis.

« Nous devons empêcher l’effort de l’Iran pour déstabiliser » le Yémen et « créer une nouvelle milice à l’image du Hezbollah libanais », a-t-il lancé lors de son déplacement à Riyad. Seulement, les critiques suscitées par le nombre important de victimes civiles causées par les frappes de la coalition arabe rendent compliquées tout soutien militaire accru de Washington à l’opération menée par l’Arabie Saoudite (et, dans une moindre mesure, les Émirats arabes unis).

Aussi, a dit le chef du Pentagone, « notre but est d’amener ce conflit dans des négociations sous l’égide des Nations unies, pour s’assurer qu’il se termine le plus tôt possible. » Pour le moment, le soutien américain à la coalition arabe se limite à la communication de renseignements et au ravitaillement en vol des avions de combat engagés au Yémen.

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